Un accompagnement sur-mesure pour les locataires souffrant de troubles psycho-sociaux

CDC Habitat Île-de France travaille sur la formation de ses équipes pour mieux identifier les situations de fragilité et sur la mise en place d’équipes pluridisciplinaires pour la prise en charge des cas complexes.

Si la santé mentale a longtemps été considérée comme un sujet tabou en France, la parole a enfin commencé à se libérer ces dernières années et une meilleure prise en charge des personnes atteintes de troubles psycho-sociaux est observée. De par son métier de bailleur, CDC Habitat est parmi les acteurs en première ligne. En Île-de-France, notamment, les équipes se sont pleinement saisies de cette question, avec de nombreuses initiatives pour mieux identifier les situations et mettre en place un accompagnement ciblé.

« Entre 2018 et 2025, le nombre de personnes suivies par CDC Habitat Île-de-France pour des questions de santé mentale a été multiplié par cinq », explique Cécile Le Roux, responsable pôle action sociale d’Île-de-France. « Derrière ce chiffre, il y a à la fois une augmentation bien documentée des cas, notamment depuis le Covid, mais aussi une meilleure identification de situations qui seraient passées sous les radars autrefois ».

Mieux prévenir et mieux identifier

Pour parvenir à ce résultat, le pôle action sociale de CDC Habitat Île-de-France a organisé avec l’association Aurore des ateliers de sensibilisation à destination des gardiens. Ces moments collectifs visent à la fois à lutter contre les idées reçues et à donner des clés pour identifier les signes avant-coureurs, ainsi que des astuces pour réagir en cas de crise ou de situation tendue.

« Ces sessions ont démarré en 2024 et une centaine de gardiens y ont déjà participé », reprend Cécile Le Roux. « Sur les deux prochaines années, nous avons prévu de sensibiliser 200 autres personnels de terrain, gardiens comme responsables de sites, à raison de 2 sessions de 10 personnes par mois en moyenne ».

« Aller vers » les personnes

En parallèle, CDC Habitat Île-de-France a renforcé sa prise en charge des locataires concernés, notamment grâce à ses conseillères sociales. Celles-ci réalisent un premier diagnostic auprès des personnes puis initient un suivi sur-mesure. Pour les situations les plus complexes, une mise en relation est proposée avec des partenaires spécialisés comme la Fondation Falret, l’EMSAH* de Seine-Saint-Denis, ou l’association Aurore.

Ceux-ci ont en effet mis en place des équipes mobiles pluridisciplinaires qui vont à la rencontre des locataires pour affiner le diagnostic, aussi bien sur les aspects psychologiques et sociaux que financiers. Regroupant psychologues, infirmières d’états, éducateurs spécialisés ou assistantes sociales, elles évaluent la situation et proposent un plan d’action adapté – du maintien à domicile au relogement en passant par l’orientation vers des services de santé spécialisés type CMP (Centre Médico-Psychologiques).

« En tant que bailleur, nous sommes les garants de la tranquillité résidentielle et du bien vivre-ensemble », conclut Cécile Le Roux.  « Il est donc de notre devoir d’améliorer la prise en charge de ces publics fragiles, malgré l’absence de financements public comme privé ».

* Équipe Mobile Santé et Habitat