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« Utiliser le savoir pour lutter contre toute forme de racisme et de discrimination »

# Mécénat
En synthèse
Aïssata Seck, responsable programme citoyenneté, jeunesse et territoires Fondation pour la mémoire de l’esclavage, nous présente les missions et actions de la Fondation.
6 min.
La Fondation pour la mémoire de l’esclavage a été créée en 2019. Elle est soutenue par l’État et par des partenaires publics et privés, dont CDC Habitat qui fait partie du Collège des fondateurs. Une des missions fondamentales de la Fondation est de s’adresser à la jeunesse pour la sensibiliser à l’empreinte de l’esclavage sur notre Histoire. Pour cela, la Fondation développe un programme qui s’adresse en priorité aux jeunes et plus particulièrement à ceux des quartiers prioritaires. Entretien avec Aïssata Seck, responsable du programme citoyenneté, jeunesse et territoires, de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage.

La Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage a été créée en 2019. Quel est son projet ?

Aïssata Seck : Notre objectif est d’inscrire l’esclavage colonial comme un fait marquant de l’histoire de France, de faire connaître ses héritages multiples et d’utiliser le savoir pour lutter contre toute forme de racisme et de discrimination. Nous agissons pour l’intérêt général et la cohésion nationale. Tous nos mécènes partagent le projet de transmettre l’Histoire par la culture, pour la citoyenneté.

 

Quel type d’actions sont menées dans le cadre du programme Citoyenneté et jeunesse ?

A.S. : Le volet citoyenneté s’adresse en priorité à la jeunesse dans son ensemble et plus particulièrement aux jeunes des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV).

Ce sont des actions concrètes qui ont pour objectif de contribuer à la cohésion sociale, à la reconnaissance de la diversité, et à la promotion des valeurs républicaines. Le programme est mené en partenariat avec les collectivités territoriales, l’Éducation populaire (Maisons de quartier, associations), et toutes les structures et associations locales.

Nous développons notre action dans les QPV à travers le soutien d’appels à projets et l’accompagnement d’actions dans les territoires. Nous sommes en train de monter un parcours avec le Louvre, autour des œuvres ayant un rapport direct avec la mémoire de l’esclavage (Le Radeau de la Méduse de Géricault par exemple) pour que les jeunes se sentent tous concernés par leur visite au musée.

L’objectif de la Fondation est aussi d’intégrer des programmes de service civique, et de proposer des modules pédagogiques pour former des jeunes à l’histoire qui pourraient accompagner des associations et des collectivités dans leurs actions mémorielles ou de lutte contre les discriminations.

 

Est-ce que vous travaillez aussi avec les enseignants ?

Le programme Éducation porté par Nadia Wainstain est mené en collaboration avec le ministère de l’Éducation nationale pour apporter des outils spécifiques aux enseignants sur l’histoire et les héritages de l’esclavage. Ces outils se fondent sur les programmes scolaires et les enrichissent en proposant une approche différente.

Nous organisons aussi des journées thématiques de formation des enseignants. En novembre 2020, les premières formations ont été organisées en Guyane avec des réactions très positives des enseignants qui apprécient qu’on leur procure des outils pédagogiques concrets et adaptés pour enseigner cette histoire.

Nous intervenons aussi à travers des actions ciblées en partenariat avec le conseil départemental de la Seine-Saint-Denis avec, par exemple, avec la création d’un parcours de visite en Ile-de-France à destination des collèges du département.

 

Quand vous intervenez auprès des jeunes, quelles réactions constatez-vous ?

Je n’ai jamais constaté de réactions négatives mais une volonté de mieux comprendre la société d’aujourd’hui à travers une meilleure connaissance de notre histoire. Les jeunes sont très attentifs durant nos interventions. Certains manifestent l’envie d’en parler avec leurs parents.

« Je ne me souviens pas d’avoir appris cette histoire à l’école » est souvent la première réaction. D’autres sont très volontaires : « C’est important de parler de cette histoire négative qui existe toujours sous d’autres formes », « j’ai appris beaucoup de choses mais c’est difficile de parler de ce sujet », « j’avais déjà étudié l’esclavage à l’école mais je ne savais pas que les Noirs avaient autant souffert », voilà quelques réactions que j’ai relevées.

 

L’année 2020 était l’année de mise en place de la Fondation. Comment s’est déroulée cette première année de fonctionnement dans le contexte de la crise sanitaire ?

Nous avions des craintes en raison de la pandémie et, finalement, 2020 a été une très belle réussite pour la visibilité de la Fondation naissante grâce au numérique.

Le Mois des Mémoires a été préservé malgré le confinement. Toutes les commémorations locales ainsi que la commémoration nationale du 10 mai ont été organisées en Live sur Internet. Grâce à ces événements numériques, nous avons obtenu une visibilité que nous n’aurions peut-être pas obtenue avec des commémorations physiques.

50 personnalités (artistes, chercheurs, historiens, jeunes) ont participé à un live d’une durée de 6h, le 10 mai 2020, avec près de 300 000 vues !

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La voix de la Madeleine : le 4 février 2020, date anniversaire de la première abolition de l’esclavage, a eu lieu à l’auditorium du Musée du Louvre le lancement officiel du timbre « Portrait présumé de Madeleine ».

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Le 4 février 2020, date anniversaire de la première abolition de l’esclavage, a eu lieu à l’auditorium du Musée du Louvre le lancement officiel du timbre « Portrait présumé de Madeleine ». L’événement était proposé par Jean-Marc Ayrault, président de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage (au centre),

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Le Mois des Mémoires – 2021 : les 20 ans de la loi Taubira

Le Mois des Mémoires se tient chaque année du 27 avril au 10 juin. Les actions sont concentrées sur cette durée afin de toucher un plus grand nombre de citoyens, avec des événements populaires et festifs.

  • Le 27 avril 1848, date de l’abolition de l’esclavage ;
  • Le 10 juin, date de la commémoration en Guyane (chaque département d’Outre-mer commémore l’abolition de l’esclavage à une date différente).

« Le mois des mémoires 2021 aura une importance très particulière car nous allons célébrer les 20 ans de la loi Taubira, qui reconnaît l’esclavage comme un crime contre l’humanité. Ce sera la première cérémonie commémorative portée par la Fondation qui souhaite que l’évènement soit inclusif et populaire, avec la mobilisation (si la situation sanitaire le permet) de 500 jeunes venus de toute la France (via le réseau Éducation nationale et Éducation populaire), dont certains participeront activement à la cérémonie. L’objectif prioritaire est de mobiliser les jeunes de toute la France : des départements d’outre mer aux territoires ruraux de l’hexagone. »