Des résultats à la hauteur des engagements du Groupe

Le 30 mars 2026, Clément Lecuivre a pris ses fonctions de président du directoire de CDC Habitat, après avoir été directeur général du Groupe. À l’occasion de sa nomination, il revient sur les résultats de l’année 2025 et projette le Groupe vers l’avenir et les enjeux auxquels il devra répondre.

Quel bilan faites-vous de l’année qui vient de s’écouler ?

En 2025, le groupe CDC Habitat a été au rendez-vous des objectifs qu’il s’était fixé aussi bien en termes de volume d’activité que de trajectoire environnementale. Cela est d’autant plus remarquable dans le contexte compliqué et incertain qui est le nôtre et je tiens à saluer ici Anne-Sophie Grave, qui a insufflé un grand dynamisme et modernisé le Groupe durant son mandat.

20 000 logements ont été livrés et 20 000 autres mis en chantier, une performance que nous maintenons depuis trois ans. 10 600 logements ont été lancés en réhabilitation pour 750 millions d’euros d’investissement, un effort considérable porté notamment par nos filiales en Outre-mer et par Maisons & Cités, pleinement engagées dans l’amélioration de leur parc ancien.

Adoma continue de renforcer son offre de logements accompagnés et d’hébergement, avec la livraison de plus de 3 000 logements au sein de résidences sociales, pensions de famille, résidences pour jeunes actifs ou dispositifs dédiés à l’hébergement. Nous avons significativement augmenté notre production de logement social avec 13 400 logements sociaux mis en chantier en 2025, soit une progression de 2 600 logements par rapport à 2024. Nous poursuivons ainsi notre mission et nos engagements d’opérateur global de l’habitat qui sont de maintenir de hauts niveaux de production et de diversifier l’offre, afin de répondre aux besoins.

2025, c’est aussi la transformation du Village des Athlètes en Seine-Saint-Denis. L’ensemble des 1 500 logements portés par le Groupe a été livré et la commercialisation des logements engagée depuis l’automne. Par ailleurs, les premiers logements du projet Parcs en scène à Orly et Thiais sont sortis de terre. Ce sont deux projets emblématiques de recyclage foncier, qui illustrent parfaitement notre stratégie volontariste en matière de sobriété foncière.
Nous pouvons également nous réjouir des 2 nouveaux partenariats signés dans le cadre du réseau CDC Habitat Partenaires, avec Lille Métropole Habitat et Cannes Pays de Lérins pour soutenir leur développement et la rénovation de leur parc.
Enfin, malgré les tensions en termes d’investissement sur l’immobilier résidentiel, nous pouvons saluer le closing du nouveau fonds de logement intermédiaire (FLI III) réalisé par AMPERE Gestion. La gestion pour compte de tiers reste un levier important de développement pour CDC Habitat, notamment pour garantir l’offre de logements intermédiaires.

« Nous avons le soutien de notre actionnaire qui, en 2025, a renforcé notre capacité d’investissement par une augmentation de capital afin de nous permettre d’accélérer la production de logements sociaux. »

En matière climatique, vous l’avez évoqué, le groupe CDC Habitat tient ses objectifs. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Nos objectifs d’amélioration de la performance environnementale de notre parc et de réduction des émissions de gaz à effet de serre sont en effet tenus. Nous disposons désormais d’un bilan carbone, point de référence sur un périmètre incluant CDC Habitat, CDC Habitat social, La Sainte-Barbe, AMPERE Gestion, Adoma et les 8 sociétés d’Outre-mer. Cela va nous permettre de renforcer le pilotage de notre trajectoire de décarbonation avec l’objectif de zéro émission nette en 2050.

Année après année, nous parvenons à respecter les engagements de notre plan stratégique climat. Nous construisons bien sûr des logements neufs aux meilleurs standards environnementaux, nous privilégions le recyclage foncier, mais le volet le plus immédiat sur lequel nous pouvons agir, c’est le patrimoine existant. Nous intégrons l’adaptation au changement climatique dans les travaux de réhabilitation pour améliorer les conditions de vie des locataires et sécuriser notre patrimoine sur le long terme. Nous décarbonons l’énergie utilisée dans notre parc et améliorons la performance énergétique, ce qui contribue également à réduire le montant des charges pour les locataires. Nous travaillons aussi sur le cycle de l’eau à l’échelle des résidences ou encore à la création d’îlots de fraîcheur. Les solutions mises en œuvre dans les départements d’Outre-mer – aux avant-postes du changement climatique – sont progressivement déclinées dans l’Hexagone, notamment au sein des territoires les plus à risque.

Au-delà du climat, quels sont les autres défis auxquels CDC Habitat est confronté ?

Le premier défi est économique. La crise de l’offre et de la demande de logements est persistante, le contexte reste tendu, et nous devons impérativement maintenir de hauts niveaux de production. Ensuite, nous devons relever le défi de la transition démographique. Nous participons ainsi activement à renforcer l’offre de logements étudiants, notamment dans le cadre du programme AGILE (Agir pour le logement étudiant) de la Banque des Territoires qui vise la production de 75 000 logements en cinq ans. Une belle réussite à noter en 2025 : nous avons été retenus pour le projet Seinergy de requalification d’un site tertiaire (Paris 13e) en résidence étudiante. Nous allons reconvertir 11 000 m2 de bureaux en 438 chambres – ce qui s’inscrit pleinement dans notre démarche de réversibilité et respecte la réglementation zéro artificialisation nette.

Plus globalement, nous répondons aux défis sociétaux en proposant des habitats adaptés aux différents moments de vie et en développant le parcours résidentiel. Nous menons des expérimentations sur la modularité des logements pour mieux accueillir les familles monoparentales par exemple, nous adaptons notre parc pour que les locataires âgés puissent rester chez eux le plus longtemps possible, en s’inspirant notamment des travaux de notre filiale La Sainte-Barbe, et nous développons l’accession à la propriété, avec notamment la cession des premiers logements intermédiaires en 2026.

Intrinsèquement, CDC Habitat contribue au développement des territoires. Comment travaillez-vous avec les collectivités ?

Nous intervenons dans les territoires pour répondre aux priorités des maires et des collectivités en cohérence avec nos projets de territoires. 2026 est une année d’élections municipales, et de ce fait une année importante pour nous. Elle coïncide avec le début de mon mandat, la conception de notre nouveau plan stratégique et la révision de nos projets de territoires. Grâce à une approche partagée avec les élus, nous continuerons d’apporter des solutions adaptées aux besoins.

Par ailleurs, nous sommes historiquement très impliqués dans les programmes de renouvellement urbain. CDC Habitat est engagé dans 59 programmes Anru en Hexagone et en Outre-mer, comme par exemple en Guadeloupe, à Pointe-à-Pitre, dans le cadre du projet « Réinventons Lapwent » qui prévoit de construire et de réhabiliter plus de 1 600 logements d’ici 2035.

Nous poursuivons également le plan de requalification des copropriétés dégradées. Notre expertise sur cette problématique particulière et complexe est aujourd’hui reconnue. Nous intervenons sur 11 des 17 sites nationaux prioritaires, soit plus d’une trentaine de copropriétés.

Ces dernières années, le Groupe a beaucoup œuvré pour renforcer la qualité de service et la satisfaction de ses locataires et résidents. Quelle est aujourd’hui votre ambition en matière de relations clients ?

Depuis 2021, le Groupe a en effet engagé un important travail sur l’amélioration de la qualité de service. En 2025, nous avons pu mesurer de manière tangible les résultats des actions engagées. Nous nous étions fixés pour objectif un taux de satisfaction global des locataires de 80 %. Cet objectif est atteint quasiment partout avec parfois même 90 % de satisfaction. Nous allons poursuivre nos efforts pour les années à venir, avec pour ambition de devenir la référence en matière de qualité de service dans le secteur de l’habitat. Nous pouvons notamment progresser encore sur le traitement des réclamations, les délais de réponse et d’intervention. Et l’intelligence artificielle peut nous y aider.

« Nous allons poursuivre nos efforts en termes de relations clients, avec pour ambition de devenir la référence en matière de qualité de service dans le secteur de l’habitat. »

Où en est justement le Groupe dans le déploiement de l’IA ?

En 2025, nous avons accéléré le déploiement de l’IA au service des métiers, des clients et des équipes. Nous avons établi notre feuille de route et une charte d’usage, nous avons engagé l’acculturation de l’ensemble des collaborateurs du Groupe. Nous avons défini une méthode de déploiement qui a fait l’objet d’un accord signé avec les organisations syndicales. Elle passe par l’expérimentation systématique des solutions envisagées qui sont évaluées dans le cadre d’une gouvernance dédiée. Une cinquantaine de cas d’usage sont en cours d’expérimentation à ce jour. Toutes les solutions expérimentées n’ont pas vocation à être déployées, l’expérimentation permettant précisément d’identifier celles qui créent le plus de valeur. Les solutions qui seront déployées le seront progressivement en tenant compte des impacts sur les métiers. Nous apporterons une attention particulière à l’évolution des métiers, des compétences et bien sûr à la formation.

La conception d’un nouveau projet stratégique est lancée, envisagez-vous des évolutions du modèle économique de CDC Habitat pour répondre aux défis à venir ?

Pour maintenir de hauts niveaux de production, le Groupe doit conforter son modèle économique de foncière d’intérêt général. Ce modèle repose sur la cession de logements pour générer des fonds propres, eux-mêmes réinvestis dans la production de logements neufs. C’est d’ores et déjà ce que nous faisons depuis des années, avec en moyenne 5 000 logements vendus par an.

Dans les années à venir, nous allons poursuivre les ventes en bloc à d’autres bailleurs sociaux et investisseurs institutionnels, et nous allons augmenter le nombre de ventes en lot à des particuliers. Qu’il s’agisse de logements sociaux ou de logements intermédiaires, cette stratégie vise un double bénéfice : elle nous permettra de sécuriser la production de logements et permettra également aux ménages, notamment à nos locataires, d’accéder davantage à la propriété. Cela est d’autant plus nécessaire dans le contexte actuel où il est difficile d’acquérir son logement pour beaucoup de Français ; cela s’inscrit parfaitement dans notre mission d’utilité sociale.