« Nous avons été au rendez-vous de la proximité »

# Edito
Après une année bousculée par la crise sanitaire, CDC Habitat a choisi de placer l’année 2021 sous le signe de la poursuite de la mobilisation et de la concrétisation du plan de relance. Entretien croisé avec Anne-Sophie Grave, présidente du directoire de CDC Habitat, et Jean-Baptiste Desanlis, directeur interrégional Sud-Ouest.

Quel bilan dressez-vous de l’année inédite que nous venons de traverser ?

Anne-Sophie Grave : Je retiens avant tout que notre Groupe a été au rendez-vous de la proximité. Alors que la crise sanitaire a pris tout le monde de court, nous sommes restés présents sur le terrain et avons poursuivi nos missions d’intérêt général sans faillir. Qu’il s’agisse de veiller sur nos locataires les plus fragiles ou de venir en aide aux commerces durement touchés par l’arrêt de leur activité en suspendant leur loyer, nous avons été en première ligne à chaque étape. Et bien sûr, nous avons été au rendez-vous de la relance, grâce à l’appel à projets portant sur l’acquisition de 40 000 logements, lancé dès le 27 mars. Nous nous sommes ainsi fortement engagés pour soutenir les secteurs du logement, de la construction, et préserver l’emploi au niveau local.

Jean-Baptiste Desanlis : C’est une année où, malgré la crise, nous avons su garder le contact avec les territoires. Le plan de relance notamment aura permis d’apporter une réponse forte au secteur dans une période d’incertitude : sur les 6 000 logements retenus par notre Direction, il y a beaucoup de projets voulus par les territoires et qui risquaient d’être retardés voire annulés. Mais sur le terrain, c’est la mobilisation de nos équipes que je retiens : à un moment essentiel, nous étions là en première ligne, au contact des plus vulnérables et des plus âgés. Nous avons su nous montrer fidèles à notre rôle d’acteur de l’inclusion lorsque le contexte l’exigeait.

De quelle manière la crise impacte-t-elle le quotidien d’un bailleur comme CDC Habitat ?

JBD : Ce contexte exceptionnel remet en perspective toute notre action, et d’une certaine manière vient valider certains de nos choix stratégiques. Notre volonté à travers l’habitat est d’apporter de la qualité de vie et du pouvoir d’achat à nos locataires, en réduisant par exemple les trajets domicile/travail ou en proposant une meilleure performance énergétique du bâti – et donc des réductions de charges. Tout cela participe d’une volonté plus globale qui est de rendre le logement utile aux territoires et à leur attractivité. C’est ce que nous faisons de multiples manières, en travaillant sur la mixité et l’évolutivité de l’habitat, en développant le logement social et intermédiaire, en accompagnant la mobilité professionnelle ou en portant des projets innovants d’habitat participatif ou de construction durable.

ASG : La crise actuelle est porteuse de profondes mutations. Le confinement a bousculé nos habitudes et cela va avoir un impact durable sur notre façon de concevoir et de construire l’habitat. Il faut entendre et intégrer ces nouveaux besoins dans nos projets, aller vers plus d’évolutivité des intérieurs pour faciliter le télétravail, imaginer un habitat adapté aux besoins des travailleurs clés, et plus largement répondre aux aspirations de la population pour une ville plus mixte, plus solidaire, plus respectueuse de l’environnement : c’est en région, avec les collectivités, que l’habitat de demain doit être pensé.

Comment s’assurer que les solutions proposées sont en phase avec les besoins des territoires ?

JBD : Cela passe bien évidemment par notre ancrage territorial, par la proximité que nos équipes entretiennent quotidiennement avec les élus, les décideurs et les partenaires locaux. Mais cela passe également par les partenariats que nous mettons en place avec plusieurs organismes de logements sociaux de Nouvelle-Aquitaine et d’Occitanie, pour les accompagner dans leur développement. Il s’agit de mettre nos expertises et nos compétences au service d’acteurs de terrain avec qui nous partagerons une même vision de l’habitat et de son rôle.

ASG : Nous croyons à l’importance de la déconcentration de la décision : en tant qu’opérateur global de l’habitat d’intérêt public, nous sommes capables de porter des projets complexes et d’accompagner les territoires dans leur politique d’aménagement. Mais c’est parce que nous avons cet ancrage local, parce que nous sommes à l’écoute des besoins des collectivités que nous pouvons être pertinents dans nos réponses.