Quels étaient les objectifs de ce chantier d’insertion ?

SC : Les objectifs de ce projet étaient multiples. Nous voulions expérimenter un mode de gestion des déchets de chantier privilégiant le tri, leur réemploi et les circuits-courts. Cette action devait également s’inscrire dans la dynamique du territoire tant en terme d’emploi local que de structuration du partenariat avec les acteurs locaux sur un périmètre intercommunal.

Concrètement des jeunes en insertion ont été mobilisés et formés pour identifier les matériaux à déposer, ceux pouvant être valorisés ou non, et pour déclencher leur enlèvement. Ils ont participé à la valorisation de 15 tonnes de déchets de chantier.

Pour quels bénéfices ?

Après avoir galéré deux ans, j’ai enfin trouvé ma vocation. Et puis, gagner ses premiers salaires, ça fait du bien !

Marc, 21 ans

SC : Outre le fait d’avoir valorisé les matériaux issus de la déconstruction et d’avoir privilégié les circuits courts, les bénéfices sociaux sont importants. Au contact des acteurs sociaux locaux, nous sommes fiers d’avoir pu recruter 16 salariés selon une approche non genrée, d’une moyenne d’âge de 21 ans, issus des territoires prioritaires de la communauté de communes du Haut Val d’Oise.

Ces chantiers d’insertion doivent être des tremplins. Tous ces jeunes ont suivi une formation de sauveteur secouriste du travail et prévention des risques liés à l’activité physique, 3 d’entre eux ont passé leur certificat d’aptitude à la conduite en sécurité et 2 autres ont bénéficié d’une formation de plombier et d’électricien. En tout, ce sont 3 889 d’heures d’insertion, dont 427 heures de formation, qui ont été réalisées dans le cadre de ce chantier de curage.

Ce job me plaît tellement que je pense me réorienter vers une formation aux métiers du bâtiment.

Laurène, 24 ans

Quelles perspectives pour ce genre de projet ?

SC : Fort de notre activité de bailleur-concepteur, de nos expériences, de notre ancrage local et des relations partenariales tissées nous saisissons toutes les opportunités pour expérimenter localement différents supports d’insertion en mettant à disposition dans les territoires notre activité de gestionnaire au service de parcours d’insertion professionnelle qualitatifs.

Autrement appelé « clause d’insertion », nous ambitionnons de les amplifier pour participer à relever le double défi de la transition écologique et de la lutte contre le chômage dans les territoires. C’est une des expressions de notre mission d’intérêt général.

Découverte d’une pension de famille gérée par Adoma, la filiale de CDC Habitat spécialisée dans le logement accompagné et l’hébergement.

Une pension de famille, c’est une structure bien particulière, à taille humaine, qui conjugue logement autonome et accompagnement social renforcé.

A Saumur, l’équipe d’Adoma composée d’Éric Cochet et Lucie Pineau, écoute, oriente et encourage les résidents à sortir de leur isolement.

Ils nous expliquent leur travail, aux côtés de Michel Barre, responsable de l’association Vie Libre, qui intervient chaque mois dans la pension de famille.

Qu’est-ce que la ressourcerie « La Bricole » ?

FM : Au cœur du quartier de la Benauge en pleine réhabilitation, nous avons mis à disposition de quatre associations (Les Compagnons Bâtisseurs Nouvelle Aquitaine, Tri, Potes et Mascagne, La Chiffonne Rit et Toutes Autres Directions) un local, qu’elles ont souhaité appeler « La Bricole ».

Au programme : animation d’ateliers autour de la fabrication de meubles, d’objets à partir de matériaux de récupération ou encore de la collecte de matériaux issus de la déconstruction et de la réhabilitation sur le quartier de la Benauge, puis de leur transformation et mise à disposition aux habitants.

Les ateliers des Compagnons ont également réalisé une quinzaine de chantiers d’auto-réhabilitation accompagnée pour CDC Habitat et deux chantiers éducatifs (peinture du Bureau du Relogement et réalisation de jardinières).

Quels impacts positifs créés ?

Depuis le début du projet, une trentaine de locataires différents se sont investis dans les différents ateliers. En 2020, malgré le confinement, 33 ateliers ont pu être organisés dans le local ou sur son parvis, à destination des habitants adultes et enfants. La mise en place de la ressourcerie a des bénéfices sociaux et économiques indéniables. Elle favorise la participation active des locataires et leur montée en compétence en matière de réparation grâce à l’auto-réhabilitation. Pour CDC Habitat, cela induit également une baisse des coûts liés aux collectes d’objets domestiques.

L’impact est également très positif pour l’environnement puisqu’il y a une réutilisation d’objets et de matériaux à la fois pour le locataire et également pour le bailleur dans l’entretien du patrimoine.

Les prochaines étapes ?

Notre volonté est d’accentuer la participation des habitants aux différents ateliers en proposant plus d’activités en extérieur, de portes ouvertes… et en intégrant les partenaires au projet social envisagé, notamment par la création de locaux associatifs au pied des tours prochainement réhabilitées et leur mise à disposition cogérée par les habitants volontaires.

De même, nous travaillons actuellement sur la création d’un appartement pédagogique destiné à accompagner le programme de renouvellement urbain du quartier et qui intégrera les Compagnons Bâtisseurs sur le volet « entretien des logements ».

Le réemploi des matériaux sera également accentué à travers les prochains chantiers ANRU sur le quartier (réhabilitation lourde de 194 logements avec des modifications de typologie des logements).

Pour aller plus loin :

Quels sont les enjeux de ce projet ?

IC : La Loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire (dite loi AGEC) prévoit qu’au plus tard le 31/12/2023, chaque citoyen devra disposer d’une solution pour trier ses déchets alimentaires et de jardin séparément. Ces biodéchets feront l’objet d’une collecte sélective, et le développement de filières pour les débouchées de la valorisation organique de ces déchets se met peu à peu en place. Actuellement incinérés, et étant ainsi à l’origine d’émissions de gaz à effet de serre, ils représentent un tiers de nos ordures ménagères. C’est un véritable gâchis car ce sont autant de ressources importantes en matière, en énergie et qui peuvent être une éventuelle source de revenus, qui partent en fumée. Nous avons voulu faire de cette contrainte réglementaire une opportunité en menant un projet expérimental prenant en charge toute la vie du biodéchet : de la collecte à l’assiette, en incluant le traitement sur site ! Nous sommes dans un circuit très court.

Quels impacts positifs créés ?

C’est une expérimentation de développement social, économique et environnemental de proximité menée de front par un consortium de partenaires locaux très impliqués : La régie de quartier Saint- Blaise, l’adreprima, Agro paris tech, Up Cycle, l’amicale des locataires, notre personnel de proximité…

Nous développons à travers ce projet un nouveau modèle économique et social créateur de valeurs et promouvant de nouvelles formes d’interactions sociales au sein d’un quartier.

Les biodéchets collectés sont transformés dans un composteur électromécanique, situé dans la cour intérieure de notre résidence des Orteaux. Il est capable de traiter 580 kilos à une tonne de biodéchets par semaine, soit l’équivalent de 300 foyers. Pour le moment, ce sont une soixantaine de locataires qui joue le jeu en déposant leurs déchets alimentaires dans des point d’apports spécifiques. C’est un vrai changement d’usages que 2 habitants recrutés en insertion par la régie de quartier se chargent d’accompagner. CDC Habitat est également en cours de recrutement de 2 personnes en service civique, afin de renforcer la mission de sensibilisation des locataires à cette démarche. Les habitants participants se voient remettre gracieusement du compost pour leur utilisation personnelle s’ils le souhaitent.

Créer de l’emploi est une réelle motivation mais quand il est pérenne, c’est encore mieux. C’est pourquoi, il y a une véritable réflexion qui est engagée autour du business model de ce projet de la part de la régie de quartier et de CDC Habitat. L’objectif est de rendre ce dispositif autonome grâce à la revente du compost produit dans nos résidences aux fleuristes et aux jardins partagés du quartier par exemple. Surtout, il sera réutilisé dans la micro ferme urbaine qui est en train de se mettre en place dans un local commercial. Au programme : pleurotes, endives et micro-pousses qui seront ensuite vendus aux habitants et aux restaurateurs du quartier.

Quelles sont les perspectives pour cette expérimentation ?

La municipalité s’intéresse fortement à ce projet global, incluant collecte, traitement et débouchés des biodéchets. Elle a manifesté son intérêt pour créer des synergies avec certaines de leurs expérimentations de ce type. Les autres bailleurs du quartier s’y intéressent également. Face à ce succès, le projet prend une nouvelle envergure hors les murs de nos ensembles résidentiels des Orteaux et de Saint-Blaise, avec de nouveaux points d’apports volontaires de collecte qui vont être installés dans les espaces publics du quartier. Plus les habitants adhèreront à la démarche et plus le projet deviendra rentable et pérenne, au bénéfice de l’environnement, du lien social et de l’activité économique locale.

Quels étaient les enjeux de ce chantier d’insertion ?

CLL : Pierrefitte-sur-Seine est une commune où nous sommes très présents avec plus de 1 000 logements. Nous y avons tissé des liens forts avec les associations locales et c’est un secteur, situé en QPV, sur lequel nous intervenons régulièrement. Nous avions mis à disposition un local, au cœur de la résidence Jules Chatenay, à l’association Initiatives qui vient en aide aux personnes isolées et qui organise des moments de convivialité dans le quartier. Malgré peu de moyens, l’association a été très active durant la crise sanitaire, avec notamment la distribution de repas. Leur activité d’aide alimentaire est devenue essentielle du fait d’une accentuation de la précarité. L’idée est donc venue d’agrémenter le local associatif d’une cuisine. Un projet auquel nous avons voulu donner une dimension environnementale et solidaire.  

Quels impacts positifs créés ?

Nous avons fait appel à une autre association que nous connaissons bien : Initiatives Solidaires qui réinsèrent des jeunes en vue d’une formation d’ébéniste ou de serrurier et située non loin de la résidence, à Aubervilliers (93). A forte vocation environnementale, ils n’utilisent que du bois et du métal de récupération pour leurs travaux d’ébénisterie et de serrurerie.

Une fois la cuisine installée et équipée, nous nous sommes demandés comment nous pouvions aller plus loin en les aidant dans leur activité de confection de repas. Au bout d’un parking, il existait déjà un espace vert mais qui était difficilement accessible depuis le local : toujours dans une logique de réemploi des ressources existantes, nous nous sommes dit que celui-ci pourrait être transformé en potager. En mobilisant les compétences en serrurerie des jeunes en insertion, une porte a été créée pour y donner un accès direct.

Engagés en faveur de l’emploi, c’est une réelle satisfaction d’avoir pu employer une dizaine de jeunes en insertion sur la totalité de ce projet.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Véritable projet en circuit court, l’espace vert doit maintenant être transformé en jardin partagé pour faire pousser les fruits et légumes qui seront utilisés dans la cuisine solidaire. Le local accueille dorénavant des ateliers de cuisine et l’association travaille avec les habitants sur la santé alimentaire. L’aide alimentaire se poursuit entrecoupée de moments conviviaux et festifs car la cuisine c’est avant tout du partage. 

Pascal Rigault, directeur général de l’office public de l’habitat Val de Berry, revient sur le partenariat de son OPH avec CDC Habitat et la nouvelle attractivité des villes moyennes.

Pourriez-vous nous présenter l’office public de l’habitat (OPH) Val de Berry ?

P. R. : Val de Berry est l’OPH départemental du Cher et il comporte plus de 11 000 logements répartis sur 100 communes.
Créé en 1920, il est complètement intégré, polyvalent, et encapacité de répondre à des enjeux de territoires extrêmement
divers : à la fois aux attentes des zones rurales du centre de la France et celles des villes moyennes comme Bourges, Vierzon, Saint-Amand-Montrond, Aubigny…En 2019, Val de Berry s’est rapproché de CDC Habitat pour créer une société anonyme
de coordination (SAC)avec Montluçon Habitat.

Quel est l’intérêt d’un tel rapprochement ?

P. R. : Cette société de coordination nous permet d’atteindre une masse critique, soit 18 000 logements si l’on inclut les 2 000 logements de l’ESH créée avec CDC Habitat social. C’est la taille optimale pour obtenir des gains de mutualisation. Par ailleurs, l’adossement au premier bailleur français nous donne accès à des sources de financement complémentaires,
une ingénierie de qualité et nous ouvre les portes des grands promoteurs nationaux. Nous allons pouvoir diversifier nos produits et continuer à innover.

Comment voyez-vous l’avenir ?

P. R. : La crise sanitaire a mis en évidence les difficultés de confinement dans des appartements exigus, et la qualité de vie est devenue un enjeu essentiel. L’attractivité des villes moyennes situées à deux heures de train de Paris s’en trouve renforcée. La résorption de la fracture territoriale entre les grandes métropoles et le reste du territoire devient possible. Adossés à CDC Habitat et la Banque des Territoires, nous sommes en capacité de mener à bien cette révolution territoriale.

Retrouvez l’interview en intégralité en podcast

https://soundcloud.com/user-914290678/dynamiser-les-territoires-avec?in=user-914290678/sets/rapport-annuel-2019

Jean-Luc Boulvert

Jean-Luc Boulvert, responsable de l’association Simon de Cyrène à Nantes, livre les clés de la réussite des maisons partagées.

A Nantes, l’association Simon de Cyrène a créé les maisons partagées, des colocations solidaires entre personnes valides et en situation de handicap. .Jean-Luc Boulvert, responsable de l’association, nous explique le fonctionnement de ces maisons innovantes.

Quelles sont les missions de l’association Simon de Cyrène ?

J.-L. B. : Sachant que le handicap se traduit souvent par la rupture des liens sociaux, Philippe Pozzo di Borgo (dont la vie a inspiré le film Intouchables) et Laurent de Cherisey, fondateurs, ont eu l’idée de créer des colocations solidaires à taille humaine. Ces maisons partagées réunissent sous le même toit huit personnes souffrant d’une lésion cérébrale ou d’un traumatism et six personnes valides, salariées de l’association. Depuis l’ouverture de la première maison en 2009, le concept a essaimé dans une douzaine de grandes villes de France.

Quels sont les enjeux des maisons partagées ?

J.-L. B. : Ce mode de vie favorise l’autonomie et garantit sécurité et sérénité aux résidents, rassurés par  la présence permanente des assistants de vie, qui peuvent exercer leur métier dans un contexte convivial. Ils sont chez eux sans se sentir seuls, et se sentent en permanence stimulés pour tous les gestes du quotidien. Ils contribuent aux tâches requises et aux
activités et sont, en outre, incités à s’ouvrir à leur environnement(voisinage, commerces, équipements culturels…).

Comment s’est construit votre projet avec CDC Habitat ?

J.-L. B. : Nous avons choisi CDC Habitat Grand Ouest comme maître d’ouvrage et bailleur de trois maisons partagées, ouvertes à Nantes en janvier 2019.Ce partenaire a compris l’importance de concevoir des bâtiments avec un supplément d’âme nécessaire pour y faire naître une vie de famille. Il a accepté que les membres de l’association soient partie
prenante du projet, de son élaboration au suivi post-chantier. Nous apprécions son attention et son implication.

Directrice de l’association Olympe de Gouges à Toulouse, Emmanuelle Vrignault-Choisy rappelle le rôle essentiel du logement dans l’accompagnement des femmes victimes de violences conjugales.

Quels accompagnements propose votre association ?

E. V.-C. : Adhérente au réseau Solidarité Femmes, notre association met à disposition des femmes victimes de violences, une dizaine de places en Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale (CHRS)au sein d’un pavillon loué à CDC Habitat. Au total, nous disposons de 15 places en centre d’hébergement d’urgence, de40 places en CHRS, de 18 places en logements temporaires et de 15 places en maisons-relais. Elle les fait aussi bénéficier de dispositifs d’insertion par l’activité économique afin de faciliter leur retour vers l’emploi.

Que pensez-vous du protocole expérimental signé fin 2018 entre des bailleurs comme CDC Habitat, votre association et l’Apiaf (1),les services de l’État et des partenaires ?

E. V.-C. : Il vise à améliorer l’accompagnement des victimes et à prioriser leur accès au logement social en Haute-Garonne.
Il s’appuie sur une procédure d’orientation ciblée et permet de prioriser les femmes victimes de violence. Il prévoit la simplification des démarches administratives dans le cadre d’un projet-logement travaillé à destination des bailleurs
sociaux. Globalement, c’est une réussite même s’il nous faut encore renforcer la synergie de nos pratiques pour aider les
femmes à retrouver une place dans la société et ce qui passe par l’accès au logement autonome.

Quels besoins de logements faudrait-il combler à l’avenir ?

E. V.-C. : Certes, près de1 000 places d’hébergement d’urgence ont été créées sur l’ensemble du territoire dans le cadre du Grenelle des violences conjugales. Mais il faudrait augmenter leur nombre et surtout œuvrer avec les bailleurs sociaux afin de mettre à disposition plus d’offres de logements pérennes.

Retrouvez l’interview en intégralité en podcast

https://soundcloud.com/user-914290678/association-olympe-de-gouges?in=user-914290678/sets/rapport-annuel-2019

Quelles sont les étapes indispensables à tout plan de sauvegarde ? Les difficultés principales ? Réponse en podcast avec Jean-Marc Natali, président fondateur d’Urbanis Aménagement, spécialiste des opérations de résorption de copropriétés dégradées.

Urbanis Aménagement œuvre depuis vingt ans à la résorption des copropriétés dégradées. Pourriez-vous nous expliquer votre rôle ?

J.-M.N. : Nous sommes une société de conseil en amélioration du cadre de vie, filiale du Groupe Urbanis, dont le slogan est « Agir pour un habitat digne et durable ». À la fois un bureau d’étude et de réalisation, nous accompagnons les collectivités de A à Z dans leurs projets d’amélioration de l’habitat. La première étape est celle du diagnostic : nous étudions la situation sociale des copropriétés, l’état technique du bâti et la dynamique urbaine du quartier pour déterminer si elles peuvent être redressées. Puis nous réalisons aussi les études et le suivi des plans de sauvegarde.

Quelles sont les difficultés de ces opérations ?

J.-M.N. : Le plus difficile est de parvenir à articuler l’urgence de la situation et le temps très long des plans de sauvegarde. Lorsque des personnes âgées n’ont plus d’ascenseur pour aller faire leurs courses ou que des marchands de sommeil s’apprêtent à racheter des logements, il faut réagir très vite. C’est tout l’intérêt d’un acteur comme CDC Habitat, qui signe des conventions d’urgence avec les collectivités et rachète des quantités importantes de lots pour stopper la dégradation de la copropriété, avant même la signature d’une concession d’aménagement.

Pourriez-vous nous citer un exemple de partenariat avec CDC Habitat ?

J.-M.N. : Nous intervenons notamment sur le Parc Corot à Marseille, une copropriété répartie sur huit bâtiments. Nous démolissons deux bâtiments, de façon à ce que les six autres puissent se rétablir. Mais nous travaillons aussi à Saint-Etienne-du-Rouvray, Epinay, Evry, Aix-en-Provence et prochainement à Strasbourg et Mulhouse. A terme, nous devrions intervenir ensemble sur une trentaine de sites.

Retrouvez l’interview en intégralité en podcast

https://soundcloud.com/user-914290678/coproprietes-degradees-avec?in=user-914290678/sets/rapport-annuel-2019

En 2013, Boris Tavernier créait l’association VRAC à Lyon. Son objectif : permettre aux habitants des quartiers prioritaires d’accéder eux aussi à des produits alimentaires de qualité. Une démarche qui nécessite le soutien des bailleurs sociaux. Ses explications en podcast.

Pourriez-vous nous présenter l’association Vrac ?

BT : Elle est née à Lyon en 2013 d’un constat très simple : quand on n’a pas d’argent, on s’oriente vers les produits de consommation les moins chers, au détriment de la qualité et de la santé. L’offre de bons produits bio, locaux est inexistante dans les quartiers populaires et leurs habitants pensent de prime abord que « ce n’est pas fait pour eux ». Vrac est née de cette envie de donner accès à ces produits aux habitants des Quartiers prioritaires de la Politique de la ville (QPV).

Concrètement, comment cela fonctionne ?

BT : Nous sommes implantés aujourd’hui dans 32 QPV. Dans chacune de ses villes, nous avons créé une association qui gère plusieurs groupements d’achat d’habitants et passe commande auprès de petits producteurs pour une centaine de produits secs vendus à prix coûtant pour ces habitants. Une fois par mois, une épicerie éphémère s’installe dans un centre social, par exemple. Ce rendez-vous est un moment privilégié où se tissent lien social et solidarité.

Vous avez noué en 2019 un partenariat avec CDC Habitat. Qu’attendez-vous de lui ?

BT : Dès le départ, Vrac a été rendu possible grâce au soutien financier des bailleurs sociaux. Mais leur appui est précieux aussi opérationnellement pour faire démarrer les projets, les relayer dans les quartiers, et développer des projets autour de l’épicerie éphémère. Nous déployons beaucoup d’initiatives, comme réunir des cuisinières du quartier avec des chefs étoilés, des projets de livres, etc. C’est tout ce champ d’action que nous souhaitons développer avec CDC Habitat.

Retrouvez l’interview en intégralité en podcast

https://soundcloud.com/user-914290678/association-vrac?in=user-914290678/sets/rapport-annuel-2019

Pour en savoir plus sur Vrac

La Fondation pour la mémoire de l’esclavage a été créée en 2019. Elle est soutenue par l’État et par des partenaires publics et privés, dont CDC Habitat qui fait partie du Collège des fondateurs. Une des missions fondamentales de la Fondation est de s’adresser à la jeunesse pour la sensibiliser à l’empreinte de l’esclavage sur notre Histoire. Pour cela, la Fondation développe un programme qui s’adresse en priorité aux jeunes et plus particulièrement à ceux des quartiers prioritaires. Entretien avec Aïssata Seck, responsable du programme citoyenneté, jeunesse et territoires, de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage.

La Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage a été créée en 2019. Quel est son projet ?

Aïssata Seck : Notre objectif est d’inscrire l’esclavage colonial comme un fait marquant de l’histoire de France, de faire connaître ses héritages multiples et d’utiliser le savoir pour lutter contre toute forme de racisme et de discrimination. Nous agissons pour l’intérêt général et la cohésion nationale. Tous nos mécènes partagent le projet de transmettre l’Histoire par la culture, pour la citoyenneté.

Quel type d’actions sont menées dans le cadre du programme Citoyenneté et jeunesse ?

A.S. : Le volet citoyenneté s’adresse en priorité à la jeunesse dans son ensemble et plus particulièrement aux jeunes des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV).

Ce sont des actions concrètes qui ont pour objectif de contribuer à la cohésion sociale, à la reconnaissance de la diversité, et à la promotion des valeurs républicaines. Le programme est mené en partenariat avec les collectivités territoriales, l’Éducation populaire (Maisons de quartier, associations), et toutes les structures et associations locales.

Nous développons notre action dans les QPV à travers le soutien d’appels à projets et l’accompagnement d’actions dans les territoires. Nous sommes en train de monter un parcours avec le Louvre, autour des œuvres ayant un rapport direct avec la mémoire de l’esclavage (Le Radeau de la Méduse de Géricault par exemple) pour que les jeunes se sentent tous concernés par leur visite au musée.

L’objectif de la Fondation est aussi d’intégrer des programmes de service civique, et de proposer des modules pédagogiques pour former des jeunes à l’histoire qui pourraient accompagner des associations et des collectivités dans leurs actions mémorielles ou de lutte contre les discriminations.

Est-ce que vous travaillez aussi avec les enseignants ?

Le programme Éducation porté par Nadia Wainstain est mené en collaboration avec le ministère de l’Éducation nationale pour apporter des outils spécifiques aux enseignants sur l’histoire et les héritages de l’esclavage. Ces outils se fondent sur les programmes scolaires et les enrichissent en proposant une approche différente.

Nous organisons aussi des journées thématiques de formation des enseignants. En novembre 2020, les premières formations ont été organisées en Guyane avec des réactions très positives des enseignants qui apprécient qu’on leur procure des outils pédagogiques concrets et adaptés pour enseigner cette histoire.

Nous intervenons aussi à travers des actions ciblées en partenariat avec le conseil départemental de la Seine-Saint-Denis avec, par exemple, avec la création d’un parcours de visite en Ile-de-France à destination des collèges du département.

Quand vous intervenez auprès des jeunes, quelles réactions constatez-vous ?

Je n’ai jamais constaté de réactions négatives mais une volonté de mieux comprendre la société d’aujourd’hui à travers une meilleure connaissance de notre histoire. Les jeunes sont très attentifs durant nos interventions. Certains manifestent l’envie d’en parler avec leurs parents.

« Je ne me souviens pas d’avoir appris cette histoire à l’école » est souvent la première réaction. D’autres sont très volontaires : « C’est important de parler de cette histoire négative qui existe toujours sous d’autres formes », « j’ai appris beaucoup de choses mais c’est difficile de parler de ce sujet », « j’avais déjà étudié l’esclavage à l’école mais je ne savais pas que les Noirs avaient autant souffert », voilà quelques réactions que j’ai relevées.

L’année 2020 était l’année de mise en place de la Fondation. Comment s’est déroulée cette première année de fonctionnement dans le contexte de la crise sanitaire ?

Nous avions des craintes en raison de la pandémie et, finalement, 2020 a été une très belle réussite pour la visibilité de la Fondation naissante grâce au numérique.

Le Mois des Mémoires a été préservé malgré le confinement. Toutes les commémorations locales ainsi que la commémoration nationale du 10 mai ont été organisées en Live sur Internet. Grâce à ces événements numériques, nous avons obtenu une visibilité que nous n’aurions peut-être pas obtenue avec des commémorations physiques.

50 personnalités (artistes, chercheurs, historiens, jeunes) ont participé à un live d’une durée de 6h, le 10 mai 2020, avec près de 300 000 vues !

La voix de la Madeleine : le 4 février 2020, date anniversaire de la première abolition de l’esclavage, a eu lieu à l’auditorium du Musée du Louvre le lancement officiel du timbre « Portrait présumé de Madeleine ».
Le 4 février 2020, date anniversaire de la première abolition de l’esclavage, a eu lieu à l’auditorium du Musée du Louvre le lancement officiel du timbre « Portrait présumé de Madeleine ». L’événement était proposé par Jean-Marc Ayrault, président de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage (au centre), Jean-Luc Martinez, président-directeur du musée du Louvre (à droite de JM Ayrault) et Philippe Wahl, président-directeur-général du groupe La Poste (à gauche de JM Ayrault).

Le Mois des Mémoires – 2021 : les 20 ans de la loi Taubira

Le Mois des Mémoires se tient chaque année du 27 avril au 10 juin. Les actions sont concentrées sur cette durée afin de toucher un plus grand nombre de citoyens, avec des événements populaires et festifs.

« Le mois des mémoires 2021 aura une importance très particulière car nous allons célébrer les 20 ans de la loi Taubira, qui reconnaît l’esclavage comme un crime contre l’humanité. Ce sera la première cérémonie commémorative portée par la Fondation qui souhaite que l’évènement soit inclusif et populaire, avec la mobilisation (si la situation sanitaire le permet) de 500 jeunes venus de toute la France (via le réseau Éducation nationale et Éducation populaire), dont certains participeront activement à la cérémonie. L’objectif prioritaire est de mobiliser les jeunes de toute la France : des départements d’outre mer aux territoires ruraux de l’hexagone. »