Objectif 1,5°C à l’horizon 2050 : CDC Habitat Sud-Ouest se met en ordre de marche

CDC Habitat a dévoilé cet été un Plan Stratégique Climat visant à limiter l’impact et les consommations de son patrimoine et à tendre vers un mix énergétique moins dépendant des énergies fossiles. Une démarche nationale portée localement et adaptée à chaque territoire. Entretien avec Raphaël Fourmond, directeur du patrimoine de CDC Habitat Sud-Ouest.

CDC Habitat vient de dévoiler les contours de son Plan Stratégique Climat.Celui-ci marque-t-il un tournant pour le Groupe ?

Raphaël Fourmond : Plus qu’un tournant, ce plan est la continuité de tout le travail déjà effectué ces dernières années dans le cadre du plan stratégique énergétique déployé depuis 2008, et qui s’est traduit à la fois par un gros travail de réhabilitation du patrimoine existant et par des ambitions énergétiques très fortes sur nos programmes neufs. Il prolonge et accentue également tout ce qui a été mis en place depuis l’année dernière en matière de sobriété énergétique. Mais nous estimons désormais que les consommations en énergie primaire ne peuvent pas être le seul indicateur de notre démarche : dans un contexte de hausse du coût des énergies et des matières premières, la question de la décarbonation de notre mix énergétique doit être mise au premier plan.

Le Groupe s’est fixé des objectifs ambitieux de réduction de ses consommations d’énergie primaire et de ses émissions de gaz à effet de serre. Comment y parvenir ?

RF : Nous avons un patrimoine plutôt bien classé déjà, avec un niveau actuel de 134 à kWhep/m2/an (classe C), que nous souhaitons abaisser à 80 kWhep/m2/an (classe B) d’ici à 2050 avec un premier palier de 110 kWhep/m2/an en 2030. Du côté des émissions de gaz à effet de serre, nous voulons parvenir à moins de 15 kg de CO2 par m2 et par an à l’horizon 2030, contre 22 kg de CO2/m2/an actuellement. Pour y parvenir, nous devons éliminer l’ensemble des étiquettes E et F de notre patrimoine. Pour cela, nous allons réaliser une vaste campagne d’audits énergétiques pour identifier le patrimoine à la fois le plus énergivore et le plus facilement adaptable. Il s’agit pour nous d’avoir rapidement des résultats, avant ensuite de nous attaquer à la suite du patrimoine – celui classé C et D.

Quel va être le timing ?

RF : Nous avons lancé une consultation en juillet au niveau de la direction interrégionale Sud-Ouest afin de sélectionner les entreprises qui vont nous accompagner pour la réalisation de ces audits. Les lauréats ont été sélectionnés en septembre et le travail va pouvoir démarrer dès l’automne, avec 700 logements prioritaires qui vont être audités d’ici la fin de l’année – soit environ 50 000 m2 de patrimoine. Dès 2024, 3 000 autres logements seront audités, soit 200 000 m2 supplémentaires. Et évidemment, une fois les diagnostics reçus, nous démarrerons la phase opérationnelle d’adaptation et d’amélioration du bâti.

Quels travaux prévoyez-vous de réaliser sur ce patrimoine ?

RF : Nous allons jouer sur l’ensemble des leviers que nous déployons habituellement sur nos programmes de réhabilitation, comme l’isolation thermique par l’extérieur, le remplacement des menuiseries, l’isolation des combles, la pose de nouvelles VMC ou le changement de type d’énergie pour le chauffage. Nous travaillons également dès que possible avec les collectivités pour raccorder nos résidences aux réseaux de chaleur urbain. Au fond, il n’y a rien de révolutionnaire en soi sur le plan technique : c’est sur l’identification des sites les plus énergivores, sur la hiérarchisation des priorités et sur le rythme de nos interventions que nous voulons agir pour réduire rapidement notre empreinte environnementale.

Vous avez mis en place une organisation ad hoc pour concrétiser les objectifs du Plan Climat ?

RF : C’est évidemment un sujet majeur qui va prendre une place centrale dans le travail de nos équipes. Nous avons mis en place une équipe « Plan Climat DIR SO » au niveau de la direction du patrimoine, afin d’échanger sur les objectifs, les outils à notre disposition… Nous allons également travailler avec des entreprises locales aussi bien pour les audits que pour les travaux. Enfin, c’est un sujet transverse que nous partageons avec les équipes de gestion locative, puisqu’il ne suffit pas d’effectuer des travaux et d’installer de nouveaux équipements pour que les consommations baissent. Il faut accompagner les nouveaux usages, expliquer comment fonctionne une pompe à chaleur, intégrer les écogestes au quotidien… L’implication de nos locataires et de toutes les parties prenantes est indispensable pour réussir cette lutte contre le changement climatique.