« J’ai créé une association solidaire pour aider les personnes isolées et créer du lien social dans le quartier »
La journée internationale des droits des femmes est l’occasion de valoriser l’investissement de femmes, locataire ou collaboratrice, engagées au sein d’associations, collectifs ou démarches solidaires, notamment durant la crise sanitaire.
Rencontre avec Samira Hebache, locataire CDC Habitat et Présidente de l’association « Initiative » à Pierrefitte-sur-Seine (93).
D’où vous vient votre engagement associatif ?
En 2010, je me suis retrouvée toute seule avec mes deux enfants. Pour me relever, il m’est apparu évident de me mettre au service des autres. J’ai intensifié mon engagement auprès des centres sociaux de ma ville et j’ai rejoint une dizaine d’associations, œuvrant dans tous les domaines, de Pierrefitte-sur-Seine. Pourtant, il me manquait toujours quelque chose : participer à une démarche solidaire purement désintéressée où tout le monde travaille main dans la main dans l’intérêt général. Forte de ces années de bénévolat, j’ai décidé de monter ma propre association en 2017 : « Initiative », ouverte à tous les habitants du quartier.
Quel est le but de votre association ?
Notre objectif est d’aider les personnes isolées et de créer du lien social dans les quartiers. Aujourd’hui, j’ai une équipe de choc, très active, de 14 personnes, dont 4 hommes, qui me permet de proposer des activités du lundi au samedi : soutien scolaire, préparation de repas pour les sans-abris, aides aux démarches administratives … Autant de moments qui brisent l’isolement et créent de la convivialité. Par exemple, les différents cours de sport proposés, comptabilisant une cinquantaine d’inscrits en tout, ont permis d’attirer des femmes qui n’en avaient jamais pratiqué et libérer les esprits de certaines qui ne sortaient que très rarement de leur logement.
Quel est votre lien avec CDC Habitat ?
Etant donné le nombre d’adhérents, il devenait essentiel d’avoir un local. CDC Habitat nous en a mis un à disposition. Tout le monde y trouve son compte car avec le travail de médiation effectué depuis que nous avons le local, les quartiers sont maintenant plus apaisés. Désormais, les voisins se connaissent grâce aux moments conviviaux, il y a moins de tensions, les résidents viennent nous voir pour trouver des solutions.
Dans quelle mesure la crise COVID-19 a impacté vos actions ?
Avec le confinement, l’organisation des ateliers cuisine ou beauté se fait désormais en ligne et nous limitons le nombre de participants dans le local. Aujourd’hui, avec la crise sanitaire, même les personnes qui travaillent n’arrivent pas à s’en sortir. Nous avons donc renforcé nos liens avec d’autres associations pour distribuer des colis alimentaires et nous avons pour projet de développer une épicerie solidaire dans le local.
Que vous apporte personnellement le bénévolat ?
J’ai un souvenir qui m’a marqué, nous avons réussi à organiser des sorties au Parc Astérix pour de nombreux enfants, c’était une première pour eux. Leur sourire était ma plus belle récompense, ils me considèrent comme leur tata. C’est ce que je préfère le plus dans mon engagement : l’aspect familial, donner de son temps sans rien attendre en retour.