Comment agir en faveur
des femmes victimes
de violences ?

# Solidarité

Le 25 novembre est la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. L’occasion de revenir sur ce sujet sensible et sur lequel le Groupe est engagé depuis de nombreuses années.

Les violences envers les femmes concernent tout type de relations familiales et tous les milieux sociaux. Leurs formes sont multiples – violences verbales, psychologiques, économiques, physiques, sexuelles – leurs conséquences dramatiques. En 2020, 102 femmes ont ainsi été tuées en France par leur compagnon ou ex-conjoint, soit un féminicide tous les trois jours. Une situation aggravée par la crise sanitaire et les confinements successifs : les violences conjugales ont ainsi augmenté de 10 % en 2020, selon le ministère de l’intérieur, et tous les principaux acteurs (départements, justice, associations) ont constaté une augmentation des violences intrafamiliales.

Pour soutenir ces femmes, leur apporter un accompagnement spécifique, CDC Habitat se mobilise sur le terrain pour mettre à disposition des solutions de logement et de prévention des risques.

Eclairage avec Coralie Dubois, chargée de mission accompagnement social et publics spécifiques chez CDC Habitat

Comment CDC Habitat se saisit de cette problématique ?

CD : Les situations préoccupantes sont aujourd’hui portées à notre connaissance de trois manières. CDC Habitat peut être sollicité directement par la locataire ou par le personnel de proximité : les gardiens, les chargés de clientèle ou encore les conseillères sociales, font remonter une situation à risque chez nos locataires. Nous réfléchissons alors à une solution de relogement la plus rapide possible. 

Enfin, les associations ou les collectivités nous sollicitent pour mettre en place des résidences spécifiques, avec la création d’un foyer ou d’un centre d’hébergement, afin de proposer un accueil d’urgence et un accompagnement particulier.

Comment se traduit concrètement l’accompagnement des femmes victimes de violences ?

CD : Les besoins sont multiples, il n’y a pas un profil type de femme victime de violences. CDC Habitat intervient donc par le biais de différents dispositifs. S’inscrire dans le réseau associatif local est essentiel pour proposer des solutions pérennes d’accompagnement. Le Groupe met à disposition des logements, en habitat collectif ou dans le diffus, pour répondre à un besoin d’urgence de mise à l’abri et/ou pour permettre un accompagnement dans la durée auprès et avec la victime.

Les logements dans le diffus proposés aux associations partenaires visent à mettre à l’abri les femmes, ainsi que leurs enfants, et de proposer un accompagnement favorisant l’insertion sociale et la reconstruction personnelle par l’appropriation d’un nouveau logement.

L’habitat collectif permet aux femmes de se reconstruire sans limitation de durée d’hébergement, de rompre l’isolement social et de retrouver un équilibre de vie le temps de leur accompagnement. A l’image du partenariat entre « SOS Femmes solidarités » et la direction interrégionale Nord-Est qui a permis de mettre à disposition une résidence, ainsi qu’un accompagnement par une équipe de professionnels, à destination de femmes dont les perspectives d’insertion et de retour à l’autonomie sont très faibles du fait de leur situation personnelle. En 2020, une quarantaine de logements dans le diffus et une centaine de place en habitat collectif étaient proposés par le Groupe sur tout le territoire.  

Quels sont les leviers, les relais de CDC Habitat dans cet accompagnement ?

CD : Lorsque CDC Habitat est directement informé de la situation, plusieurs solutions de mise à l’abri sont envisagées. Cela se caractérise par la possibilité de trouver un nouveau logement pour la victime ou par la mobilisation des associations locales afin de proposer un hébergement d’urgence. Afin d’assurer un parcours de vie sécurisé auprès des femmes victimes de violences, CDC Habitat s’appuie sur l’expertise des associations locales et nationales, telle que la Fédération Nationale Solidarité Femmes (FNSF), qui les accompagnent socialement, juridiquement, psychologiquement et administrativement. Le tissu partenarial est donc essentiel.

Les équipes de proximité ainsi que les gestionnaires peuvent être confrontés régulièrement à des situations d’urgence et de détresse des femmes victimes de violences. Ainsi, des pôles ressources et formations sont proposées aux équipes. Actuellement, les formations sont dispensées par des associations locales spécialisées dans l’accompagnement de ce public, elles permettent aux collaborateurs d’échanger sur des situations complexes et de s’outiller dans l’optique de pouvoir réagir face à des situations à risques.

Quel est votre engagement personnel sur le sujet et le lien avec votre métier ?

CD : Conseillère en économie sociale et familiale de formation, je suis sensibilisée à ces problématiques depuis plusieurs années. Chez CDC Habitat, ma mission vis-à-vis de ce public spécifique est d’orienter les collaborateurs auprès des associations, d’outiller et de faire connaitre les dispositifs existants permettant l’accompagnement des femmes victimes de violences. En effet, chaque collaborateur peut être confronté à une situation d’urgence ou de détresse, que ce soit le personnel de proximité, les chargés de clientèle ou encore le service technique.

Nous ne sommes pas des experts mais ne serait-ce qu’identifier une situation à risque et solliciter de l’aide auprès des bonnes personnes sera déjà d’une grande aide.