En 2013, Boris Tavernier créait l’association VRAC à Lyon. Son objectif : permettre aux habitants des quartiers prioritaires d’accéder eux aussi à des produits alimentaires de qualité. Une démarche qui nécessite le soutien des bailleurs sociaux. Ses explications en podcast.

Pourriez-vous nous présenter l’association Vrac ?

BT : Elle est née à Lyon en 2013 d’un constat très simple : quand on n’a pas d’argent, on s’oriente vers les produits de consommation les moins chers, au détriment de la qualité et de la santé. L’offre de bons produits bio, locaux est inexistante dans les quartiers populaires et leurs habitants pensent de prime abord que « ce n’est pas fait pour eux ». Vrac est née de cette envie de donner accès à ces produits aux habitants des Quartiers prioritaires de la Politique de la ville (QPV).

Concrètement, comment cela fonctionne ?

BT : Nous sommes implantés aujourd’hui dans 32 QPV. Dans chacune de ses villes, nous avons créé une association qui gère plusieurs groupements d’achat d’habitants et passe commande auprès de petits producteurs pour une centaine de produits secs vendus à prix coûtant pour ces habitants. Une fois par mois, une épicerie éphémère s’installe dans un centre social, par exemple. Ce rendez-vous est un moment privilégié où se tissent lien social et solidarité.

Vous avez noué en 2019 un partenariat avec CDC Habitat. Qu’attendez-vous de lui ?

BT : Dès le départ, Vrac a été rendu possible grâce au soutien financier des bailleurs sociaux. Mais leur appui est précieux aussi opérationnellement pour faire démarrer les projets, les relayer dans les quartiers, et développer des projets autour de l’épicerie éphémère. Nous déployons beaucoup d’initiatives, comme réunir des cuisinières du quartier avec des chefs étoilés, des projets de livres, etc. C’est tout ce champ d’action que nous souhaitons développer avec CDC Habitat.

Retrouvez l’interview en intégralité en podcast

https://soundcloud.com/user-914290678/association-vrac?in=user-914290678/sets/rapport-annuel-2019

Pour en savoir plus sur Vrac

Créée en 2014, Expli’Cité intervient auprès des jeunes en fragilité scolaire et sociale «pour les aider à devenir des citoyens épanouis et autonomes, grâce au soutien scolaire», explique Laurence Vaudet cofondatrice de l’association avec Mathilde Claude.

Expli’Cité est implantée à Cergy où elle intervient dans différents quartiers et collèges en politique de la ville. Cet ancrage territorial lui permet de développer des partenariats de qualité avec les acteurs locaux.  L’association fonctionne avec trois permanents et près de 80 bénévoles recrutés parmi les étudiants des universités et des écoles supérieures de Cergy.

Pour Laurence Vaudet le « déclic » de l’action sociale s’est fait alors qu’elle était expatriée au Brésil : « Ce que j’ai vu dans les favelas m’a convaincue, dès mon retour en France, de me consacrer au social avec une approche éducative ».

Expli’Cité accompagne les jeunes du cours préparatoire à la Terminale. L. Vaudet précise : « Au départ nous intervenions seulement au collège, une période charnière que les jeunes abordent avec des lacunes et un manque de confiance en soi. Ensuite nous avons élargi notre action aux écoliers et aux lycéens. Notre approche est globale. L’aide aux devoirs est complétée par un travail sur la motivation pour permettre aux jeunes de reprendre confiance en eux. Et nous sommes aussi en lien avec les parents via la médiation d’un adulte-relais. »

Durant l’année scolaire 2019/2020 et malgré le confinement, Expli’Cité a accompagné plus de 260 jeunes : « Nous avons réussi à maintenir nos actions grâce au suivi à distance et aux conférences à distance avec les familles en demande d’échanges. »

Pour répondre aux besoins exprimés, Expli’Cité a amplifié ses actions de tutorat numérique : « Les jeunes apprennent à travailler sur tablettes et avec des logiciels pédagogiques. Nous leur proposons aussi l’ouverture de comptes individuels sur une plateforme numérique de soutien scolaire. ». Objectif pour 2020-2021 : accompagner plus de 300 jeunes dans plus de 9 locaux différents.

Ce projet de de tutorat numérique fait partie des actions soutenues par CDC Habitat social dans le cadre de « Des idées pour nos actions ». Il répond à deux enjeux majeurs : lutter contre la fracture numérique et agir au plus près des habitants.

De gauche à droite : Laurence Vaudet (co-fondatrice), Moktar Cheikh (médiateur adulte relais), Mathilde Claude (co-fondatrice).

Le Secours Populaire de Balma a pu intégrer, dès février 2023, de nouveaux locaux mis à disposition à titre gratuit par l’agence Toulouse Garonne par le biais d’une convention signée avec la Ville de Balma.

Pour rappel, fin 2019, le promoteur Pith, la mairie de Balma, le Secours Populaire et CDC Habitat s’étaient entendus pour la construction d’un local à destination du Secours Populaire.

En effet, le Secours Populaire avait dû quitter ses locaux, avenue Coupeau, fin 2017, ces derniers étant devenus insalubres et voués à la démolition. L’association de solidarité était donc à la recherche d’un nouvel espace d’accueil et de stockage. Dans l’attente, ils avaient intégré des constructions modulaires provisoires de 170 m² mis à disposition par la mairie.

Les besoins en surface avaient été évalués à 300 m². Au final, les nouveaux locaux en font 476 m². Ainsi, les différents services du Secours Populaire (alimentaire, friperie, centre de tri, stockage, bureaux, administration, …) peuvent être regroupés sur un même site pour une gestion optimisée. L’autre avantage de ce dispositif est que le local est mis à disposition à titre gratuit.

La situation du local

C’est sur la Zac Garrigue et en limite de la Zac Vidailhan, dont l’aménageur est Oppidea (SEM d’aménagement de Toulouse Métropole), que CDC Habitat a aménagé un local dédié au Secours Populaire, au sein de la résidence Murmures.

CDC Habitat a acquis 74 logements collectifs sociaux en VEFA auprès de Pitch Promotion, répartis en 4 bâtiments, de maximum R+3, édifiés sur un terrain de près de 13 000 m².

En rez-de-jardin, se trouve le local pour le Secours Populaire, local dont la surface permet d’accueillir aisément les 120 membres bénévoles.

10 places de stationnements sont également affectées au le Secours Populaire.

L’objectif de cette association, fondée en novembre 1945, à savoir la lutte contre la pauvreté, répond parfaitement aux valeurs et engagements sociaux et sociétaux que portent notre Groupe.

Je suis satisfaite car ces locaux seront consacrés à un bel usage !

Séverine Durrieu, directrice de l’agence Toulouse Garonne.

CDC Habitat s’est rapproché de l’association Drop de Béton pour organiser des animations sportives autour du rugby en pied d’immeuble sur plusieurs sites de l’agglomération bordelaise. Des moments ludiques et conviviaux plébiscités par les jeunes et leurs parents.

Des activités sportives pour les jeunes qui ne partent pas en vacances : à Gradignan (33), au pied de la résidence Saint-Géry, CDC Habitat et l’association Drop de Béton ont profité des dernières vacances de la Toussaint pour organiser deux jours d’animation autour du rugby pour les enfants du quartier et leurs parents. Ateliers découverte, structure gonflable, musique, goûter et stands partenaires ont permis à 35 filles et garçons, âgés de 5 à 17 ans, de découvrir ce sport collectif, ses valeurs, sa pratique… et bien plus encore.

« C’est un format qui permet d’attirer facilement du public et de faire sortir les gens de chez eux », souligne Léa Mougeolle, responsable développement social urbain de CDC Habitat Sud-Ouest. « C’est ludique, joyeux, il y a de la musique, des animations pour les enfants de tous âges, et les parents sont aussi associés à certains temps et peuvent discuter avec les animateurs ou les partenaires de l’association – notamment les clubs sportifs locaux ou le centre social ».

Il faut dire que Drop de Béton a su optimiser le format de ses animations depuis sa création en 1997. L’association, née de la volonté de faire connaître le rugby aux jeunes des quartiers prioritaires de la ville, intervient depuis le premier jour en pied d’immeuble à la demande des bailleurs mais a également élargi sa palette d’intervention au fil des années. Programmes de « rugby citoyen » pour les écoles ou les centres sociaux, rugby féminin, animations autour du « rugby fauteuil », et même séjours à la plage l’été pour les jeunes et leurs familles : le projet social s’est étoffé au gré des échanges, des opportunités et des rencontres.

« A travers le rugby et ses valeurs, nous cherchons à aider au vivre-ensemble, à développer la citoyenneté des jeunes et renforcer leur confiance pour leur donner envie de sortir de chez eux et de leur quartier et de se remettre dans une dynamique, sportive bien sûr mais aussi plus large d’insertion ou d’emploi », explique Julien Delalande, responsable de la communication de l’Association. « Au-delà de nos activités avec les bailleurs, les écoles ou les clubs, nous avons aussi créé un programme d’insertion professionnelle pour aider les jeunes à mieux définir leur projet professionnel et les soutenir dans l’obtention d’une qualification ou d’un emploi ».

En plus d’animer des ateliers sportifs, une partie des équipes de Drop de Béton peut donc, par le prisme du sport, aider les jeunes à rechercher un stage ou une formation, à rédiger un CV et une lettre de motivation, ou à se préparer à un entretien d’embauche. Autant d’actions qui peuvent permettre de rompre l’isolement et qui font écho aux actions portées par CDC Habitat au quotidien auprès des locataires de son patrimoine. Le bailleur entend d’ailleurs renouveler le partenariat en 2023 avec d’autres ateliers en pied d’immeuble sur son patrimoine, notamment au printemps sur la résidence Hélène Boucher de Mont-de-Marsan.

La caravane E-tinér@nce

Afin de lutter contre la fracture numérique qui touche les locataires du parc social, CDC Habitat expérimente un nouveau service d’accompagnement en pied d’immeuble. En partenariat avec l’association Le Coup de Main numérique , le nouveau dispositif « E-tinér@nce » vise à répondre à l’objectif du « aller-vers » en proposant une aide dans les démarches administratives en ligne et en agissant dans la durée en faveur d’une plus grande autonomie numérique des usagers. Ainsi CDC Habitat espère apporter une aide précieuse à des publics vulnérables dont l’exclusion numérique les conduit bien souvent à renoncer à leurs droits.  

logo : "le coup de main numérique"

Ce dispositif, qui vient d’être lancé en octobre, est une expérimentation sur 3 ans dans le Grand Ouest avec un premier déploiement en Loire-Atlantique.

La caravane qui porte le nom « E-tinér@nce » stationne au cœur des résidences et des quartiers avec une permanence assurée par une médiatrice numérique spécialement recrutée par l’association. Actuellement en phase de déploiement, un calendrier des passages permettra de définir une régularité de présence dans les résidences tout en faisant le lien avec les services déjà mis en place au sein même des collectivités.

« Cette caravane a un look sympathique qui, on l’espère, renforcera son attractivité. Le service s’adresse en priorité à nos locataires sans critère d’âge ou de ressources. On sait qu’aujourd’hui malheureusement la fracture numérique touche toutes les générations », souligne Laëtitia Coudrieau, responsable innovation sociale. « Au même titre que toutes les administrations, nous avons, en tant que bailleur, des démarches qui se dématérialisent de plus en plus comme les signatures de bail dématérialisé, la formulation des demandes via la plateforme en ligne CDC Habitat et moi, etc. C’est donc, pour nous bailleur, une façon d’accompagner nos locataires dans l’usage de nos propres outils ».

Ce dispositif a le soutien financier de la Banque des Territoires, de la région Pays de la Loire, de l’Agence Régionale de Santé, de ADN Ouest et de la fondation SFR.

« Maintenant qu’on a un compost, qu’est-ce qu’on en fait ? ». C’est la question que l’association de locataires de la Résidence La Pépinière à Nancy s’est posée l’an dernier après avoir demandé à CDC Habitat d’installer l’équipement sur le site. Comme l’explique Sabrina Benhennou, trésorière de l’association, « nous voulions profiter du terrain voisin pour créer quelque chose qui puisse profiter à tout le monde, et pour sensibiliser les gens aux bons gestes et au développement durable ».

Créée en 2019, l’association joue un rôle clef au niveau de la résidence en proposant de nombreuses animations pour toutes les générations : aide aux devoirs, jeux de cartes ou de société, ateliers couture, initiation à l’informatique… Son planning rythme le quotidien des habitants des 127 logements, et c’est donc tout naturellement que l’idée d’un jardin partagé est née – un jardin en permaculture ouvert à tous les habitants du quartier. Sollicitée, l’équipe locale de CDC Habitat a immédiatement apporté son soutien au projet. « L’association nous a contactés en fin d’année dernière pour nous parler du projet et nous avons tout de suite accepté de les accompagner dans leur démarche, sur la logistique ou l’aspect financier, notamment la prise en charge de formations pour les locataires impliqués dans ce projet », explique David Deballe, responsable de secteur adjoint.

Les locataires se sont rapprochés de l’association “La Figue dans le Poirier” pour se familiariser avec la permaculture, choisir les semences et se former à la gestion du jardin. « Nous ne savions pas comment organiser l’espace ni quoi planter pour que cela fonctionne bien », reprend Sabrina Benhennou. « Cette association nous a conseillé à chaque étape et nous a permis de faire une belle sélection de légumes et d’herbes aromatiques ». Les 5 planches plates installées sur une parcelle de 100m2, typiques de la permaculture, accueillent donc depuis quelques mois un savant mélange de cultures : poireaux, pommes de terre, tomates, poivrons, piments, citrouilles, potirons, potimarrons, courgettes, pâtissons, blettes rouges mais aussi coriandre, romarin, menthe, persil… Bref, tout ce qu’il faut pour agrémenter le quotidien et jouer avec les goûts.

« Pour l’instant, nous sommes quelques locataires à nous occuper activement du jardin, mais plus les légumes poussent, plus on sent que les gens s’y intéressent, y compris des gens qui n’habitent pas la résidence », souligne la trésorière de l’association. « Reste maintenant à voir comment nous allons pouvoir gérer la prochaine plantation avec les travaux qui vont bientôt démarrer ». De gros travaux sont en effet prévus à partir de 2022 sur l’emprise foncière dont CDC Habitat est propriétaire. Le jardin partagé risque donc de devoir déménager mais l’association pourra compter sur le soutien du bailleur pour que le projet perdure.

« La première plantation a été une sorte de phase test qui a permis de mesurer l’intérêt des habitants », conclut David Deballe. « Nous allons travailler avec la maîtrise d’œuvre pour voir comment déplacer le jardin et l’intégrer définitivement à la vie de la résidence et du quartier. C’est un très beau projet que nous voulons absolument pérenniser ».

Elles sont à la fois le réceptacle des demandes individuelles de leur adhérents, des négociatrices investies dans la recherche d’accords collectifs, et un thermomètre social des quartiers. Elles mènent également une veille régulière sur le plan législatif comme sur le terrain, et n’hésitent pas à agir en lanceuses d’alerte dès que nécessaire. Les associations de locataires jouent un rôle central dans le quotidien des résidences – et par ricochet dans celui des bailleurs qui les gèrent. « Elles sont nos interlocutrices au quotidien sur de multiples sujets », confirme Karine Chapat. directrice de l’agence Auvergne de CDC Habitat.  « Nous travaillons ensemble à la fois dans le cadre des conseils de concertation locative, et de manière plus informelle, au fil des sujets et des demandes de leurs adhérents, pour apporter des réponses concrètes à des besoins spécifiques ».

Si la loi a fixé les contours des conseils de concertation locative (voir encadré), c’est à la fois pour garantir les conditions d’un dialogue constructif et pour s’assurer que la voix des résidents soit entendue de manière régulière – et portée par des personnes à même de les défendre. « Le principe est de réunir un Conseil de concertation locative par an, mais nous avons fait le choix d’en mener trois chaque année au niveau de l’agence car cela nous semble nécessaire pour assurer un vrai échange », reprend Karine Chapat. « Tous les thèmes peuvent être abordés, des plus techniques aux plus sociétaux, les associations élues pouvant demander à rajouter des sujets à l’ordre du jour en plus de ceux que nous avons prévu d’aborder ».

Un partenaire exigeant mais constructif

Parmi les différents interlocuteurs de CDC Habitat sur Clermont-Ferrand, l’antenne du Puy-de-Dôme de la CLCV (Consommation Logement Cadre de Vie), une des plus anciennes associations nationales des consommateurs et des usagers, mène un travail de fond aux côtés des bailleurs depuis de nombreuses années. Comme l’explique Michel Inçaby, ancien président et actuel responsable logement social, « nous sommes présents depuis les années 70 sur Clermont-Ferrand, et plus particulièrement les quartiers Nord – notamment celui de la Gauthière où CDC Habitat est implanté de longue date. Nous intervenons à la fois sur les questions liées à la défense des consommateurs et des locataires, deux axes complémentaires tant les sujets ont tendance à se croiser ».

Ces dernières années, la CLCV 63 s’est ainsi mobilisée sur plusieurs sujets relatifs à la fois au confort ou à la santé des locataires, comme les punaises de lit, un fléau qui touche autant l’hôtellerie de luxe que le logement social, ou la question du radon – un gaz radioactif très présent en Auvergne-Rhône-Alpes que l’association a demandé à prendre en compte lors de la réhabilitation des logements. Aucun sujet n’est tabou et c’est toujours dans le dialogue que l’association s’efforce de faire bouger les lignes. « Nous avons à cœur de faire remonter les sujets du terrain pour les amener dans les instances de concertation », souligne Céline Moynault, chargée de mission logement social. « Nous nous appuyons à la fois sur nos permanences, des enquêtes, du porte-à-porte, pour identifier les besoins réels des locataires et les porter à la connaissance des bailleurs. Récemment, nous avons ainsi demandé à CDC Habitat de mettre la question de l’écomobilité à l’ordre du jour car nous estimons qu’il n’y a pas de raison que le logement social soit à la traîne sur ce sujet ».

Un retour du terrain complémentaire

L’association a également été la cheville ouvrière des négociations avec les bailleurs sur les conditions de relogement des locataires concernés par la démolition de leur logement dans le cadre du renouvellement urbain, un sujet qui concerne au premier lieu CDC Habitat puisqu’une partie de la Résidence des Trioux du quartier de la Gauthière est concernée par ces opérations. Une démarche exigeante mais constructive, qui permet d’avancer collectivement sur des sujets majeurs, en levant les freins et en évitant les impasses dogmatiques. « Les associations de locataires apportent un regard complémentaire à celui de nos équipes de terrain qui sont elles aussi au contact quotidien de nos locataires », conclut Karine Chapat. « Elles ont une vision parfois plus complète d’un quartier car elles travaillent avec tous les bailleurs, même si elles n’ont pas forcément la vision de nos contraintes propres… Nous ne sommes pas toujours d’accord sur tout, et nous n’avons d’ailleurs pas vocation à l’être, mais nous nous tirons mutuellement vers le haut pour le bien des locataires, du quartier et de la ville ». 

« La concertation locative doit devenir un réflexe partout sur le territoire » 

Valérie Alaine, chargée de mission concertation chez CDC Habitat

« Les conseils de concertation locative (CCL) sont des instances de concertation réglementaire réunissant des représentants du bailleur et des représentants des locataires, et régies par des plans de concertation locative. Tous les bailleurs sociaux doivent proposer ces plans qui fixent le cadre de la concertation pour une période donnée et qui sont négociés avec les organisations représentatives des locataires.

Chez CDC Habitat, nous avons choisi d’avoir à la fois un CCL centralisé au niveau national avec des réunions thématiques pour mener un travail collectif sur des sujets transversaux (politique patrimoniale, politique sociale, charges…), et des CCL au niveau local pour chaque agence qui gère au moins 3 000 logements. Les CCL locaux doivent se réunir au moins une fois par an et être consultés avant certaines interventions sur le patrimoine, telles que les opérations de construction-démolition ou d’amélioration ayant une incidence sur les loyers ou les charges locatives.

Il n’est pas imaginable pour nous de centraliser la concertation alors que, par définition, elle doit s’ancrer dans le quotidien et les besoins de chaque territoire. Évidemment, ces instances ne vivent pas de la même manière selon la région ou le département : il y a des endroits où le travail avec nos agences est réellement constructif et permet d’avancer sur de nombreux sujets, et d’autres où le dialogue est moins ancré dans les habitudes. En tant que bailleur, nous poussons pour que la concertation et l’implication des locataires dans nos projets deviennent un réflexe partout car nous voyons bien l’impact positif que cette démarche collective peut avoir, tant pour anticiper des problèmes que pour apaiser d’éventuelles tensions ».

A la résidence du Carmel à La Tronche (38) et à la résidence Croix de la Rochette du Fontanil (38), des petits jardins aromatiques ont fait leur apparition depuis le début de l’année. Imaginés par les équipes de l’agence locale de CDC Habitat en partenariat avec l’antenne iséroise de l’association France Nature Environnement, ces espaces partagés visaient en premier lieu à se réapproprier des grands parcs peu utilisés au quotidien. « Nous avons mené avec l’association un diagnostic sur plusieurs de nos sites pour voir comment réaménager des espaces verts pas toujours optimisés, tout en proposant un nouveau service aux résidents », explique Amélie Joffrion, responsable de secteur. « Les deux résidences retenues nous ont semblé être les plus adaptées pour accueillir des jardins partagés, du fait des espaces disponibles mais aussi de l’intérêt d’une partie des habitants ».

S’il faut réunir un certain nombre de conditions techniques pour aménager ces lieux collectifs, rien ne peut en effet se faire sans une adhésion et une mobilisation des locataires dans la durée. Dès l’initiative lancée, un affichage dans les parties communes ainsi que des ateliers en pied d’immeubles ont permis de présenter le projet et l’association France Nature Environnement, de distribuer des graines à faire germer… Les habitants, à commencer par les enfants, ont également pu participer au printemps à l’installation des bacs et aux premières plantations et à des ateliers éducatifs. « Nous avons cherché à rendre la chose la plus conviviale possible et à intéresser les plus petits pour toucher par ricochet les parents », reprend Amélie Joffrion. « Pour l’instant nous sommes partis sur des plantes aromatiques qui ne demandent pas trop d’entretien, et si la dynamique prend et que des ambassadeurs se révèlent, notre volonté est de diversifier les cultures et d’avoir un vrai potager dès l’année prochaine ».

Des incitations pour trier les déchets

Autre résidence, autre projet, à Echirolles, ce ne sont pas les espaces verts qui font l’objet de toutes les attentions des équipes de CDC Habitat mais bien les locaux poubelles où le tri n’est pas fait. Une situation particulièrement marquée sur la résidence Floréal, à tel point que Grenoble Alpes Métropole a un temps menacé de cesser le ramassage. « Nous nous sommes rapprochés de l’entreprise Ficha qui a imaginé une application smartphone permettant de récompenser les locataires qui font le tri », précise la responsable de secteur. « Des cocons sont installés sur les containers, il suffit de rentrer son code au moment de déposer ses déchets recyclables, et on cumule des points qui peuvent ensuite être transformés en cadeaux ou en bons de réduction ».

Le cocon a été inventé par la société FICHA, il est installé dans le local poubelle, s’adapte à la poubelle de tri et quantifie la qualité du tri de l’utilisateur.

Une opération porte à porte a été menée sur le site afin de distribuer des sacs de tri, parler du dispositif et inviter les gens à télécharger l’application. Un événement festif a également été organisé fin octobre pour reparler du tri sélectif, avec des petits jeux et des animations pour tous les âges. L’occasion aussi d’aborder un autre problème de la résidence, les encombrants qui perturbent également le quotidien. « Nous avons fait venir la déchetterie mobile en lien avec la Métropole pour récupérer tous les objets qui encombrent les logements et qui sont régulièrement déposés anarchiquement en pied d’immeuble », conclut Amélie Joffrion. « La régie de quartier s’est également jointe à nous pour faire de la pédagogie auprès des locataires sur le réemploi ». Si cette expérimentation porte ses fruits, d’autres containers connectés Ficha devraient faire leur apparition dans les prochaines années sur le patrimoine de CDC Habitat en Auvergne-Rhône-Alpes, afin de poursuivre la sensibilisation des publics au tri et au recyclage, et d’anticiper la probable généralisation à venir du paiement à la levée.

Les locataires de la résidence ont pu discuter et participer à des ateliers organisés par Grenoble Alpes Habitat, la régie de quartier Pro’pulse et FICHA.

Créée fin 2019 par la Banque des Territoires, CDC Habitat, l’Unafo et la FAS, l’association La Clé Solidaire propose un accompagnement opérationnel aux acteurs de l’hébergement, du logement accompagné et du médico-social. Une collaboration inédite qui va accélérer son champ d’action en 2021.

Née à l’initiative de la Banque des Territoires, CDC Habitat, la Fédération des acteurs de solidarité (FAS) et l’Union professionnelle du logement accompagné (Unafo), et présidée par Marie-Noëlle Lienemann, la Clé Solidaire réunit pour la première fois bailleur et fédérations autour d’une même mission : le soutien opérationnel des acteurs de l’hébergement, du logement d’insertion, du médico-social et de la solidarité. « L’association a été pensée pour compléter l’accompagnement déjà proposé par les fédérations et aller plus loin dans le soutien opérationnel des acteurs de terrain, aussi bien sur des questions d’aide à la maîtrise d’ouvrage et à la gestion du patrimoine, que de montage financier d’opérations ou d’achats groupés de fournitures ou de prestations », explique Carine Corsetti, directrice en charge du partenariat associatif. « Cet appui s’inscrit dans un contexte compliqué pour les opérateurs, avec des subventions publiques à la baisse qui ne facilitent pas la pérennisation des projets associatifs ».

Une complémentarité naturelle

Aide à la maîtrise d’ouvrage ; montage financier ; achats groupés de fournitures ou de prestations : la Clé Solidaire a structuré son offre de services autour d’actions collectives ou individuelles, désormais résumées dans un catalogue. Les adhérents des fédérations qui en font la demande peuvent bénéficier d’un diagnostic thématique gratuit selon leurs besoins, puis d’un accompagnement au projet à prix coûtant. « Nous avons également lancé cette année deux appels d’offres auxquels les adhérents ont pu se joindre, un pour une prestation de traitement des punaises de lit qui a intéressé 23 structures, et un autre sur les questions liées à la désinfection, la dératisation et la désinsectisation », reprend Carine Corsetti.

Malgré un démarrage ralenti par la crise sanitaire, les derniers mois auront permis à l’association de poser les premiers jalons concrets de son action, et de se faire connaître auprès des adhérents des différentes fédérations réunies au sein du Conseil d’Administration – l’Unafo et la FAS bien sûr, mais aussi Emmaüs Solidarité, la Fédération des associations et des acteurs pour la promotion et l’insertion par le logement (FAPIL), l’Union nationale pour l’habitat des jeunes (l’UNHAJ) et SOLIHA, premier mouvement associatif du secteur de l’amélioration de l’habitat.

« A peine créée, la Clé Solidaire a mené en 2020, une action déterminante dans le soutien au secteur associatif pendant la crise du COVID-19 avec la commande de plus de 7 millions de masques de protection sanitaire et leur acheminement auprès de 110 sites en Métropole, et 5 en Outre-Mer » conclut la Directrice. « Outre les deux appels d’offres, nous avons aussi mené plusieurs missions ces derniers mois, notamment une réflexion dans le médico-social pour un accompagnement à l’élaboration d’un plan de travaux sur patrimoine, ou un diagnostic du système d’informations de Soliha ». Avec une équipe récemment renforcée par l’arrivée d’une nouvelle chargée de mission au printemps, 2021 devrait être l’année de la montée en puissance de la Clé Solidaire – notamment en Île-de-France où se trouvent nombre d’adhérents des différentes fédérations.

« Une association inédite ancrée dans l’opérationnel ».

Arnaud de Broca, délégué général de l’Unafo

« Derrière cette association inédite entre des fédérations, comme l’Unafo et la FAS, un bailleur comme CDC Habitat et la Banque des Territoires, il y a la volonté d’apporter une offre complémentaire aux acteurs de terrain, une force de frappe opérationnelle sur des sujets très concrets. On a pu le voir l’an dernier quand l’association s’est mobilisée sous l’impulsion de ses administrateurs pour commander des masques en pleine pénurie et les redistribuer à nos adhérents qui en avaient besoin pour poursuivre leurs missions. Il ne s’agit évidemment pas pour la Clé Solidaire de se substituer aux têtes de réseau mais bien de mettre la force du collectif au service de nos adhérents. La montée en puissance va être progressive et nous allons pouvoir aller plus loin dans l’appui opérationnel, sur des sujets aussi concrets que les nuisibles, l’informatique ou les diagnostics incendie ».

« Un outil de soutien à l’innovation ».

Florent Guéguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité

« Le secteur de l’hébergement est aujourd’hui confronté à des enjeux majeurs de transformation qualitative des conditions d’accueil et d’accompagnement des personnes en situation d’exclusion, dans le cadre d’une stratégie nationale du logement d’abord. Humanisation des structures et gestion patrimoniale, programmation du logement accompagné, amélioration des systèmes d’information, financement de l’accompagnement dans un contexte de restriction des prix de journée sont au cœur des préoccupations des adhérents de la Fédération. La Clé solidaire, dont la FAS est membre fondateur, par les prestations qu’elle propose, est le bon outil de soutien aux associations qui portent ces innovations ».

CDC Habitat a lancé un projet d’agriculture urbaine aux multiples facettes dans le 20e arrondissement de Paris, combinant composteur électromécanique, micro-ferme et jardins potagers. Une expérimentation doublée d’une recherche-action pour mesurer l’impact social, économique et environnemental du projet.

La campagne à la ville, est-ce que ça marche vraiment ? C’est la question à laquelle CDC Habitat social et la régie de quartier Saint-Blaise-Charonne cherchent à répondre depuis plusieurs années. « Toute la réflexion est partie de la volonté de se réapproprier 5 places de parkings sur un de nos sites, en installant une ferme cavernicole pour faire pousser des pleurotes et en sous-sol », explique Stéphanie Delcupe, cheffe de projet développement social urbain. « De fil en aiguille, le projet a mûri et a été intégré à une expérimentation plus large autour de l’agriculture urbaine et le besoin d’anticiper notamment la future obligation de collecte des bio-déchets à la source d’ici à 2025 ».

La première étape de cette opération a consisté à installer en début d’année un composteur électromécanique, capable de collecter 500 kilos à une tonne de bio-déchets par semaine, dans la cour intérieure de la résidence des Orteaux. L’entreprise Upcycle qui accompagne l’ensemble de l’expérimentation sur le volet technique et développement s’est occupée de l’installation, et des permanences sont organisées en pied d’immeuble chaque semaine. La régie de quartier a d’ailleurs recruté un premier salarié en insertion pour cette mission, afin d’accueillir les habitants du quartier, à commencer par les locataires du site et ceux de la résidence voisine Saint-Blaise (682 ménages au total), leur expliquer le fonctionnement et les accompagner lors des premières fois.

« Une soixantaine de personnes a déjà commencé à jouer le jeu : c’est un vrai changement de fonctionnement qu’il faut accompagner, surtout auprès du parc social où le simple tri des déchets à déjà du mal à prendre », souligne Stéphanie Delcupe. « Nous allons accueillir un jeune en service civique pour multiplier les permanences, et un second salarié en insertion doit être embauché par la régie de quartier pour suivre le projet, notamment faire le tour des résidences pour collecter les bornes individuelles et les amener au composteur ».

Quel modèle économique pour l’agriculture en ville ?

Deuxième volet de l’expérimentation, la ferme urbaine ouvrira ses portes au mois d’octobre, non pas dans le parking initialement prévu mais à quelques dizaines de mètres seulement, dans un local désinfecté et souvent squatté en pied d’immeuble. Elle sera là aussi gérée par la régie de quartier et permettra de produire des pleurotes, des endives et des micro-pousses qui seront ensuite distribuées aux habitants ou revendues aux restaurateurs du quartier ou aux AMAP locales. Enfin, des jardins potagers circulaires seront également installés au printemps 2022, dans un format semi-autonome adapté au temps que les habitants déclarent vouloir y consacrer (moins d’une heure par semaine).

« En s’appuyant sur plusieurs leviers, nous voulons voir s’il est possible de créer un modèle économique viable pour la régie de quartier, qui permettrait notamment de pérenniser les emplois créés pour l’occasion et d’inscrire la démarche dans la durée, même une fois les subventions taries », conclut Stéphanie Delcupe. « C’est l’objet de la recherche-action menée par l’université AgroParisTech, le CNLRQ (Centre National de Liaison des Régies de Quartier) et l’association Si t’es Jardin, qui permettra à la fois de mesurer la viabilité de l’organisation et du modèle économique, et de dessiner des voies d’amélioration. Tout cela n’a de sens que si tout le monde se saisit du sujet – les bailleurs, les locataires, mais aussi le tissu économique local, les associations de quartier et bien sûr la ville ».

En résumé :

Ce partenariat, signé en 2019 avec l’Association fondation étudiante pour la ville (AFEV), permet à 9 jeunes (les kapseurs) d’intervenir dans le quartier de La Benauge en menant des actions citoyennes et solidaires en lien avec les habitants et en accompagnant le projet de mutation du quartier.

Les jeunes « kapseurs » interviennent au quotidien pour apporter une aide auprès des jeunes du quartier à raison de deux heures par semaine, en organisant l’aide aux devoirs, des sorties, des jeux…
Pour les plus grands, des échanges conviviaux sont organisés autour d’un café servi par le biais de thermos, même avec une météo capricieuse !

En 2021 les kapseurs envisagent, en tenant compte des mesures sanitaires, de mettre en place dans les halls des immeubles des boîtes pour des échanges d’idées, ainsi que la création d’une gazette et la mise en place d’un système d’entraide entre voisins.

La succès de cette opération locale est tel que CDC Habitat envisage de signer avec l’AFEV une convention nationale.

Crédit photo : Yannick Delneste, journaliste Sud-Ouest 

Depuis 2018, CDC Habitat, la mairie de Villiers-le-Bel et l’association Clinamen, notre partenaire travaillent en collaboration pour améliorer le cadre de vie des habitants du quartier Derrière-les-Murs-Monseigneur.

Grâce à l’association Clinamen qui a pour objectif de dynamiser les territoires urbains par la promotion des pratiques paysannes, CDC Habitat a lancé le projet de la transhumance des moutons avec la participation des locataires du quartier Derrière-les-Murs-Monseigneur.  Ce projet s’inscrit dans une démarche globale de réintégration harmonieuse des espaces naturels sur le territoire communal.

L’arrivée des moutons tous les deux mois était un rendez-vous à ne pas manquer pour les locataires. Que ce soit les jeunes locataires ou les adultes, tous ont apprécié d’aller à la rencontre des animaux et d’échanger avec les bergers. Au fil des mois, les habitants du quartier ont participé à différents ateliers créatifs organisés par CDC Habitat et l’association Clinamen. À l’issue de ces ateliers, les locataires ont confectionné un tapis avec la laine recueillie lors des tontes. Un travail de longue haleine, qui a été fait dans la joie et la bonne humeur !

« La transhumance de moutons est un des signes de la transformation du quartier, et forts de ces premiers résultats, nous réfléchissons à poursuivre l’expérience, par des évolutions et par la recherche d’impacts » nous explique Sonia Bosphore, cheffe de projets au sein du service Développement Social Urbain de CDC Habitat Île-de-France.

© Association Clinamen