La Seyne-sur-Mer : CDC Habitat mise sur les énergies renouvelables

Toujours désireux d’adopter de nouvelles techniques et technologies innovantes afin de limiter l’impact carbone de son patrimoine, CDC Habitat a récemment procédé au raccordement de trois de ses résidences au réseau urbain de « thalassothermie » de La Seyne-sur-Mer.

Et si, pour limiter toujours plus le recours aux énergies fossiles, on capitalisait sur une ressource quasi-infinie, à savoir l’eau de mer ? C’est le pari de la « thalassothermie », ou énergie thermique des mers, qui vise à transformer l’énergie calorifique accumulée dans les profondeurs des mers et des océans afin d’alimenter les réseaux de chauffage et de climatisation de certaines villes. Comme l’explique Grégory Morio, cadre technique patrimoine chez CDC Habitat Provence-Alpes-Côte d’Azur et Corse, « certaines collectivités ont récemment fait le pari de créer des réseaux de chaleur utilisant l’eau de mer au lieu de l’air. Libre ensuite aux bailleurs d’effectuer les travaux nécessaires pour se raccorder à ces systèmes ».

Si l’opération demande un investissement significatif, elle présente néanmoins de nombreux intérêts puisqu’elle permet de réduire significativement les consommations et donc le bilan carbone du bâti. C’est d’ailleurs le choix que vient de faire CDC Habitat à La Seyne-sur-Mer où un réseau urbain alimenté à 75% par l’eau de la Méditerranée a été déployé en 2019, en partenariat avec Dalkia. Pour l’heure, ce sont trois résidences du nouveau quartier de la Porte Marine qui ont été raccordées fin 2020.

« Chacun des 3 bâtiments dispose de 2 pompes à chaleur qui ont été reliées à cette « boucle d’eau de mer », ce qui apporte une vraie souplesse d’utilisation, été comme hiver, puisque le rendement est constant toute l’année grâce à des écarts de température très faibles de l’eau de mer au fil des mois », reprend Grégory Morio. « S’il est encore un peu tôt pour mesurer l’impact réel sur les consommations et donc les charges de nos locataires, on estime environ à 15% la baisse moyenne de la facture énergétique des abonnés ».

L’innovation au service de la performance énergétique

Ce projet innovant s’inscrit dans une démarche plus large de CDC Habitat visant à mieux maîtriser l’impact environnemental de son patrimoine. Aujourd’hui, l’environnement bâti au sens large (qu’il s’agisse des bâtiments publics ou privés) est en effet le plus grand consommateur d’énergie de l’Union Européenne, et l’un des principaux émetteurs de dioxyde de carbone. En combinant à la fois la construction (ou la réhabilitation) et l’exploitation des bâtiments, on peut estimer leur impact à 40 % des consommations d’énergie et 36 % des émissions de gaz à effet de serre.

« L’Union Européenne a fait de l’amélioration de l’efficacité énergétique du bâti l’un des principaux axes pour atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050 », explique Pierre Fournon, directeur interrégional PACAC de CDC Habitat. « A notre échelle, nous intégrons de plus en plus de techniques innovantes et en évaluons l’impact au quotidien. Si le raccordement à la « boucle d’eau de mer » à un coût, cela permet aussi de se libérer des fluctuations de coût des énergies fossiles et de réduire considérablement nos émissions de gaz à effet de serre ».

Un projet similaire est actuellement à l’étude à Marseille, autour du Port Autonome. Bien qu’il soit plus simple et moins coûteux d’intégrer ces dispositifs en phase de construction, CDC Habitat s’engage à étudier systématiquement la possibilité de raccorder son patrimoine existant à ces systèmes au fur et à mesure de leur adoption par les collectivités.

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