CDC Habitat et Sciences-Po se penchent sur le logement des travailleurs clés

« Comment mieux loger les travailleurs clés en Île-de-France ? ». C’est le sujet que CDC Habitat a confié à 4 étudiants en master de l’école urbaine de Sciences-Po dans le cadre de la convention signée en 2023. Alexandra Rossi, directrice Ingénierie territoriale et partenariats chez Grand Paris Habitat, revient sur la démarche et la manière dont elle permet au Groupe d’élargir son regard sur les problématiques actuelles.

Pourquoi avoir choisi de mettre en place un partenariat avec Science-Po ?

Alexandra Rossi : L’école urbaine de Sciences-Po forme les futurs professionnels de nos secteurs. Dans les cursus, il est possible pour les jeunes de travailler au contact des acteurs du logement d’aujourd’hui, qu’il s’agisse de collectivités, de promoteurs ou de bailleurs, dans le cadre de projets collectifs. La démarche nous a intéressés car c’est l’occasion de réfléchir différemment sur des thématiques de fond, de confronter nos approches et nos méthodes avec d’autres regards, quitte à être bousculés dans nos convictions.

Comment s’est imposé le thème du 1er projet collectif avec les étudiants ?

AR : Le lien emploi/logement a toujours été une question centrale pour CDC Habitat, et le sujet s’est donc imposé assez naturellement. Nous voulions notamment mettre en perspective les idées reçues que l’on peut avoir sur les travailleurs clés et leurs besoins, avec les stratégies qui sont effectivement déployées sur le terrain.

Quelles en sont les conclusions ?

AR : Le travail réalisé par les étudiants -Po a permis de souligner à quel point les réalités peuvent varier d’un profil à l’autre, avec des revenus, des situations et des impératifs géographiques très différents. Plusieurs scenarii ont été étudiés et ont permis de montrer que sur certains secteurs franciliens, les professeurs des écoles ou les professionnels de santé n’ont pas d’autre choix que de s’éloigner de leur lieu de travail pour se loger. Cela plaide pour une approche différenciée sur le terrain.

Comment allez-vous intégrer ces données ? 

AR : L’idée est de jouer sur la complémentarité entre tous les produits, notamment en intégrant mieux le logement locatif intermédiaire dans les politiques locales de l’habitat, en fixant par exemple des objectifs de production par territoire. C’est un sujet que nous voulons porter collectivement, notamment via le groupe de travail auquel nous participons avec des acteurs comme Grand Paris Aménagement, la RATP, La Poste, l’AP-HP ou les Ministères de l’Intérieur et de la Justice. C’est en rapprochant les employeurs des producteurs et des bailleurs que l’on pourra mettre en place des politiques efficaces et durables.