Lutte contre les îlots de chaleur : plus qu’une question de confort, une question de santé publique

CDC Habitat déploie dans le sud-ouest une stratégie visant à adapter durablement son patrimoine et à protéger ses locataires, notamment les plus fragiles.
Comment préparer durablement le patrimoine à la hausse des températures et la multiplication des épisodes de canicule ? En Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie, deux régions parmi les plus impactées par le réchauffement climatique, les équipes de CDC Habitat se mobilisent pour déployer localement le Plan d’adaptation au changement climatique imaginé par le Groupe depuis 2020.
« Le regard de la société sur le sujet de la chaleur est en train d’évoluer », explique Elodie Espéout, responsable de patrimoine chez CDC Habitat. « Il s’agit d’une vraie question de santé publique, notamment pour les plus fragiles, qui demande une mobilisation de l’ensemble des acteurs, y compris les bailleurs ».
Des diagnostics pour cerner les besoins et les priorités
Depuis 2020, le groupe CDC Habitat s’est saisi de cette question et a imaginé un certain nombre d’outils pour identifier les sites les plus à risque et les travaux à réaliser en priorité. A partir de la cartographie des zones les plus exposées aux phénomènes météorologiques, les équipes ont pu déterminer la criticité de chaque site. Des DPR (Diagnostic Performance Résilience) ont ensuite été réalisés sur les résidences les plus concernées par les hausses de températures afin de qualifier les principales vulnérabilités des bâtiments.
« Dans une même ville, tous les quartiers, toutes les rues, toutes les résidences ne réagissent pas de la même manière aux épisodes de chaleur », précise Raphaël Fourmond, directeur du patrimoine de CDC Habitat Sud-Ouest. « Cela peut venir de la présence ou non d’espaces verts à proximité, des matériaux utilisés pour la construction, de l’exposition du bâtiment, de la circulation du vent… Un gros travail est donc fait pour mesurer la résilience de l’existant et repérer d’éventuelles faiblesses ».
Agir sur l’existant…
A partir des diagnostics menés, les équipes de CDC Habitat Sud-Ouest peuvent ensuite planifier les travaux d’adaptation à réaliser en priorité. Parmi ceux-ci, deux points sont systématiquement vérifiés et corrigés si besoin : la présence ou non de protections solaires efficaces ; et la possibilité de ventiler efficacement les appartements la nuit (des brasseurs d’air peuvent ainsi être déployés).
« Selon les sites, nous pouvons aussi reprendre l’isolation, poser de nouveaux volets, remplacer les menuiseries ou réaménager les espaces verts », reprend Raphaël Fourmond. « Nous avons également déployé sur certaines résidences des ‘cool roofs’ : le principe est d’appliquer sur les toits des bâtiments une peinture ou une résine liquide, blanche le plus souvent, qui augmente la fonction réfléchissante et limite l’accumulation de chaleur ».
… et sur la construction neuve
Toute cette réflexion vient également enrichir la conception des programmes neufs portés par CDC Habitat dans le sud-ouest. Année après année, les cahiers des charges s’enrichissent de nouveaux critères, et plusieurs expérimentations sont actuellement menées localement, comme à Toulouse (31) sur l’îlot Le Bourget du quartier Saouzelong, où 254 logements intégrant les préconisations du booster Nos villes à 50°C (voir encadré) sont en cours de réalisation. A Jacou (34), près de Montpellier, CDC Habitat participe également à un grand projet de végétalisation dans le cadre du programme Adaptaville de l’Ademe.
« Pour lutter efficacement contre les îlots de chaleur, il faut agir à la fois sur le bâti et sur le non-bâti », conclut Elodie Espéout. « Nous expérimentons d’ailleurs avec l’agence Montpellier Méditerranée une méthode visant à identifier les seuils de vulnérabilité des bâtis et des personnes. L’idée est de partir du vécu et des usages pour mieux sensibiliser et accompagner les habitants, et adapter nos réponses ».
Biodiversité, gestion de l’eau : CDC Habitat se saisit d’autres axes de réflexion
CDC Habitat prépare deux nouveaux plans dédiés respectivement à la préservation de la biodiversité et à la gestion de l’eau. Ceux-ci seront présentés courant 2026. Dans cette logique, plusieurs résidences servent déjà de terrain d’expérimentation dans le sud-ouest, notamment à Toulouse (Grand Ramier) et Miremont, avec des actions de renaturation et de gestion écologique des espaces extérieurs : diversification des plantations, désimperméabilisation de certaines surfaces, amélioration de la place donnée aux essences locales, création d’espaces plus favorables à la faune ordinaire et recherche d’un meilleur équilibre entre confort d’usage, adaptation climatique et qualité paysagère.
Nos villes à 50°C : agir collectivement sur le logement et la ville
Co-fondé par le groupe CDC Habitat et Seqens, en partenariat avec le bureau d’études A4MT, le collectif « Nos villes à 50°C » propose une approche opérationnelle afin de transformer les pratiques d’aménagement et d’urbanisme pour créer des villes plus résilientes. En systématisant le réflexe d’adaptation dans tout acte de construire ou de rénover, l’ambition du collectif est d’adapter, d’ici 2030, 10 % des logements en France et 30 millions de m² dans le tertiaire.