Sûreté : à Toulouse, une réponse pluridisciplinaire

Sûreté : à Toulouse, une réponse pluridisciplinaire

La direction interrégionale de CDC Habitat Sud-Ouest a été retenue dans le cadre de l’appel à projets 2022 du Fonds Interministériel de Prévention de la Délinquance (FIPD). Léa Mougeolle, responsable DSU et référente sureté Sud-Ouest, revient sur les actions originales proposées.

Quels étaient les contours de l’appel à projets du FIPD auquel CDC Habitat a répondu au printemps dernier ?

Léa Mougeolle : Le Fonds Interministériel de Prévention de la Délinquance subventionne des actions de terrain qui visent à prévenir la délinquance et la radicalisation au niveau local. Pour cette édition, il y avait quatre axes de travail possibles : la prévention auprès des jeunes ; la prise en charge des victimes ; le travail avec les populations pour rendre les habitants acteurs de la prévention de la délinquance ; ou encore un travail renforcé sur la gouvernance. Pour notre part, nous avons choisi de nous concentrer sur les trois premiers sujets car nous avions déjà un certain nombre de référents et de partenaires identifiés sur le terrain.

Pourquoi les bailleurs sociaux sont-ils associés à cet appel à projet ?

LM : Du fait de notre présence dans certains quartiers prioritaires de la ville, nous sommes en première ligne quand il s’agit des questions de sécurité et de délinquance. C’est particulièrement vrai dans le sud-ouest avec des secteurs comme les Izards à Toulouse. C’est d’ailleurs sur ce quartier que nous nous sommes concentrés pour notre réponse, puisque nous y avons 5 résidences récentes, ainsi que sur Borderouge – un secteur toulousain voisin des Izards qui n’est pas classé QPV mais où certaines résidences rencontrent des difficultés sans avoir droit à des moyens spécifiques. Au total, nous avons ciblé 389 logements et 853 occupants.

Autour de quels leviers avez-vous travaillé ?

LM : Nous ne voulions pas proposer des solutions techniques ou répressives comme de la vidéosurveillance ou la présence d’équipes de sécurité, mais bien trouver des moyens pour que les locataires puissent se réapproprier les espaces régulièrement squattés ou utilisés pour le trafic. Ce sont des sites où plus de 80% des gens n‘utilisent jamais les espaces extérieurs car ils ne s’y sentent pas ou peu en sécurité. Nous avons donc choisi une approche plus transversale, en travaillant à la fois sur le volet « sûreté » et sur le volet « développement social urbain ». Pour cela, nous avons mis en place une équipe pluridisciplinaire, en nous appuyant sur notre connaissance terrain et sur d’autres experts internes chez CDC Habitat – Pierre Bauguil, référent sûreté-tranquillité à Direction sûreté groupe, et Samira Chacal au DSU Groupe.

Concrètement, quelles ont été les actions retenues ?

LM : Nous avons travaillé sur plusieurs axes et plusieurs cibles. Avec le CVIFS (Collectif de Valeurs, d’Insertion, de Formation, de Sport et de Santé), une association spécialisée dans l’insertion des jeunes par le sport, nous avons mis en place pendant les vacances des activités sportives pour les jeunes en bas des immeubles. Avec l’association Soliha, c’est sur l’accompagnement des seniors dans leur logement et dans le quartier que nous avons travaillé, avec des balades urbaines, des ateliers « vieillir debout »… Et enfin nous allons mener en octobre une action plus globale avec 3 médiateurs spécialisés qui iront à la rencontre des locataires, occuper le terrain et initier un dialogue de proximité.

Comment inscrire ces actions dans la durée ?

LM : Nous allons dresser en fin d’année un bilan de chaque projet et voir ce qui peut être renouvelé, adapté ou dupliqué à l’avenir. L’idée est de changer durablement le rapport des gens à leur environnement, leur résidence, leur quartier, il faut donc de la régularité. Et en même temps ces actions ont un coût non négligeable que nous devons prendre en compte. Il nous faut aussi continuer à travailler sur le collectif, avec les mairies de quartier et les autres bailleurs : notre but n’est pas de déplacer les problèmes de nos résidences vers celles d’un autre bailleur ou sur un autre quartier, mais bien de faire bouger les lignes sur le terrain.