Réemploi et recyclage, construction bioclimatique des bâtiment, recours au bois et au béton bas carbone, transport fluvial, etc. Les constructeurs du Village des athlètes ont joué sur tous les leviers pour réduire drastiquement les émissions des bâtiments pendant la phase de construction, mais aussi après. Ils ont ainsi préfiguré la ville bas carbone de 2030, en permettant aux porteurs de solutions innovantes de les déployer et massifier.

Quel était l’objectif fixé aux concepteurs du Village des athlètes ?

L’ambition de la Solideo, la société de livraison des ouvrages olympiques chargée de construire les ouvrages pérennes des différents sites était exigeante : faire de cette édition 2024 la première alignée sur l’accord de Paris en posant une première étape vers la neutralité carbone à l’horizon 2050. Les objectifs de décarbonation sont sans précédent : réduire par deux les émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport à une construction classique. Cet impératif s’applique aussi bien à la phase de construction qu’à celle de l’exploitation des bâtiments. Non seulement les chantiers doivent générer le moins d’émissions possible, mais la conception des bâtiments doit également permettre une réduction drastique de la consommation de chauffage et une climatisation naturelle.

Quels sont les différents leviers utilisés par les constructeurs ?

L’idée est de jouer sur tous les leviers possibles pour parvenir au final à une division par deux des émissions de GES : recyclage et réemploi des matériaux, recours à des matériaux biosourcés et bas carbone, transport fluvial pour limiter les déplacements par camions, conception bioclimatique des bâtiments, etc.

Comment l’objectif de division par deux des GES a-t-il été calculé ?

L’ambition affichée par la Solideo était de diviser par deux les GES… mais par rapport à quoi ? Elle s’est basée sur les standards de 2019 du secteur de la construction et la réglementation thermique en structure béton de l’époque. L’ensemble des dispositifs mis en place ont permis une réduction de 47 % des émissions par rapport à ce standard.

Quels matériaux ont été privilégiés ?

Le bois est le matériau roi de la ville bas carbone. Le parti pris du Village des athlètes a donc été de massifier sa présence, et non de le réserver aux réalisations les plus emblématiques. Son utilisation pour les structures des ouvrages a été rendue quasi systématique pour les bâtiments de moins de 28 mètres de haut. 100 % des bâtiments du Village des athlètes font intervenir du bois en structure et 49 % ont adopté une structure tout en bois.

Par ailleurs 100% du bois utilisé provient de forêts éco-gérées et 30 % des forêts françaises.

Forêt éco gérée en Lorraine

De son côté, l’impact du béton a été considérablement réduit grâce à l’utilisation de formules innovantes de béton bas carbone.  Le quartier des Belvédères notamment, porté par le groupement Nexity, Eiffage Immobilier, CDC Habitat, Groupama et EDF, a opté pour un mode constructif frugal bois/béton bas carbone. 100 % des bétons préfabriqués pour les prédalles, prémurs et escaliers sont bas carbone.

Quel rôle a joué la Seine ?

La proximité du fleuve a donné des idées à la Solideo : pourquoi ne pas l’utiliser pour limiter les émissions de carbone dues aux va-et-vient des camions transportant matériaux de construction et déblais ?

La circulation de plus de 25 000 camions a ainsi été évitée grâce au transport fluvial. Sachant qu’une tonne transportée par le fleuve produit cinq fois moins de CO2 que le transport routier.

Quels étaient les objectifs de réemploi et de recyclage imposés aux constructeurs ?

Le secteur du bâtiment utilise beaucoup de ressources et produit des déchets. D’où l’importance du réemploi des matériaux ou de leur recyclage (en les transformant), qui sont au cœur de l’économie circulaire.

Les cahiers des charges imposés aux constructeurs par la Solideo ont fixé deux règles… Au moins 10 % des approvisionnements devaient être issus du réemploi, à l’échelle de chaque ouvrage. Par ailleurs,  75% des matériaux provisoires mis en place durant la compétition devaient pouvoir être démontés et réemployés sur place pour les aménagements définitifs ou sur d’autres chantiers. Saint-Gobain a notamment déployé des cloisons démontables en plâtre, dotées des mêmes caractéristiques acoustiques que des cloisons classiques. C’est une première : jamais ce matériau n’a été réemployé à cette échelle. 

Au moment de la déconstruction des ouvrages existants, les éviers et équipements électriques seront revendus à des particuliers par le biais d’une plateforme de réemploi. Par ailleurs, les sièges des gradins du centre aquatique olympique ont été fabriqués à partir de plastique recyclé.

De la même manière, le béton issu de la déconstruction a été récupéré et recyclé pour fabriquer les chemins empruntés par les ouvriers sur les chantiers.

Quels sont les bénéfices apportés par la conception bioclimatique des bâtiments ?

Concevoir un immeuble pour limiter sa consommation future en énergies : c’est tout le pari de la conception bioclimatique, généralisée sur l’ensemble du Village des athlètes.

Pour limiter la consommation liée au chauffage l’hiver, les bâtiments bénéficient d’une bonne isolation, offrant une étanchéité à l’air importante. Pour un confort d’été sans recours à la climatisation, les logements sont traversants et disposent de protections solaires permanentes. Plus de 1 200 logements sont dotés d’un plancher chauffant/rafraîchissant qui vise à garantir une régulation thermique optimale. En mode chauffant, ce dispositif assure une température de 19°C. En mode refroidissant, l’eau froide circulant dans les tubes peut faire baisser la température de 5 à 7 degrés l’été.

Le quartier des Quinconces, porté par le groupement Icade, la Caisse des Dépôts, et CDC Habitat, reprend tous les principes de la conception bioclimatique : les logements bénéficient d’une double orientation et un jeu sur les hauteurs de chaque bâtiment maximise l’ensoleillement pour chaque logement. L’été, une forêt fraîche  au pied des immeubles permet de faire baisser de plusieurs degrés la température en cas de forte chaleur. Prolongée par des jardins sur les toits, celle-ci contribue à lutter contre les îlots de chaleur.

Qu’est-ce qui est prévu pour limiter la consommation d’énergies fossiles ?

Les énergies renouvelables et locales, ainsi que les énergies de récupération sont privilégiées. Une grande partie des toitures est équipée de panneaux photovoltaïques, une énergie que les bâtiments vont utiliser. La géothermie est également de la partie. Des forages dans la nappe à 80 mètres sous terre font remonter l’eau : les calories sont récupérées au moyen d’un échangeur et valorisées grâce à une pompe à chaleur.

Dans le secteur des Belvédères, le bâtiment tertiaire s’est doté d’un pilotage énergétique innovant, qui associe solaire photovoltaïque, stockage d’électricité et utilisation des batteries de véhicules électriques comme source d’énergie.

Un dernier coup de pouce : la réversibilité des bâtiments

Décarboner l’ensemble du cycle de vie d’un bâtiment, c’est aussi limiter l’impact carbone de ses transformations futures. En mettant l’accent sur la réversibilité des bâtiments, la Solideo a apporté la touche finale à son projet de décarbonation du Village des athlètes. Les logements prévus pour accueillir les sportifs sont conçus dès le départ en mode réversible : des modifications mineures et des jeux de cloisons, sans conséquence sur la structure du bâtiment, leur permettront d’accueillir des familles dans la phase héritage


Ingrid Nappi, professeure titulaire et fondatrice de la Chaire Economie de la transition écologique urbaine (Immobilier, Logement, Architecture, Aménagement) de l’Institut Louis Bachelier.

Face à l’urgence climatique et aux évolutions sociétales et sociales en matière d’habitat et de travail, nous devons réinventer la production de la ville. C’est l’ambition de la Chaire Economie de la transition écologique urbaine (Immobilier, Logement, Architecture, Aménagement) de l’Institut Louis Bachelier qui entend devenir une plate-forme de recherche et d’enseignement pour aider à la décision économique et politique, en matière d’écologie, de vivre ensemble et de travail.

Car comment répondre aux besoins croissants des ménages à se loger et développer une offre immobilière à la fois résidentielle, industrielle et tertiaire (zones commerciales, quartiers d’affaires) tout en accompagnant la transition écologique urbaine ? Comment valoriser économiquement et financièrement les initiatives et les projets à forte utilité écologique ? Comment repenser la chaine de valeur et notamment le rôle économique des nouveaux entrants dans les nouvelles filières de l’immobilier qui se dessinent ? Comment innover et construire autrement, alors que la rareté foncière devient un obstacle majeur pour les maîtres d’ouvrage ? Comment promouvoir la densité et le recyclage du tissu urbain tout en conservant la qualité des espaces de vie ? 

Les enjeux de la transition écologique impactent toute la chaîne de valeur de la fabrique de la ville. Le processus de développement des projets doit être révisé pour y intégrer des indicateurs de performances nouveaux (décarbonation, impact social, environnemental…) et la place ainsi que l’apport de chaque professionnel (investisseur, architecte, maître d’ouvrage, entreprise, industriel…) doit évoluer. Pour répondre à cette nouvelle donne, nous devons passer d’une approche en silos à une approche holistique. L’originalité et la pertinence de cette chaire passe par la réunion des trois dimensions essentielles que sont l’économie et la finance, les sciences de l’ingénieur et l’architecture, soit une approche inédite en France.

Lancée en 2023, la chaire s’appuie sur un partenariat réunissant la Fondation du risque de l’Institut Louis Bachelier, qui l’héberge parmi 80 autres programmes de recherche, l’École des Ponts ParisTech et l’Ecole Nationale supérieure d’architecture Paris-Malaquais. Les ministères de la Transition Ecologique et de la Culture soutiennent le projet qui rassemble aussi de nombreux contributeurs et mécènes parmi lesquels CDC Habitat.

La chaire diffusera progressivement tous les savoirs acquis sous la forme de cours, séminaires et conférences, d’outils et de cahiers pédagogiques pour former le plus largement possible. Après quelques mois d’activité, elle vient d’organiser une conférence inaugurale sur le thème « réinvestir l’immeuble résilient » et d’éditer un premier cahier pédagogique dédié. Son comité scientifique transdisciplinaire, composé d’universitaires issus de l’École des Ponts ParisTech et de l’ENSA Paris-Malaquais, mais également d’autres écoles telles que l’école d’urbanisme de Paris ou Centrale Lille, est en train d’élaborer les axes de recherche sur les financements de la transition écologique.

Peut-on réconcilier nature et ville ? Créer une forêt fraîche et sauvage dans un quartier d’habitation, amenée à évoluer selon le tempo de la flore et la faune et à accueillir mammifères, reptiles, oiseaux et insectes ?  Andras Jambor, paysagiste et responsable du pôle maîtrise d’œuvre de l’agence TN+ a relevé le défi au sein du Village des athlètes.

Vous avez-conçu la forêt fraîche au cœur du Village des athlètes. En quoi consiste ce projet ?

Nous avons imaginé un jardin-forêt au cœur des Quinconces, un quartier d’habitation du Village des athlètes réalisé par le groupement Icade, Caisse des Dépôts et CDC Habitat. C’est rare de pouvoir imaginer un jardin de cette ampleur entouré de murs, à l’image de l’« hortus conclusus » (le jardin clos en latin) qui correspondait à l’idée que l’on se faisait du paradis au Moyen-Âge.

Ce projet reflète parfaitement le credo de TN+ : ville et nature ne sont pas antinomiques, on peut les réconcilier notamment en s’inspirant de la seconde. Dans la nature, on voit bien que la végétation s’adapte à des configurations variées. En montagne, les prairies prospèrent sur de très fines couches de terre. Sur les falaises calcaires, les plantes profitent de la moindre anfractuosité pour se développer. La ville et les immeubles, de la même manière peuvent constituer un substrat fertile pour la nature, à condition que le quartier soit pensé ainsi dès le départ. Or c’est justement la démarche que nous avons adoptée avec ce jardin-forêt.

Comment l’idée est-elle née ?

Nous sommes partis du plan initial de Dominique Perrault pour le Village des athlètes, qui imaginait des bâtiments navires en lien avec la Seine. Le jardin a été conçu comme un morceau de paysage francilien amené par une péniche, telle une arche de Noé, déposant ici son îlot refuge de biodiversité végétale et animale…

L’image est onirique, voire utopique, mais en même temps très concrète. Cela supposait de reconstituer un échantillon d’une forêt d’Île-de-France en s’inspirant de la végétation des ripisylves* boisés des côteaux de la Seine. Parmi nos inspirations, on peut évoquer une des œuvres du land-artiste américain Robert Smithson, qui avait imaginé apporter un morceau de la forêt primitive de Manhattan au cœur de la ville par bateau.

Quel type de végétation y retrouve-t-on ?

Trois univers différents coexistent : le cœur de forêt, la lisière et la prairie. Chacun apporte quelque chose de spécifique. Le cœur de forêt est un lieu de calme, de promenade, d’observation de la nature. La lisière présente un grand intérêt en termes de biodiversité. Il y a beaucoup de lumière, et elle se situe à la rencontre de deux milieux, la forêt et la prairie, ce qui attire une très grande diversité d’espèces. C’est ici que nous avons concentré des usages actifs du voisinage (barbecue, tables de piquenique, potagers, terrain de jeu). Les prairies se retrouvent tout en haut des tours et restent inaccessibles à l’homme, offrant un refuge, entre autres, aux oiseaux migrateurs qui suivent les méandres de la Seine.

D’où viennent les arbres ? S’agit-il exclusivement d’espèces propres à la région ?

Le site est relativement étroit, avec 22 mètres de large sur 160 mètres de long. Nous avons donc dû retenir des espèces de moyen développement au feuillage léger (peuplier tremble, bouleau, aulne, sorbier, merisier, érable champêtre) et quelques arbres de plus grande taille, comme les charmes, le chêne chevelu, l’érable, le tilleul.

La très grande majorité des espèces sont indigènes, et possèdent le label végétal local, qui garantit que les spécimens ont été semés, plantés et élevés dans la région, à partir des plantes mères locales. C’est un label exigeant et complet, qui préserve la biodiversité francilienne et garantit une meilleure adaptabilité des plantes aux conditions locales. Celles-ci sont riches d’un capital génétique indigène qui leur permet de mieux résister au climat, aux nuisibles, aux invasifs et insectes de la région.

Pour renforcer la résistance du cortège végétal face au changement climatique, nous avons également planté des essences venant du sud de la France, comme l’érable de Montpellier, le romarin, le lavandier et le figuier. Et nous avons remplacé le chêne sessile francilien par le chêne chevelu, davantage adapté au climat à venir, plus aride.

Et pour le sol ? d’où proviennent les terres ?

Il y a dix ans, pour donner le jour à un jardin en ville, on n’hésitait pas à prendre la terre des champs agricoles. Bien sûr, il était hors de question d’agir ainsi aujourd’hui… Nous avons donc recouru à deux stratégies différentes. D’un côté, nous avons recyclé la terre d’origine du site. Couverte de béton durant des décennies, elle était devenue inerte. Nous l’avons confiée à une entreprise spécialisée qui l’a revivifiée avec des micro-organismes, des bactéries, des champignons, en la faisant murir pendant plusieurs mois pour obtenir un substrat riche et fertile mélangé ensuite à des granulats, pour plus de porosité. Cette terre ainsi régénérée s’appelle « anthroposol ». Et d’un autre côté, nous avons regénéré des déblais inertes provenant d’autres chantiers, destinés, au départ, à la déchetterie.

Pourquoi parler de forêt fraîche ?

Le jardin draine et recycle l’ensemble des eaux de pluie qui tombent sur la parcelle et sur les toitures.  Les bâtiments rejettent l’ensemble des eaux pluviales directement vers le jardin grâce à des gargouilles. Cette irrigation naturelle permet d’avoir une prairie mi sèche, mi humide selon les endroits et même une mare côté Seine surplombée par une passerelle en bois, en position de belvédère. S’ajoute à cela la strate arborée qui apporte de l’ombrage et de la fraîcheur. La présence de l’eau et de la végétation se combinent pour apporter de la fraîcheur et créer un microclimat propre au jardin. Une nouvelle de Jean Giono, « l’homme qui plantait des arbres », parle magnifiquement des liens qui s’établissent entre l’eau et la végétation pour revivifier une terre devenu aride. C’est l’histoire d’un berger des Alpes de Haute Provence qui consacre sa vie à planter des arbres dans une région pillée par les forestiers et dévastée par la sécheresse. Au bout d’un moment, à force de planter des arbres, l’eau revient dans la région.

Quel effet de rafraîchissement peut-on attendre dans les logements ?

En ville, il fait toujours quatre à cinq degrés de moins dans un parc bien ombragé, riche en différentes strates végétales. Les logements vont aussi en profiter, jusqu’à R+4. Mais à partir cinq étages, l’effet s’estompe, bien sûr…

Quel type d’animaux pourra-t-on y voir ?

La forêt, la prairie, la lisière, la mare devraient attirer naturellement une grande biodiversité. Les grenouilles, les reptiles viendront d’eux-mêmes s’installer dans la zone humide. Nous avons disposé dans toutes les strates de la végétation des abris destinés aux hérissons, aux insectes, à l’avifaune et aux chiroptères. Les terrasses inaccessibles serviront de refuge aux oiseaux migrateurs. La forêt fraîche va favoriser le développement d’un biotope à part entière, connecté aux espaces naturels voisins riches de la Seine. 

Comment sera entretenu cet espace ?

L’idée principale est de laisser la nature faire son travail. Nous avons donné un coup de pouce initial, à elle de jouer maintenant. Nous sommes aux antipodes du jardin classique harmonieux, domestiqué, conçu comme un refuge face à la « sauvagerie » de la nature. Un entretien minimal est donc prévu.  On laisse le cœur de la forêt tranquille, car il a vocation à devenir une « vraie » forêt. Et l’on fauche la zone de prairie deux fois par an. C’est important, car si on ne le fait pas, cet espace évoluera en forêt. Or la richesse de la biodiversité est renforcée par la diversité des milieux, forêt, lisière et prairie…

Existe-t-il des projets similaires, ou est-ce un projet véritablement unique ?

C’est très rare pour un paysagiste de pouvoir exprimer ainsi toutes les idées qui lui tiennent à cœur. C’est sans doute un peu pionnier, mais cette approche est dans l’air du temps et intéresse de plus en plus de monde. Quand j’ai débuté, le métier de paysagiste n’était guère valorisé, aujourd’hui, il est presqu’à la mode !

Parmi les inspirations, nous pouvons citer le projet de l’Île Derborence, un parc de huit hectares qui jouxte la gare TGV Lille Europe. On la doit au jardinier Gilles Clément. Dans les années 90, celui-ci a décidé de donner le jour à une forêt de 2500 m² perchée au-dessus de murs de plusieurs mètres. Contrairement à notre forêt fraîche, elle est entièrement inaccessible au public. Mais elle va dans le même sens : prouver que si on lui laisse de l’espace, le vivant peut retrouver sa place en ville. 

*  Association végétale spécifique que l’on retrouve aux abords des cours d’eau

Parce que ce quartier va accueillir les para-athlètes, il se devait d’innover en matière d’accessibilité. Il se veut donc adapté à tous les publics, de tous les âges, en situation de handicap ou non.


Qu’est-ce que l’accessibilité universelle ?

Celle-ci est une approche nouvelle, théorisée dans les années 90, qui va au-delà de la question du handicap. Comme son nom l’indique, elle s’intéresse à l’universel. Elle entend créer des espaces adaptés à toutes les personnes qui constituent la société : les valides comme celles qui sont en situation de handicap (que cela soit temporaire ou permanent), les jeunes comme les personnes âgées, les enfants, et toute personne potentiellement amenée à se promener un jour avec des béquilles, une poussette, une valise, des sacs lourds, etc.
Cette démarche prend en compte toutes les situations de handicap : non-voyants, mal-voyants, malentendants, handicaps moteurs, etc

Pourquoi cela va plus loin que l’accessibilité ?

Cette notion opère un changement de point de vue humain et sociétal qui n’est pas neutre : toutes les situations sont considérées comme une des modalités de la normalité.
Les exigences de l’accessibilité universelle sont également plus élevées. Il ne s’agit pas seulement de respecter des normes, mais de concevoir la ville comme un espace accueillant pour chacun de ses habitants. Avec comme principe de se mettre à la place de l’usager pour éliminer toutes les difficultés qu’il pourrait rencontrer.

Quels sont les espaces concernés ?

L’accessibilité universelle a guidé la conception, la construction et la rénovation de l’ensemble des ouvrages réalisés pour la compétition, soit le village des Athlètes et les sites sportifs. Le village se veut ainsi un démonstrateur de l’accessibilité, à la fois dans le traitement des espaces publics et des logements. C’est le cas des deux lots réalisés par CDC Habitat au sein de deux groupements, le secteur des Belvédères (du groupement Nexity, Eiffage immobilier, CDC Habitat, Groupama et EDF), et le quartier des Quinconces à Saint-Ouen-sur-Seine (réalisé par la Caisse des Dépôts, Icade et CDC Habitat) et qui va accueillir les athlètes et para athlètes.
Alors que 20% des logements dans un programme immobilier neuf doivent être accessibles à tous, 100% des appartements du village des Athlètes le sont.

L’accessibilité universelle apporte un confort de vie précieux pour tous les habitants. Son credo peut se résumer ainsi : ce qui est indispensable pour 10% des usagers est utile pour 40% d’entre eux et confortable pour 100% des habitants.

Qu’est-ce qui change à l’intérieur des logements ?

Si l’on prend en exemple les appartements des Quinconces, aucun obstacle ne s’oppose au cheminement. Cela se traduit par l’absence de ressaut (de différence de niveau), de la porte d’entrée jusqu’au balcon, en passant par la cabine de douche, les toilettes. Chaque équipement est adapté, au maximum, à tous les types de handicap. La robinetterie facilite la préhension, les hauteurs des prises électriques, des commandes et des boites aux lettres sont adaptées, etc. Par ailleurs, un travail a été réalisé sur les contrastes pour que les mal-voyants puissent repérer plus facilement les interrupteurs, les vasques dans les salles de bain et savoir dans quel bâtiment ils se trouvent.

Et pour les extérieurs ?

Largeur des voies, séparation claire de chaque espace… Le quartier reprend tous les préceptes de la ville accessible. Mais il va plus loin en prévoyant une zone d’assise tous les 50 mètres pour les personnes fatigables. Le mobilier urbain est également innovant. Il reprend les principes du contraste visuel, prévoit la possibilité de s’assoir en face à face pour ceux qui parlent la langue des signes ou de s’installer à table même si l’on circule en fauteuil roulant.
Dans le secteur des Belvédères, qui a pris en compte tous les types de handicap, des installations sonores sont intégrées aux espaces paysagers, offrant aux personnes en situation de handicap une atmosphère sonore adaptée qui facilite leur orientation et améliore leur expérience dans l’environnement urbain.

Quelles sont les spécificités de la signalétique ?

Celle-ci est inclusive et multisensorielle. Chacun peut s’orienter grâce à des indicateurs tactiles et sonores placés à différents niveaux, au sol et verticalement.

Qu’est-ce que cela change pour les habitants, après la compétition ?

L’accessibilité universelle apporte un confort de vie précieux pour tous les habitants. Son credo peut se résumer ainsi : ce qui est indispensable pour 10% des usagers est utile pour 40% d’entre eux et confortable pour 100% des habitants. Elle se traduit aussi par une architecture élégante et harmonieuse : sur la place des athlètes, la pente douce de la rampe hélicoïdale donne envie de l’emprunter.

Pour Karim Bouamrane, maire de Saint-Ouen-sur-Seine, les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 ont permis de gagner plusieurs dizaines d’années dans la transformation de la ville. Tout en préservant l’âme d’une ville de mélange et brassage, aux antipodes du modèle de gentrification.

Saint-Ouen semble vivre aujourd’hui un moment clef de son histoire, avec une accélération extrêmement rapide de sa transformation. Qu’est-ce qui, à votre avis, a été décisif dans cette mutation ?

Les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 ont été un formidable accélérateur pour notre territoire. Ils nous ont permis de réaliser en quelques années ce que nous aurions mis des décennies à réaliser. Mais notre objectif a toujours été d’améliorer la vie des gens en agissant sur la qualité du logement, sur l’apaisement de l’espace public, une meilleure offre de santé et meilleure desserte de transports… Il ne s’agit pas à proprement parler d’une transformation urbaine, mais d’une amélioration de la vie de celles et ceux qui habitent à Saint-Ouen.

Plus précisément, quel rôle jouent Paris 2024 et le Village Olympique dans la transformation actuelle et future de Saint-Ouen ?

Paris 2024 doit d’abord être une fête pour toutes les habitantes et tous les habitants et montrer au monde notre hospitalité et notre passion pour le sport. Ensuite, ils demeureront un bénéfice durable pour la population avec des infrastructures sportives rénovées, des espaces publics repensés et un état d’esprit positif qui infusera longtemps. Et nous hériterons d’un nouveau quartier qui correspond actuellement au Village Olympique. Je suis né à quelques mètres de ce nouveau quartier où nous avons récemment inauguré la rue du Dr. Socratès : il n’y avait rien, si ce n’est des immeubles délabrés. Aujourd’hui, ce quartier sera un quartier de vie, d’activités, de commerces, avec des écoles, des centres de santé, des services publics, à deux pas de la Seine vers laquelle nous nous tournons de plus en plus.

Le département de la Seine-Saint-Denis et notamment Saint-Ouen sont souvent présentés comme les grands gagnants de Paris 2024. On avance notamment le chiffre de 80% des investissements publics réalisés dans le 93). Partagez-vous ce sentiment ?

La question n’est pas de savoir si nous avons gagné par rapport aux autres territoires, mais ce que nos populations ont gagné. La Seine-Saint-Denis est le département le plus pauvre de France, avec une sous-dotation chronique en services publics, en infrastructures sportives, avec des difficultés à donner un espoir aux nouvelles générations ; les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 renforcent notre capacité à nourrir cet espoir. Voilà notre principal héritage.

Quelles ont été vos exigences par rapport au projet du Village Olympique ?

Dès notre arrivée aux responsabilités, nous avons tenu à ce que le futur quartier soit équilibré du point de vue des usages entre les logements, les espaces verts, les services publics…Nous sommes notamment intervenus pour renforcer la végétalisation du quartier contre la volonté initiale de privilégier le bâti, parce que c’est un prérequis pour créer des conditions de vie favorables face à l’urgence climatique.

Au final, quel regard portez-vous sur ce futur quartier ?


Je suis certain que ce nouveau quartier s’insèrera dans le tissu urbain qui est en train de se créer entre le Vieux Saint-Ouen et le quartier Pleyel dont la gare sera opérationnelle au moment de la compétition. Notre enjeu, c’est de créer de la continuité territoriale à l’échelle de nos villes pour éviter que les quartiers ne vivent en vase clos. Pour cela, il faut répartir à l’échelle du territoire les différents points d’attraction, et c’est par exemple ce qui explique le succès de la Halle Gourmande qui attire bien au-delà du quartier des Docks… Je suis certain que nous y parviendrons avec le Village Olympique et que la ville de demain, mixte, adaptée à l’urgence climatique, adaptable et réversible, se construit par la fluidité des échanges entre les anciens et les nouveaux quartiers.

Quelles nouvelles dynamiques ce nouveau quartier va-t-il mettre en œuvre ? S’agit-il d’une forme de réparation d’un territoire tombé dans une certaine déshérence par la désindustrialisation et les coupures urbaines ?

Plutôt que de réparation, je parlerais de réinvestissement. Ce que nous appelons de nos vœux, c’est à la concrétisation de la promesse républicaine d’égalité, et donc d’égalité territoriale. Avec ces nouvelles infrastructures, en misant sur le beau, sur les transports, on rééquilibre l’équation périphéries/hypercentres et on dit à toutes celles et ceux qui pensaient que la République les avait abandonnés que le progrès est possible. On apporte un espoir.

Vous avez évoqué en début d’interview que Saint Ouen se tournait « de plus en plus vers la Seine ». C’est un aspect important du projet ?

Nous voulons en effet reconquérir les berges, proposer des navettes fluviales pour permettre de se déplacer sur le fleuve. C’est un immense enjeu : après des années passées tournées vers le périphérique, vers Paris, nous reprenons possession de notre patrimoine naturel. C’est le sens de ce que nous faisons l’été, avec l’Eté audonien dont nombre d’activités se déroulent sur les berges. C’est aussi le sens de la réfection de l’Ile-des-Vannes et de sa nef Lucien Belloni : faire de nos bords de Seine un pôle d’attraction à échelle nationale sur les plans sportif, culturel, gastronomique, festif…

Après les Docks, le Village Olympique peut faire craindre une trop grande gentrification de Saint-Ouen. Que faites-vous pour que Saint-Ouen reste une ville populaire ?

J’ai coutume de dire que toutes celles et ceux qui viennent habiter à Saint-Ouen ont un lien sur une ou deux générations avec le peuple. C’est ce que j’appelle l’élite populaire. Notre vision, c’est que toutes les Audoniennes et tous les Audoniens, quels que soient leur âge, situation professionnelle, statut social, orientation sexuelle, rapport à la religion, genre et nombre d’années passées à Saint-Ouen puissent avoir accès aux mêmes opportunités. C’est l’essence même de notre politique qui est une politique fraternelle et donc populaire. Outre nos exigences en matière de mixité sociale au moment de bâtir, quand nous avons bénéficié de l’ANRU, nous avons négocié une clause pour garantir que 100% des relogements se feraient dans Saint-Ouen : notre but est donc de conserver la population et de permettre le mélange et le brassage, ce qui est contraire à l’idée de gentrification.

Après le Village Olympique, vous reste-t-il des réserves de foncier ou micro foncier pour construire la ville sur la ville, conformément à l’impératif de sobriété foncière ou est-ce la dernière grande opération urbanistique ?

Nous avançons avec les nouvelles zones des Docks et cette transformation devrait prendre fin en 2030 ; nous aurons alors presque doublé de population en 20 ans, nous disposerons d’un centre hospitalo-universitaire en plein centre-ville, nous aurons commandé la réfection de tous les quartiers et terminé nos opérations ANRU. D’ici là, nous travaillons projet par projet avec les élus et tous les services pour faire en sorte que tout ce que nous mettons en œuvre bénéficie au plus grand nombre

En Seine-Saint-Denis, le Village des athlètes accueillera dans un premier temps les athlètes et para-athlètes, puis quelques mois après les compétitions, des familles, des étudiants… dans un nouveau quartier de ville comptant 2 800 logements. Alexandre Jonvel, architecte urbaniste associé fondateur de l’agence CoBe, et François Guynot, directeur de son pôle architecture, racontent comment ils ont relevé le défi.  

Quel rôle l’agence CoBe a-t-elle joué dans le projet du village des athlètes ?

Alexandre Jonvel : Notre agence s’est impliquée dans ce projet à double titre. D’un côté, nous avons coordonné le projet urbain du lot E, qui correspond à la partie du village qui s’articule entre le quartier du Vieux Saint-Ouen et le futur Hub Pleyel. Nous sommes intervenus au stade du concours, pour monter une équipe d’architectes à la demande du groupement Nexity, Eiffage, CDC Habitat et Groupama. Ce quartier comptera 525 logements, bureaux, commerces et services, dont une crèche, un fab lab, un terrain de basket, etc. Parallèlement à cette mission de coordination, nous avons été architectes de trois bâtiments.

Quelle est la particularité de ce projet ?

A.J. : Ce type de projet est toujours passionnant à réaliser, car il est marqué par une volonté forte d’innover, de faire la démonstration de ce que peut être la ville du futur. Ce qui m’a séduit dans ce projet, c’est qu’il rompt avec les démarches précédentes, comme celle de Tokyo, conçues comme des vitrines technologiques. Le Village des Athlètes en Seine-Saint-Denis se démarque par une volonté d’exprimer pleinement l’approche du « bon sens » dans l’aménagement du territoire. Or ce savoir-faire de « fabrique de la ville » est justement une expertise française reconnue depuis Hausmann, et même avant lui.

La dimension réversibilité du projet était aussi quelque chose d’inédit en France?

François Guynot : Pour la première fois en effet, on a demandé à des architectes d’imaginer une construction neuve pour deux temps, deux usages différents, pour la compétition et l’accueil des sportifs dans un premier temps, puis pour un usage résidentiel classique ensuite, avec les conséquences techniques, architecturales que cela suppose. Il fallait concevoir un bâtiment adapté aux athlètes (c’est-à-dire avec beaucoup de parties communes, pas de cuisine, car les athlètes ne préparent pas leurs repas), qui, pourrait par la suite facilement muter pour accueillir des familles, des étudiants, etc. C’était un exercice tout à fait nouveau pour un architecte. Nous avons cumulé les nouveautés : des permis à double état, des assurances pour la phase de la compétition et après, etc.

Quels ont été vos partis pris ?

F. G. : Nous avons articulé cette réversibilité avec une forte exigence de sobriété carbone, un marqueur fort du projet puisque les organisateurs souhaitaient diviser par deux les émissions de gaz à effet de serre de l’évènement.
Dans cette perspective, le Village des Athlètes se devait d’être un démonstrateur de la ville bas carbone et la réversibilité a fait partie de cette ambition : celle-ci pérennisera les bâtiments à travers le temps, en les rendant facilement adaptables à l’évolution des usages futurs. Cela va dans le sens de la sobriété énergétique et foncière, puisque cela évite de démolir, reconstruire, artificialiser encore plus les sols, gaspiller des matériaux, etc.

Quelles sont les techniques, les matériaux utilisés pour rendre un bâtiment réversible ?

A.J. : La meilleure réversibilité est la réversibilité minimale, celle qui engage le moins de transformation lorsqu’on change d’usage : on garde la structure, l’enveloppe de l’immeuble, on ne bouge qu’un ou deux éléments à l’intérieur pour adapter l’appartement. La solution adoptée consiste dans des poteaux poutres répartis sur tout le bâtiment, au lieu de longs porteurs linéaires, qui permettent de moduler l’espace. Lors de la transformation de l’appartement, on ne démolit pas les cloisons, on les déplace, on en rajoute : on peut ainsi facilement rajouter une cuisine là où il n’y en avait pas.

La meilleure réversibilité est la réversibilité minimale, celle qui engage le moins de transformation lorsqu’on change d’usage.

Alexandre Jonvel

Quels sont les matériaux utilisés ?

F.G. : Le principe est d’utiliser le bon matériau au bon endroit, dans une optique de frugalité. Nous avons recouru à la fois au béton bas carbone et au bois, en utilisant les atouts de chacun. Nous avons exploré beaucoup de pistes, car nous n’avions aucune idée préconçue sur le matériau à utiliser. Nous avons pensé à un moment au béton de chanvre, auxquelles nous avons renoncé, en raison de contraintes techniques très fortes. Dans la morphologie du projet initial dessiné par Dominique Perrault, étaient prévus des bâtiments R + 10 et R+ 5. Cela supposait de moduler les techniques : bâtiments avec ossature béton bas carbone pour les R + 10, ossature bois avec poteaux poutres en bois et remplissage avec des matériaux biosourcés et dalles en béton pour les R + 5. Pourquoi les dalles en béton ? Parce que le bois a un inconvénient, il n’est pas très performant en acoustique.

Le travail sur la réversibilité, au-delà des matériaux et des techniques, c’est aussi faire en sorte que ce village dédié aux athlètes devienne après la compétition un véritable quartier où il fait bon vivre ?

A.J. : Bien sûr, c’est l’essence même du projet et c’est le principal défi de ce type de projet, conçu pour une compétition. Il se trouve que ma femme est grecque. J’ai donc pu constater l’échec total d’Athènes de ce point de vue. Après 2004, les ouvrages ont été abandonnés, mal utilisés… Un échec catastrophique écologiquement et économiquement, car beaucoup d’argent public a été investi sans que cela la population en tire un quelconque bénéfice. Cela pèse encore aujourd’hui sur la fiscalité grecque, le coût est amorti sur plusieurs générations, c’est énorme. Athènes est le contre-exemple, mais Londres est une réussite, le quartier olympique est devenu un vrai quartier, Barcelone aussi.

Et pour Paris ?

A.J. : J’ai le sentiment que la France a évité tous ces travers. Les organisateurs ont réalisé très peu de nouveaux ouvrages et ont tiré parti de l’existant, en profitant de cet événement pour rénover les équipements et enrichir l’offre là où la population en avait le plus besoin, en Seine-Saint-Denis (notamment avec le centre aquatique olympique de Saint-Denis).
Dans notre projet, nous avons véritablement pensé la réversibilité dans tous ses aspects, y compris au niveau des parkings. Quel sera l’usage de la voiture dans 20, 30, 50 ans ? Impossible de le prédire… Il nous fallait donc rendre les parkings en sous-sol facilement mutables, notamment en permettant que la lumière naturelle y pénètre grâce à un système de trémie (*).

En quoi ce nouveau quartier de ville que vous avez contribué à faire naître préfigure-t-il la ville de demain ?

A.J. : Les logements, tout d’abord, sont particulièrement qualitatifs et résilients face au changement climatique. Ils sont conçus pour apporter un confort d’été, sans climatisation. Ils sont donc tous très bien orientés et traversants, dotés de façades extrêmement étanches, de fenêtres isolantes : on peut capter la fraîcheur nocturne et l’enfermer pendant la journée pour rafraîchir les appartements. Autre détail important, les hauteurs sous plafond. Avec le système de poteaux poutres en bois, pour le bâtiment R+ 5, on obtient une hauteur de 2 m 70, 2 m 80, au lieu des 2 m 50 habituels avec un bâtiment en béton. Cela donne une impression de plus grande générosité, de confort. Même dans une chambre de 11 m 2, on respire… Mais de surcroît, ce n’est pas neutre en termes de confort d’été. C’est bien connu, l’air chaud monte. Plus le plafond est haut, plus le tapis d’air chaud est loin de nos têtes ! Là aussi, c’est une question de bon sens, et un savoir ancestral. Dans les pays chauds et humides, les hauteurs sous plafonds sont généreuses, justement pour gagner quelques degrés en moins…

Qu’est-ce qui a été prévu d’un point de vue paysager ?

A.J. : Pour réaliser ce projet, nous étions associés à l’atelier Georges, architecte et paysagiste. Pour une meilleure résilience face au réchauffement climatique, leur projet mise sur la climatisation naturelle via la végétation, grâce à des strates successives qui vont de la prairie sauvage, au jardin vertical et suspendu, en passant par des jardins comestibles.
En combinant cet effet avec des astuces architecturales, comme les panneaux photovoltaïques orientés de façon à faire de l’ombre, nous parvenons à rendre ce morceau de ville agréable en période de fortes chaleurs, sans faire appel à la climatisation.

Le Village des Athlètes se voulait démonstrateur de la réversibilité et de la ville durable. Pensez-vous qu’il a relevé le pari ?

A.J. : Il a incontestablement marqué un tournant majeur de bascule, de bifurcation dans la manière de concevoir les villes, en mettant l’accent sur la décarbonation, la frugalité, la résilience. Depuis, tous les projets que nous menons vont dans ce sens. Nous sommes urbanistes du quartier Confluence à Lyon, et nous réutilisons les techniques développées pour le Village des Athlètes. Partout, le béton bas carbone se généralise, le recours au bois, également. Ce projet a démontré la faisabilité de ces nouvelles approches de la construction et il a joué un rôle important dans la structuration de la filière bois. 80% du bois structurel du projet provient des forêts françaises…

*trémie : une espace libre créé entre deux étages permettant de laisser passer la lumière naturelle.

CDC Habitat, au travers de son GIE Grand Paris Habitat, réalise actuellement plusieurs opérations de densification sur son patrimoine francilien. L’occasion de renforcer l’offre locative, notamment sociale, tout en limitant l’impact sur le foncier.

Densifier l’habitat, un enjeu majeur d’aujourd’hui

Le déploiement de l’objectif « zéro artificialisation nette » de la Loi Climat & Résilience ressemble parfois à un véritable casse-tête en Île-de-France. Le territoire, déjà fortement urbanisé, continue en effet de connaître une dynamique démographique et économique telle que les objectifs de construction de logements ou d’accueil d’activités économiques semblent assez peu compatibles avec cette injonction à la sobriété foncière. Pourtant, il existe au sein du patrimoine déjà existant des opportunités de renforcement de l’offre par densification que CDC Habitat s’efforce de saisir.

Surélévation de 7 immeubles : à Belleville, Grand Paris Habitat prend de la hauteur


La résidence « Les Toits de Belleville » dans le 20e arrondissement de Paris est l’un des sites identifiés dans le cadre de cette démarche. Grand Paris Habitat a en effet profité de la rénovation, notamment thermique, des 364 logements pour venir réaliser en surélévation 44 nouveaux logements – 33 en locatif intermédiaire et 11 en locatif social. Chacun des 7 immeubles de la résidence accueille désormais entre 1 et 4 nouveaux étages, tous réalisés en bois et sur chape sèche pour une question de poids et de stabilité de l’ensemble.

« Nous avons mené dans un premier temps le volet réhabilitation de l’existant avant de démarrer les différents chantiers de surélévation », explique Béatrice Rozenstheim, responsable de programmes chez Grand Paris Habitat. « Chaque immeuble ayant ses propres spécificités techniques et ses contraintes, nous menons les phases les unes après les autres en essayant de limiter les nuisances pour les occupants puisque l’ensemble des travaux sont réalisés en site occupé ».

Construction sur dalle : attention au poids


Autre projet de densification, à Sannois (95), où la grande dalle surplombant le parking souterrain de la résidence Bel-Air accueille désormais un immeuble réalisé entièrement en modulaire bois 2D. Ce très beau bâtiment en R+2 dont la réception est prévue pour la fin du printemps propose 27 logements sociaux qui viendront renforcer l’offre locative sociale de la ville. « Ce grand espace inoccupé nous a semblé particulièrement adapté car il donnait directement sur la rue et n’avait aucun usage fixe », souligne Anne-Lise Rozier, responsable du programme. « Le bois étant un matériau beaucoup plus léger que le béton, il est apparu comme étant une bonne solution pour la stabilité de la structure et du parking en-dessous ».

Un soin particulier a été porté à la conception du cheminement entre le nouveau bâtiment et la résidence voisine afin d’intégrer encore plus ce programme dans le quartier et atténuer le côté « densification » qui peut parfois inquiéter les riverains.


La maîtrise d’ouvrage directe : l’atout de Grand Paris Habitat

Ces deux projets de densification ont été portés en maîtrise d’ouvrage directe (MOD) par Grand Paris Habitat. Si le Groupe CDC Habitat a depuis quelques années fait le choix de renforcer le nombre de projets portés en MOD, ces programmes aux multiples contraintes techniques se prêtent sans doute plus que d’autres à cette approche. « Cela nous permet d’avoir la main sur la plupart des paramètres du projet et de poser nos exigences », précise Anne-Lise Rozier. « Le choix du modulaire bois nous a permis d’avoir une solution préfabriquée en usine rapide à déployer sur site, et donc de limiter le temps de travaux et les nuisances tout en ayant un chantier plus propre ».

A Belleville, plusieurs ajustements techniques ont dû être effectués pour surélever les immeubles, qu’il s’agisse de prolonger les cages d’ascenseurs dans les nouveaux étages ou de caler les nouveaux réseaux sur les réseaux existants. Ce projet mélangeant un volet réhabilitation et un volet construction neuve, Grand Paris Habitat a également pu équilibrer l’opération sans avoir à répercuter les coûts des travaux de rénovation sur les loyers. « Les questions de densification sont complexes car on vient rajouter de l’habitat sur de l’habitat », conclut Béatrice Rozenstheim. « En travaillant en MOD, nous avons une meilleure vue d’ensemble et une maîtrise plus précise des différents volets – technique comme financier ».

Lancée en 2020 avec 6 agences pilotes, la démarche « Culture clients » poursuit son déploiement chez CDC Habitat avec un objectif : renforcer et fluidifier la relation avec les locataires pour mieux les accompagner dans leur parcours et améliorer leur satisfaction.

Un engagement, trois attitudes et sept moments-clés pour une expérience clients renforcée : menée depuis trois ans dans toute la France par les équipes de la Direction service client Groupe, la démarche Culture clients continue son déploiement. La Direction Interrégionale Auvergne-Rhône-Alpes a ainsi décidé de placer l’ensemble de ses agences dans cette dynamique pour un fonctionnement harmonisé et une culture commune de la relation clients sur l’ensemble du réseau.

« La réflexion menée depuis 2020 visait à poser un socle de repères communs pour l’ensemble des agences en matière de relation, de service et de satisfaction client », explique Marie Kucheida, chargée de la coordination de la relation clients chez CDC Habitat. « Si l’engagement au quotidien de nos équipes est de mieux répondre aux besoins de nos locataires et de les accompagner tout au long de leur parcours, il est important de travailler sur notre posture en terme de relation clients, sur la base de 3 attitudes clés choisies avec les collaborateurs : l’empathie, la réactivité et l’implication. ».

Une méthode globale adaptée localement

Ces trois attitudes, CDC Habitat entend les décliner à chaque étape de la relation clients et de la vie du bail – de la visite du logement, jusqu’à sa sortie. Les agences pilotes du projet ont ainsi réfléchi aux moments-clés de la relation client et ont identifié 7 situations clients que rencontrent régulièrement les équipes et qui sont à fort enjeu de satisfaction pour nos clients.

« L’idée n’est pas de donner de nouveaux process à appliquer aux agences mais bien de leur permettre de construire collectivement leur propre projet d’équipe à partir de ces éléments communs », reprend Marie Kucheida. « Chaque agence va choisir le ou les moments-clés qu’elle souhaite approfondir, selon son patrimoine, les profils de ses clients, les dynamiques locales en place… C’est un projet conçu et piloté au niveau national et qui se déploie avec adaptabilité pour bien prendre en compte l’identité de l’agence et la réalité du terrain ».

Les agences ont bénéficié d’une formation en deux temps portée par l’Académie du Service afin de s’approprier pleinement la démarche, avec une première journée pour découvrir la Culture clients dans d’autres secteurs que celui de l’habitat comme l’hôtellerie ou le transport pour aider à la sensibilisation, et une seconde journée dédiée à la construction du projet d’équipe et du plan d’actions. « Chaque agence a choisi ses propres moments-clés, avec des points communs comme les réclamations techniques mais aussi des spécificités locales, comme l’agence de Clermont-Ferrand qui a choisi de se pencher sur les troubles de voisinage », complète Béatrice Cazabat, Directrice régionale adjointe. « Toutes les agences n’avancent pas au même rythme mais on sent que petit à petit ça infuse, chacun apprend à prendre du recul sur son travail, que l’on soit chargé de clientèle, gardien ou responsable d’agence ».

Une démarche élargie insensiblement aux fonctions support

En plus du déploiement de la démarche à toutes les agences d’Auvergne-Rhône-Alpes, un travail a commencé auprès des fonctions support afin de sensibiliser à la Culture clients les métiers qui ne sont pas directement en contact avec les locataires. « Tout le monde doit se sentir concerné par cette démarche « d’aller vers » le locataire », reprend Béatrice Cazabat. « Si un maillon ne répond pas, c’est toute la chaîne qui est défaillante, et à l’inverse, si chacun remplit son rôle et est à l’écoute de l’autre, au final la satisfaction clients augmente. Il faut donc travailler sur la fluidification de la communication entre tous les métiers, savoir dire quand quelque chose ne va pas, mais aussi souligner et valoriser les gens quand les choses se passent bien ».

« La clé de la démarche Culture client est de s’appuyer sur un portage managérial et un projet local co-construit avec toute l’équipe de l’agence », précise Aurélie Flouret, responsable du service Expérience Clients. « Faciliter les partages d’expérience entre pairs est important pour développer la dynamique avec par exemple des séances d’accompagnement pendant les 6 mois suivants la formation, mais aussi au travers de rencontres réunissant différents métiers, ou un Guide des Bonnes Pratiques de la relation Clients ».

L’ensemble des travaux réalisés s’inscrivent dans le projet stratégique Impulse 2026 de CDC Habitat qui met la démarche Culture clients au cœur de ses priorités. Le Groupe a d’ailleurs travaillé avec ses agences de terrain et avec des locataires pour réaliser collectivement sa nouvelle Charte Qualité. « Celle-ci permet de de réaffirmer nos engagement en matière de qualité de services de façon plus lisible et cohérente avec nos enjeux actuels et notre démarche Culture clients », conclut Aurélie Flouret. « Cette nouvelle Charte Qualité sert aussi à partager une vision commune entre tous les collaborateurs de l’entreprise quant au niveau de services que nous visons et que nous contribuons tous, de près ou de loin, à délivrer aux clients ».

Tri des déchets, propreté, incivilités :
CDC Habitat expérimente plusieurs dispositifs de ‘nudge’ en Île-de-France
pour aider les locataires à adopter de meilleurs comportements.

Les bailleurs n’ont pas attendu que le terme de « vivre ensemble » s’impose dans le débat public pour chercher la meilleure manière de favoriser une cohabitation harmonieuse au sein de leur patrimoine. Au-delà de la qualité des logements, des résidences et plus largement du service apporté aux locataires, de nombreux sujets qui peuvent venir parasiter la vie collective et les relations de voisinage sont suivis de près – à l’instar des jets ou dépôts intempestifs de déchets qui font partie des sujets récurrents que les gestionnaires doivent traiter.

Entre 2019 et 2020, CDC Habitat a d’ailleurs piloté une étude interbailleurs autour de cette question et portant sur les 9 villes de Plaine Commune afin de comprendre les raisons qui pouvaient pousser les gens à se comporter de la sorte. « Il est ressorti de ce travail que de nombreux facteurs intervenaient et que les gens qui jettent leurs déchets n’importe où ne le font pas tous pour les mêmes raisons », précise Isabelle Cosyns, responsable du DSU (développement social urbain). «Il y a parfois une part de facilité, mais cela peut-être également pathologique. Certains savent clairement ce qu’ils font alors que d’autres ont simplement l’impression de bien faire et ne se posent même pas la question de changer leurs habitudes.»

Villejuif : des « nudges » pour changer ses habitudes

Le local poubelle de la résidence les Roses Rouges

Pour sensibiliser les locataires, plusieurs dispositifs sont actuellement déployés sur le terrain comme à Villejuif (94) où un système de « nudges » a été installé sur la résidence Les Roses Rouges. Derrière cet anglicisme se cache des dispositifs, technologiques ou non, dont le rôle est d’orienter les comportements des usagers, sous la forme d’une incitation discrète. En l’occurrence, les nudges installés ici consistent à « habiller » les poubelles ainsi que le chemin de la résidence au local avec des lumières qui indiquent si un bac est plein ou non, des mots d’encouragements…

Le dispositif fait partie d’une démarche plus large menée sur ce patrimoine en partenariat avec le cabinet NF Etudes afin de recréer du lien social en proximité. « Nous avons mené une enquête sur la résidence qui nous a permis de nous rendre compte que les gens ne se connaissent pas ou peu, et ne se parlent parfois que pour se crier dessus », reprend Marjorie Perrin. « Nous avons donc cherché comment recréer un esprit de grande famille et permettre aux gens de sortir de leur bulle ». Pour cela, les locataires ont notamment été invités à participer à un shooting photo dont les portraits réalisés ont été affichés sur la façade des tours de la résidence. Un tableau d’échange de services entre locataires a également été installé dans les halls d’entrée des résidences, ainsi qu’un planning des interventions (nettoyage, entretien de la VMC, espaces verts…).

Les portraits des locataires affichés sur la façade de la résidence les Roses Rouges

« Les nudges pour les poubelles est le dispositif qui fonctionne le mieux », affirme la responsable de secteur. « Nous avons moins de sacs laissés au sol, donc moins de nuisances pour les habitants et moins d’entretien pour les gardiens ».

Saint-Denis : transformer le paysage urbain pour changer les comportements

Sur la résidence Floréal de Saint-Denis (93), d’autres types de nudges sont expérimentés par CDC Habitat pour limiter les jets de déchets dans les pelouses et les buissons qui entourent le site. De grandes arches colorées ont été installées au pied des tours, juste en face des logements afin qu’elles soient visibles dès que l’on ouvre les fenêtres. Sur les arches, des messages ont été inscrits, reprenant des citations en plusieurs langues de locataires interrogés sur leur perception de ces déchets laissés à la vue de tous.

« Nous avons fait appel à une agence de design comportemental, Okoni pour imaginer ce dispositif temporaire et voir son impact sur les habitants », explique Isabelle Cosyns. « Les signes vont rester quelques semaines, puis être retirés afin de voir si cela influe sur le comportement des gens, puis être réinstallés à d’autres endroits pour faire d’autres tests et alterner les périodes avec et sans ». Chaque semaine, un comptage des jets est mené par Okoni, puis un nettoyage est systématiquement réalisé.

Ce travail s’inscrit dans la poursuite de l’étude interbailleurs menée sur Plaine Commune, puis étendue dans toute la France avec trois autres bailleurs, la RIVP sur Paris, Logirem sur Toulon, et Logis Méditerranée à Marseille. « Chacun a installé des dispositifs différents sur son patrimoine avec l’idée de partager les résultats obtenus au bout d’un an pour voir lesquels sont les plus efficaces », conclut Isabelle Cosyns.

Habitat et biodiversité sont fondamentalement liés et en grande partie interdépendants. Vous pensez qu’il n’est question que de planter quelques fleurs autour des bâtiments pour qu’habitat humain et biodiversité puissent poursuivre un bel avenir commun ? Le point sur le sujet, où l’on découvre que la biodiversité est loin d’être un enjeu anecdotique pour le secteur du logement en France.

Qu’est-ce que la biodiversité ?


La biodiversité désigne l’ensemble des êtres vivants, ainsi que les écosystèmes dans lesquels ils vivent, et les interactions entre eux et avec leurs milieux. Quand on parle de la préserver, il s’agit de préserver trois niveaux de diversité : la diversité des milieux de vie, la diversité des espèces qui y vivent et la diversité génétique des individus au sein de chaque espèce.


Pourquoi est-ce un enjeu en France ?

Selon l’IPBES*, 75 % environ de l’environnement terrestre a été « sévèrement altéré » par l’action humaine. Et la France ne fait malheureusement pas partie des espaces préservés :

  • avec plus de 1 300 espèces locales menacées, elle se situe parmi les dix pays du Monde qui en dénombre le plus ;
  • seulement 20 % des habitats naturels et 6 % des milieux humides naturels sont considérés par l’Office National de la Biodiversité comme étant dans un état « favorable » de conservation sur la période 2013-2018 ;
  • La surface des grands espaces de prairies permanentes a diminué de 7,9 % en France métropolitaine entre 2000 et 2010 ;
  • parmi les 35 « zones critiques » de la biodiversité répertoriées par les scientifiques, 5 se situent en France : dans le bassin méditerranéen, dans les îles des Caraïbes, en Polynésie, à Madagascar et en Nouvelle-Calédonie. Il s’agit de régions historiquement très riches (au moins 1 500 espèces endémiques répertoriées), qui sont aujourd’hui particulièrement menacées puisqu’elles ont perdu plus de 70 % de leur végétation d’origine.

Depuis 2004, la France a défini et publié sa Stratégie nationale pour la biodiversité. La dernière édition, issue d’une concertation de 18 mois, a été publiée à partir de mars 2022 – avec une mise à jour en novembre 2023 – et couvre la période 2022-2030. Pour la consulter : biodiversite.gouv.fr


En quoi l’habitat humain est-il concerné par la biodiversité ?


D’abord, l’habitat humain – comme les habitats des autres espèces – utilise la biodiversité et ses services « écosystémiques » : la qualité de l’air, l’oxygène et sa régénération naturelle, la fourniture de matières premières et de biomasse combustible, la fertilité des sols, l’écoulement et l’épuration naturelle de l’eau, les protections naturelles contre l’érosion ou les inondations, la qualité des paysages… On a calculé que la biodiversité fournissait en biens et en services près de deux fois la valeur de ce que produisent les humains chaque année.

Ensuite, et paradoxalement, l’habitat humain détruit la biodiversité, en contribuant aux cinq « pressions » identifiées par l’IPBES* :


1 – Le changement d’usage des terres et la destruction des habitats de la faune et de la flore locale. Entre 2009 et 2022, l’habitat en France représente ainsi plus de 63 % des espaces agricoles naturels et forestiers « consommés » ou « artificialisés ». Outre la destruction des milieux, ceux-ci sont aussi fragmentés par les ensembles urbains, créant des obstacles à la circulation et à la survie des espèces ;


2 – L’exploitation de ressources naturelles, en particulier l’eau et les granulats (sable et graviers), qui sont les deux ressources mondiales naturelles les plus utilisées par l’homme depuis l’invention du béton. 40 à 50 milliards de tonnes de sable sont ainsi utilisées chaque année dans le monde pour la construction, soit 18 kg par être humain et par jour ! Au-delà de la construction, la production d’énergie et la consommation d’eau sont aussi directement liées aux consommations quotidiennes des bâtiments résidentiels pour le chauffage et les sanitaires ;


3 – Le changement climatique, auquel les logements contribuent par leurs émissions de CO2 (l’usage des bâtiments résidentiels représentant 18 % des émissions totales en France), ainsi que par des facteurs d’aggravation des risques climatiques : la progression des îlots de chaleur (les bâtiments, les routes et l’activité humaine des zones habitées générant des hausses de température le jour et empêchant le refroidissement la nuit) ou la construction sur les zones inondables (prairie humides, marais, mares) ;


4 – Les pollutions, à la fois atmosphérique (rejet de substances créant des pics d’ozone), aquatique (rejet des eaux usées et des eaux dites « grises » issues des éviers, douches, baignoires et lavabos…) mais aussi sonore et lumineuse. Ces pollutions, aussi bien pendant les phases de construction que d’usage des logements, dérèglent considérablement les rythmes biologiques des espèces vivantes et leur capacité à respirer, dormir, s’accoupler, etc.


5 – Le développement des espèces exotiques envahissantes, importées par le transport de terres meubles ou pour l’aménagement des parcs et jardins… qui peuvent aller jusqu’à remplacer les espèces locales et déséquilibrer des écosystèmes entiers.


Comment le secteur du logement peut-il préserver et favoriser la biodiversité ?


A l’échelle des acteurs du logement, il s’agit surtout d’agir dès la phase de construction, et sur toutes les phases du cycle de vie des résidences, pour :

  • privilégier la rénovation, afin de consommer à la fois moins de surface et moins de matériaux,
  • optimiser les espaces en favorisant la mutualisation et les espaces collectifs ou partagés,
  • réaliser un diagnostic écologique approfondi avec des écologues en amont de chaque projet, afin d’identifier les risques pour la biodiversité et de prendre les mesures nécessaires, en tenant compte des spécificités du territoire,
  • développer la végétalisation, du territoire à la parcelle, afin de multiplier les habitats pour la faune et la flore, de faciliter l’infiltration des eaux de pluies pour nourrir les sols, d’apporter de la fraîcheur et de créer des espaces accueillants et récréatifs pour les habitants,
  • favoriser le réemploi, la réutilisation, les matériaux recyclés et biosourcés, afin de limiter les émissions de CO2 et la consommation de ressources naturelles,
  • réduire l’impact des chantiers en protégeant les espaces sensibles et en minimisant les pollutions.

A l’échelle des villes et des territoires, il s’agit plus largement de :

  • limiter voire réduire l’étalement urbain et l’artificialisation des sols en faisant revivre les centre-ville, en développant le recyclage foncier, en réhabilitant des quartiers ayant perdu attractivité et fréquentation…,
  • diminuer les pollutions de l’air, de l’eau, ainsi que les pollutions sonores et lumineuses par des choix d’aménagement urbain novateurs.

82 % de projets de construction à impact nul ou faible sur l’étalement urbain en 2022

100 % de contrat de gestion durable des espaces verts dans nos ensembles locatifs en 2025

292 500 m2 de nature restaurée entre 2016 et 2023


Et à l’échelle de CDC Habitat, que fait-on pour la biodiversité ?

CDC Habitat a défini et poursuivi une stratégie dédiée à la biodiversité depuis 2015, basée sur le tryptique Éviter, Réduire et Compenser.
Sur le volet Éviter, il s’agit de limiter la destruction directe des espaces naturels dans les projets de construction neuve, grâce à la mise en place en 2016 d’un indicateur de « maîtrise de l’étalement urbain », présenté en Comité d’engagement. En 2022, 82 % des projets menés avaient un impact évalué comme nul ou faible en matière d’étalement urbain.


Sur le volet Réduire, il s’agit de préserver et améliorer la biodiversité dans les espaces extérieurs, grâce au déploiement d’un contrat de gestion durable signé avec les prestataires qui les entretiennent. Ce contrat prévoit de définir des modes d’entretien tenant compte des usages du site et des spécificités de la faune et de la flore locale. D’ici 2025, 100 % des contrats en cours suivront un modèle de gestion durable. Il s’agit aussi de multiplier les diagnostics écologiques en amont des projets de construction, mais aussi de réhabilitation et de gestion locative. En complément, un projet de gestion des eaux grises est en cours de développement, consistant à récupérer et traiter les eaux ménagères légères pour les utiliser ensuite en arrosage.


Sur le volet Compenser, il s’agit de mener des actions de restauration écologique sur le territoire français, grâce à un engagement depuis 2016 dans le programme Nature 2050. Entre 2016 et 2023, le Groupe a ainsi participé à la restauration de 292 500 m2 de nature.

* L’IPBES est la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques, fondée par l’Organisation des Nations Unies.

Sources

  • Rencontre avec Elodie Espeout, responsable Stratégie environnementale, direction du Patrimoine de CDC Habitat, décembre 2023
  • Site de l’Office français de la biodiversité, ofb.gouv.fr, déc. 2023
  • Site du Service public français d’information sur la biodiversité, naturefrance.fr, déc. 2023
  • Site du ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, ecologie.gouv.fr, déc. 2023

Compte tenu de l’urgence climatique, la réduction des émissions de CO2 – ou « décarbonation » – est un sujet abordé par les acteurs de tous les secteurs économiques. Le groupe CDC Habitat a d’ailleurs créé en 2023 sa « Mission Décarbonation » pour coordonner et accélérer ses actions en la matière. Mais au-delà des intentions, pourquoi et comment réaliser concrètement la décarbonation du secteur du logement ?

Pourquoi faut-il décarboner l’habitat ?

Le bâtiment représente aujourd’hui 25 % des émissions de gaz à effet de serre en France, et 18 % si l’on exclut la phase de construction. L’habitat (ou bâtiment « résidentiel », par opposition au bâtiment tertiaire) en cours d’exploitation représente pour sa part environ 10 % des émissions totales… soit 48 millions de tonnes de CO2 annuelles. Trouver les moyens les plus rapides, efficaces et massifs pour réduire les émissions de CO2 des habitations, tout en continuant d’accroître la surface totale de logements pour répondre à la demande, est donc un enjeu considérable pour notre pays.

Cet objectif est d’ailleurs encadré par la Stratégie nationale bas-carbone, qui vise « zéro émissions nettes » de CO2 pour l’ensemble du parc immobilier national en 2050. Elle prévoit aussi de réduire les émissions directes du secteur de 60 % d’ici 2030 et d’éliminer les énergies fossiles dans le bâtiment d’ici 2040.

Quels sont les sources d’émissions de carbone les plus importantes ?

D’abord, il faut savoir que les émissions de carbone pendant la phase d’exploitation (ou d’usage) des bâtiments sont deux fois plus importantes que pendant les phases de construction et de rénovation.

Ensuite, que ce soit pour les logements individuels ou collectifs, les postes les plus émetteurs de CO2 sont le chauffage et la consommation d’eau chaude sanitaire. La décarbonation de l’habitat a donc un lien avec et un impact important sur la gestion de l’énergie et du système électrique au niveau national.

Que peut-on faire pour décarboner l’habitat
français ?

État, collectivités, constructeurs, bailleurs, citoyens locataires ou propriétaires… chacun peut jouer son rôle – à sa mesure bien sûr –, pour contribuer à la décarbonation de l’habitat. Voici les principaux leviers d’action :

Amplifier et massifier la rénovation des bâtiments, pour réduire les consommations d’énergie et adapter les logements au changement climatique : renforcer l’isolation, la ventilation, la protection solaire (persiennes, toits végétalisés, etc.), les dispositifs de rafraîchissement efficaces et moins énergivores que les climatisations individuelles…

Décarboner la production et la préservation de chaleur des habitations, c’est-à-dire concrètement remplacer les chaudières à énergie fossile (fioul ou gaz, encore nombreuses en France) par des pompes à chaleur ou un raccordement à un réseau de chaleur urbain (utilisant généralement des sources d’énergie décarbonées). Il s’agit aussi plus largement de développer les filières de production d’isolants et de matériaux biosourcés (à base de bois, chanvre, laine, liège, lin…), de déployer la production d’énergies renouvelables (éolien, solaire, biogaz), ainsi que les réseaux de chaleur urbains sur l’ensemble du territoire ;

Maîtriser la construction en régulant la croissance de la surface totale des logements et en développant l’utilisation de matériaux biosourcés ;

Développer les actions de sobriété et d’efficacité énergétiques : ajustement des durées et/ou des températures de chauffe, entretien des chaudières, pilotage précis des bâtiments…

Comment mesure-t-on la décarbonation des
logements ?

À l’échelle d’un secteur, d’un territoire ou d’une entreprise, on mesure la décarbonation à travers le « Bilan carbone », qui fait état de la variation du poids des émissions (en tonnes équivalent CO2) sur 3 périmètres appelés scopes :

scope 1 = les émissions directes lors de la construction, de la rénovation et de l’exploitation des logements

scope 2 = les émissions indirectes incluant l’approvisionnement et le transport des matériaux

scope 3 = les émissions indirectes incluant la production des matériaux eux-mêmes.

À l’échelle d’un logement ou d’un parc de logements existant, un indicateur très pratique a été mis en place en 2006 – et réformé en 2021 pour devenir juridiquement opposable et non plus seulement informatif : le diagnostic de performance énergétique ou « DPE ». Celui-ci mesure précisément la consommation d’énergie par m2 pour le chauffage, l’eau chaude sanitaire, l’éclairage, la ventilation et/ou la climatisation. L’évolution d’un logement ou d’un parc de logements des étiquettes E, F ou G vers des étiquettes A, B ou C mesure donc très concrètement la décarbonation de l’habitat.

Où en est-on aujourd’hui et quels sont les objectifs de CDC Habitat ?

Entre 1990 et 2021, les émissions de carbone par habitant, tous secteurs confondus, ont diminué en France de 23,1 %. Le secteur du bâtiment, dont le logement, a aussi réalisé des progrès significatifs, mais à un rythme encore en-deçà des objectifs nationaux. Le poids total des émissions entre 2015 et 2018 dépasse ainsi de 16 % celui de la première trajectoire de la Stratégie nationale bas-carbone. Ceci s’explique notamment par la concurrence entre deux évolutions simultanées : les efforts de décarbonation et les efforts de construction, qui font croître l’espace global à chauffer.

Le groupe CDC Habitat se fixe des objectifs rigoureux pour l’avenir de son parc de logements et de son fonctionnement, en ligne avec la stratégie nationale :

  • zéro émission nette en 2050 ;
  • une émission moyenne de 15 kg de CO2 par m2 et par an en 2030 ;
  • l’éradication des étiquettes énergétiques G et F d’ici 2025 et E d’ici 2032.

CDC Habitat va mener dans les prochains mois de nouvelles actions à Taverny (95) et à Sarcelles (95) afin de renforcer la tranquillité résidentielle de certains sites. Une démarche portée localement avec les communes et l’ensemble des acteurs régaliens.

Comment éliminer sur le long-terme les nuisances et les phénomènes d’insécurité résidentielle, et donc garantir la tranquillité des locataires, notamment dans les quartiers prioritaires de la ville ?

Si la direction interrégionale Île-de-France mène tout au long de l’année de nombreuses actions sur son patrimoine, la persistance de certains phénomènes sur des sites où une démarche de sécurisation a déjà été engagée interroge forcément. Bien décidé à ne pas laisser ces situations s’installer, le Groupe a choisi de renforcer les dispositifs et d’intensifier son intervention sur plusieurs résidences répertoriées comme « très sensibles » dans sa cartographie interne des sites prioritaires.

Les deux sites sélectionnés pour cette expérimentation sont la résidence Les Pins de Taverny (95) et les 6 résidences des Sablons à Sarcelles. Dans les deux cas, des diagnostics complémentaires de sûreté et de prévention situationnelle ont été menés à partir de janvier 2023 par le cabinet Suretis afin de permettre au bailleur et à l’ensemble des parties prenantes locales (élus, police locale et nationale, préfecture, procureur…) de travailler main dans la main pour améliorer le quotidien des habitants.

« L’objectif de notre démarche est de partir de ce qui a déjà été fait, des résultats déjà obtenus et des problèmes qui persistent encore afin d’adapter notre approche. Nous avons choisi de faire ce travail sur deux communes du Val d’Oise, Sarcelles et Taverny, où nous avons de bons partenariats avec les élus et les acteurs locaux, avec une convention police/justice/bailleur particulièrement efficace.
Les diagnostics réalisés par le Cabinet Suretis portent à la fois sur les résidences en elles-mêmes et sur leur environnement proche : ils sont accompagnés d’un certain nombre de recommandations d’ordre technique ou organisationnel que nous allons déployer dans les prochains mois afin d’améliorer la situation. Côté technique, nous allons notamment fermer les gaines techniques qui servent de zone de stockage aux trafiquants, changer certains portillons, renforcer la vidéosurveillance, poser des grillages pour limiter l’accès au toit… Des agents de sécurité patrouilleront pendant toute la durée des travaux pour que les entreprises ne soient pas dérangées et pour éviter tout vol de matériel. En parallèle, nous avons échangé avec la police locale et nationale pour voir ce que nous pouvions faire pour faciliter leurs interventions sur site, comme changer les vitres teintées de certains halls d’entrée…
L’idée est de faire tous les changements en même temps pour créer un électrochoc et envoyer un signal fort aux fauteurs de trouble comme aux résidents. Nous voulons que ces derniers puissent retrouver la tranquillité et se réapproprient les parties communes. Et pour aller plus loin, notre service contentieux travaille sur Taverny sur des actions contentieuses dans le but d’engager des procédures contre les auteurs de troubles à la tranquillité résidentielle. Au total, nous allons mobiliser 600 000 euros sur ces deux opérations qui bénéficieront d’un suivi dans le temps long »
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Romane Jourdas, responsable sécurité CDC Habitat Île-de-France


« La Municipalité, que j’ai l’honneur de conduire, a fait de l’habitat digne et de la rénovation de son parc social une priorité absolue. Au-delà du volet bâti à proprement parler, nous avons choisi de nous saisir de la question de la sécurité résidentielle qui est, à nos yeux, un pilier essentiel du confort de vie que l’on se doit d’offrir aux habitants de Taverny, quel que soit le quartier de la ville où ils résident. L’un des principaux sites sur lesquels nous concentrons nos efforts est la résidence des Pins, qui malgré sa métamorphose continue depuis 2018, est le théâtre de nombreuses difficultés, que je ne tolère plus : squats, tapages, dégradations, regroupements, nuisances, violences diverses…
Le bailleur social CDC Habitat a déjà investi plus de 12 millions d’euros il y a quelques années pour réhabiliter la résidence (logements et espaces communs intérieurs et extérieurs), mais les bénéfices de ces travaux sont mis à mal par une poignée d’individus bien connus de nos services et des forces de l’ordre. Tous les systèmes de vidéo-protection installés ont été détruits, les parties communes sont régulièrement dégradées…
Nous avons essayé beaucoup de choses avec ces individus : le dialogue, la médiation, les avertissements – mais rien n’a fonctionné. Nous avons donc décidé de passer à la vitesse supérieure en travaillant de concert avec CDC Habitat sur l’expulsion des familles. Ce sont des procédures évidemment très encadrées, qui sont portées juridiquement par le bailleur, mais pour lesquelles nous mettons à disposition les informations en notre possession pour constituer des dossiers de contentieux solides. Le conseil local de sécurité, de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CLSPDR) créé en 2022 à Taverny, suit de près la démarche : c’est un travail partenarial où tous les acteurs parlent d’une même voix – la municipalité, le bailleur, la préfecture, la justice. Les locataires payent un loyer et aspirent à la tranquillité, à la sécurité et au droit de vivre dignement ».

Florence Portelli, maire de Taverny


« Les correspondants sûreté de la circonscription de police nationale d’Ermont-Taverny ont été conviés par CDC Habitat et la mairie de Taverny à faire le tour du quartier des Pins pour apporter, grâce à leur expertise, des conseils « sécurité/sûreté » sur les nouveaux aménagements qui pourraient être envisagés. Nous nous sommes penchés sur de nombreux sujets comme l’occupation abusive des parties communes d’immeubles : face à cette problématique, le bailleur pourra entreprendre des travaux de sécurisation des accès, ou organiser des opérations de communication à destination des habitants. La police nationale et la police municipale pourront augmenter leur présence, en organisant le cas échéant des opérations régulières de contrôle et de visites des parties communes. D’autres initiatives pourront également être mises en œuvre avec la mise en place d’agents de sécurité de façon ponctuelle ou encore l’installation de caméras de vidéoprotection.
Tout cela vise à renforcer le travail que nous menons déjà quotidiennement avec les bailleurs, qu’il s’agisse des échanges directs entre nos effectifs de voie publique et les gardiens des différentes résidences, de la remontée normée des « fiches incidents » auprès de notre référent « bailleur », ou encore de la participation aux réunions des groupes de partenariat opérationnel (GPO). Ces groupes ont pour objectif de traiter les problèmes exprimés par la population et/ou les bailleurs, de les partager et de les confronter avec ceux identifiés par nos services afin d’élaborer, dans une démarche collective et partenariale, des actions concrètes à mener collégialement pour les traiter.
De par leur rôle au cœur des quartiers, les bailleurs comme CDC Habitat occupent une position stratégique dans le dispositif de sécurité du quotidien. Ils observent et connaissent les problématiques de troubles de jouissance et de tranquillité publique. Et de fait, ils participent activement à la prévention de la délinquance, à l’amélioration de la tranquillité publique et à la lutte contre les incivilités »
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Yann Drouet, commissaire divisionnaire, chef de la circonscription d’Ermont,
direction départementale de la sécurité publique du Val d’Oise