Tri des déchets :  la sensibilisation n’est pas un long fleuve tranquille

L’agence de Grenoble de CDC Habitat organise depuis 2021 des collectes de déchets sur certains sites en s’appuyant sur la déchetterie mobile de la Métropole. Des expériences aux succès différents qui poussent les équipes à affiner le dispositif à chaque fois.

Lancées en 2018 par Grenoble-Alpes Métropole, les déchetteries mobiles sont des dispositifs imaginés pour lutter contre les dépôts sauvages de déchets, notamment encombrants, et sensibiliser les habitants au tri. Mobiles comme leur nom l’indique, elles s’installent pour une ou plusieurs journées directement au cœur des quartiers, le plus souvent à la demande des bailleurs sociaux qui souhaitent mener des actions de proximité auprès de leurs locataires.

« Depuis l’an dernier, nous essayons d’imaginer des manières d’intégrer ces déchetteries mobiles dans des petits événements sur nos sites, afin d’inviter nos locataires à descendre leurs encombrants et à profiter d’animations conviviales autour du réemploi, du recyclage et du tri », explique Amélie Joffrion, responsable de secteur à l’agence de Grenoble. « Cela va du petit stand de troc de jouets ou de meubles en bois jusqu’aux rencontres avec la CLCV (Consommation Logement Cadre de Vie), l’association nationale des consommateurs et usagers, l’idée étant de nouer un dialogue avec des publics assez peu sensibles à ces questions ».

Après une première expérience concluante menée à Echirolles l’an dernier, CDC Habitat a décliné le format sur la commune voisine d’Eybens, au sein d’une résidence d’une cinquantaine de logements où des encombrants fleurissent régulièrement sur les trottoirs et les abords du site. Si l’événement s’est déroulé dans des conditions similaires et a permis de récolter quelques meubles abîmés et quelques vieux appareils d’électroménager, la dynamique s’est avérée moins porteuse localement – soulignant à quel point le travail de sensibilisation aux écogestes doit s’inscrire dans la durée.

« Malgré un gros travail de portage et de communication en amont de l’événement, nous avons eu du mal à mobiliser les locataires », confirme Amélie Joffrion. « Nous nous sommes rendu compte que les encombrants qui s’amassent parfois dans la rue ne venaient pas de chez eux et qu’ils ne se sentaient donc pas spécialement concernés – même s’ils étaient contents de les voir disparaître. Idem pour les immeubles voisins que nous avions aussi invités, nous avons eu quelques participants mais pas forcément autant qu’espéré ».

Pour autant, pas question pour CDC Habitat de baisser les bras. Si le Groupe est engagé de longue date dans une démarche globale de développement durable, les équipes de terrain savent que l’alchimie locale est parfois complexe à trouver et qu’il faut souvent s’y prendre à plusieurs reprises pour commencer à obtenir des résultats concrets. Du coup l’agence de Grenoble prévoit déjà d’organiser d’autres collectes événementielles sur son patrimoine dans les prochains mois – et réfléchit à des formats plus classiques ou de simples campagnes de communication pour les sites qui se prêtent moins à ces rencontres.

« Chaque opération est un coût pour le bailleur qui mobilise des moyens pour informer les locataires et organiser le Jour J, et pour la Métropole qui fait venir spécialement une déchetterie mobile », conclut Amélie Joffrion. « Mais c’est un investissement nécessaire si l’on veut faire évoluer les mentalités sur le long-terme. A nous d’ajuster nos actions ».