Réinsertion : nouveau métier pour nouvelle vie

Emploi | Gardien

CDC Habitat s’est rapproché du Centre de Réadaptation de Mulhouse dans le cadre de sa recherche d’un gardien pour plusieurs de ses sites de la ville. Un partenariat gagnant-gagnant qui s’est traduit par une belle rencontre humaine et une embauche en CDI.

Sur le terrain, les gardiennes et les gardiens sont des éléments clefs du dispositif de proximité de CDC Habitat. Tour à tour agents d’entretien, techniciens, réceptacles des demandes des habitants, médiateurs et créateurs de lien social, ils tissent quotidiennement des passerelles entre les locataires et le bailleur social. « Ce sont des postes complexes qui demandent des profils polyvalents avec surtout un bon relationnel et de vraies qualités humaines », explique Sophie Clément, responsable de secteur à Mulhouse. « Autant dire que chaque remplacement, notamment en cas de départ à la retraite, est pris très au sérieux ».

Ce fut le cas pour l’agence de Mulhouse en 2020, et plutôt que de partir sur un recrutement via les circuits classiques, l’équipe a choisi de se rapprocher du Centre de Réadaptation de Mulhouse (CRM) qui accompagne depuis plus de 75 ans les personnes reconnues travailleurs handicapés dans leur réorientation professionnelle. « Nous prodiguons des formations certifiantes et un accompagnement aux gens qui le souhaitent, selon leurs envies, leurs compétences et la nature de leur handicap », précise Sophie Martinet, formatrice au CRM. « Et contrairement aux idées reçues, le métier de gardien peut tout à fait être adapté à des personnes en situation de handicap, surtout que c’est un métier où l’on peut alterner les postures assises et debout, et aller à son propre rythme ».

La formation proposée par le CRM s’étale sur 11 mois et alterne cours théorique et stages pratiques pendant 13 semaines, pouvant être réalisés chez une ou plusieurs entreprises locales. C’est dans ce cadre-là que le chemin de CDC Habitat et celui de Bouzid Essoussi se sont croisés. « J’ai profité d’une journée portes ouvertes au CRM pour voir ce qu’ils proposaient comme formations », explique le quarantenaire. « Le CAP gardien d’immeuble me plaisait bien, j’ai fait la demande et j’ai été accepté ».

Une réorientation adaptée et accompagnée

Du côté de CDC Habitat, le profil de M. Essoussi a tout de suite semblé correspondre aux attentes pour le poste. « Dès le premier stage, nous nous sommes rendu compte que nous avions un candidat avec toutes les qualités que nous recherchions : motivé, positif, et avec un excellent relationnel », reprend Sophie Clément. « Du coup, M. Essoussi a fait l’ensemble de ses 4 périodes de stages chez nous, ce qui lui a permis de se familiariser petit à petit avec les différentes facettes du métier et d’être pleinement opérationnel dès la fin de sa formation ».

Pour Bouzid Essoussi, la découverte du métier de gardien est l’occasion d’entamer une seconde vie professionnelle à 44 ans. Après avoir enchaîné les postes de manutention depuis ses 14 ans, c’est en tant qu’éboueur qu’il a exercé pendant 12 années, entre 2005 et 2017, à raison de 5 à 6 tonnes soulevées par jour, et 500 montées et descentes quotidiennes de son camion. « Année après année, j’ai senti l’usure me gagner, je ne me soignais pas, je prenais des médicaments pour tenir. Je ne voulais pas lâcher pour mes 4 enfants mais c’est mon corps qui a lâché ». En 2017, le verdict tombe : le dos est trop usé. S’ensuivent 3 années de traitement et de rééducation pour apprendre à adapter ses postures et à se remuscler. Puis la recherche d’un nouveau travail et cette rencontre avec le CRM et CDC Habitat.

« Je suis vraiment content, j’ai obtenu mon premier diplôme et trouvé un travail adapté à mon dos et où on me respecte », souligne celui qui exerce depuis début août en tant que gardien sur 4 bâtiments et 83 logements. Au-delà de la rencontre humaine, ce partenariat aura permis de conforter l’agence dans sa démarche. « Cette première collaboration avec le CRM a répondu à toutes nos attentes », conclut Sophie Clément. « Nous allons poursuivre ce partenariat et pourquoi pas accueillir d’autres stagiaires même si nous n’avons pas forcément de poste à la clef : c’est une manière de poursuivre notre engagement sociétal en faveur de l’insertion des personnes en situation de handicap ».