Une démarche sûreté-sécurité renforcée sur plusieurs territoires franciliens

CDC Habitat va mener dans les prochains mois de nouvelles actions à Taverny (95) et à Sarcelles (95) afin de renforcer la tranquillité résidentielle de certains sites. Une démarche portée localement avec les communes et l’ensemble des acteurs régaliens.

Comment éliminer sur le long-terme les nuisances et les phénomènes d’insécurité résidentielle, et donc garantir la tranquillité des locataires, notamment dans les quartiers prioritaires de la ville ?

Si la direction interrégionale Île-de-France mène tout au long de l’année de nombreuses actions sur son patrimoine, la persistance de certains phénomènes sur des sites où une démarche de sécurisation a déjà été engagée interroge forcément. Bien décidé à ne pas laisser ces situations s’installer, le Groupe a choisi de renforcer les dispositifs et d’intensifier son intervention sur plusieurs résidences répertoriées comme « très sensibles » dans sa cartographie interne des sites prioritaires.

Les deux sites sélectionnés pour cette expérimentation sont la résidence Les Pins de Taverny (95) et les 6 résidences des Sablons à Sarcelles. Dans les deux cas, des diagnostics complémentaires de sûreté et de prévention situationnelle ont été menés à partir de janvier 2023 par le cabinet Suretis afin de permettre au bailleur et à l’ensemble des parties prenantes locales (élus, police locale et nationale, préfecture, procureur…) de travailler main dans la main pour améliorer le quotidien des habitants.

« L’objectif de notre démarche est de partir de ce qui a déjà été fait, des résultats déjà obtenus et des problèmes qui persistent encore afin d’adapter notre approche. Nous avons choisi de faire ce travail sur deux communes du Val d’Oise, Sarcelles et Taverny, où nous avons de bons partenariats avec les élus et les acteurs locaux, avec une convention police/justice/bailleur particulièrement efficace.
Les diagnostics réalisés par le Cabinet Suretis portent à la fois sur les résidences en elles-mêmes et sur leur environnement proche : ils sont accompagnés d’un certain nombre de recommandations d’ordre technique ou organisationnel que nous allons déployer dans les prochains mois afin d’améliorer la situation. Côté technique, nous allons notamment fermer les gaines techniques qui servent de zone de stockage aux trafiquants, changer certains portillons, renforcer la vidéosurveillance, poser des grillages pour limiter l’accès au toit… Des agents de sécurité patrouilleront pendant toute la durée des travaux pour que les entreprises ne soient pas dérangées et pour éviter tout vol de matériel. En parallèle, nous avons échangé avec la police locale et nationale pour voir ce que nous pouvions faire pour faciliter leurs interventions sur site, comme changer les vitres teintées de certains halls d’entrée…
L’idée est de faire tous les changements en même temps pour créer un électrochoc et envoyer un signal fort aux fauteurs de trouble comme aux résidents. Nous voulons que ces derniers puissent retrouver la tranquillité et se réapproprient les parties communes. Et pour aller plus loin, notre service contentieux travaille sur Taverny sur des actions contentieuses dans le but d’engager des procédures contre les auteurs de troubles à la tranquillité résidentielle. Au total, nous allons mobiliser 600 000 euros sur ces deux opérations qui bénéficieront d’un suivi dans le temps long »
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Romane Jourdas, responsable sécurité CDC Habitat Île-de-France


« La Municipalité, que j’ai l’honneur de conduire, a fait de l’habitat digne et de la rénovation de son parc social une priorité absolue. Au-delà du volet bâti à proprement parler, nous avons choisi de nous saisir de la question de la sécurité résidentielle qui est, à nos yeux, un pilier essentiel du confort de vie que l’on se doit d’offrir aux habitants de Taverny, quel que soit le quartier de la ville où ils résident. L’un des principaux sites sur lesquels nous concentrons nos efforts est la résidence des Pins, qui malgré sa métamorphose continue depuis 2018, est le théâtre de nombreuses difficultés, que je ne tolère plus : squats, tapages, dégradations, regroupements, nuisances, violences diverses…
Le bailleur social CDC Habitat a déjà investi plus de 12 millions d’euros il y a quelques années pour réhabiliter la résidence (logements et espaces communs intérieurs et extérieurs), mais les bénéfices de ces travaux sont mis à mal par une poignée d’individus bien connus de nos services et des forces de l’ordre. Tous les systèmes de vidéo-protection installés ont été détruits, les parties communes sont régulièrement dégradées…
Nous avons essayé beaucoup de choses avec ces individus : le dialogue, la médiation, les avertissements – mais rien n’a fonctionné. Nous avons donc décidé de passer à la vitesse supérieure en travaillant de concert avec CDC Habitat sur l’expulsion des familles. Ce sont des procédures évidemment très encadrées, qui sont portées juridiquement par le bailleur, mais pour lesquelles nous mettons à disposition les informations en notre possession pour constituer des dossiers de contentieux solides. Le conseil local de sécurité, de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CLSPDR) créé en 2022 à Taverny, suit de près la démarche : c’est un travail partenarial où tous les acteurs parlent d’une même voix – la municipalité, le bailleur, la préfecture, la justice. Les locataires payent un loyer et aspirent à la tranquillité, à la sécurité et au droit de vivre dignement ».

Florence Portelli, maire de Taverny


« Les correspondants sûreté de la circonscription de police nationale d’Ermont-Taverny ont été conviés par CDC Habitat et la mairie de Taverny à faire le tour du quartier des Pins pour apporter, grâce à leur expertise, des conseils « sécurité/sûreté » sur les nouveaux aménagements qui pourraient être envisagés. Nous nous sommes penchés sur de nombreux sujets comme l’occupation abusive des parties communes d’immeubles : face à cette problématique, le bailleur pourra entreprendre des travaux de sécurisation des accès, ou organiser des opérations de communication à destination des habitants. La police nationale et la police municipale pourront augmenter leur présence, en organisant le cas échéant des opérations régulières de contrôle et de visites des parties communes. D’autres initiatives pourront également être mises en œuvre avec la mise en place d’agents de sécurité de façon ponctuelle ou encore l’installation de caméras de vidéoprotection.
Tout cela vise à renforcer le travail que nous menons déjà quotidiennement avec les bailleurs, qu’il s’agisse des échanges directs entre nos effectifs de voie publique et les gardiens des différentes résidences, de la remontée normée des « fiches incidents » auprès de notre référent « bailleur », ou encore de la participation aux réunions des groupes de partenariat opérationnel (GPO). Ces groupes ont pour objectif de traiter les problèmes exprimés par la population et/ou les bailleurs, de les partager et de les confronter avec ceux identifiés par nos services afin d’élaborer, dans une démarche collective et partenariale, des actions concrètes à mener collégialement pour les traiter.
De par leur rôle au cœur des quartiers, les bailleurs comme CDC Habitat occupent une position stratégique dans le dispositif de sécurité du quotidien. Ils observent et connaissent les problématiques de troubles de jouissance et de tranquillité publique. Et de fait, ils participent activement à la prévention de la délinquance, à l’amélioration de la tranquillité publique et à la lutte contre les incivilités »
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Yann Drouet, commissaire divisionnaire, chef de la circonscription d’Ermont,
direction départementale de la sécurité publique du Val d’Oise

Les maisons partagées : entre vie indépendante, logement accompagné et inclusion sociale

La Civelière, un lieu de vie pour des personnes devenues handicapées après un accident. Trois maisons partagées où chacun est autonome et où tous partagent une vie communautaire et active. François-Xavier Reneaume, membre bénévole du conseil d’administration et de la commission construction de l’association Simon de Cyrène[1], Pierrick Tigeot, architecte bénévole de l’association Thétis[2], Thierry Le Dauphin, directeur développement et maîtrise d’ouvrage CDC Habitat Grand Ouest, reviennent pour nous sur ce projet qu’ils ont bâti ensemble à Nantes…

Un jour de 2011, Pierrick Tigeot rencontre Laurent de Cherisey, directeur général de l’association Simon de Cyrène, venu présenter des maisons partagées. Celles-ci ont été créées pour rompre l’isolement des personnes touchées par le handicap, suite à un accident de la route ou un accident cérébral. Ces maisons ont comme objectif d’accompagner ces personnes dans un projet de vie où elles gagnent en autonomie.

Lors de leur échange, P. Tigeot se souvient soudain d’un bâtiment sans affectation, propriété de l’association Thétis qui pourrait être une belle opportunité pour développer un tel projet.

Mais un lieu ne suffit pas. Il faut aussi en écrire l’histoire… Alors un comité de pilotage se constitue pour imaginer un projet, un endroit où vivront, ensemble, des personnes valides (assistants de vie et volontaires en service civique) et des personnes en situation de handap.  

Neuf ans plus tard, la Civelière ouvre les portes de ses trois maisons qui ont la capacité d’accueillir vingt-quatre résidents et dix-huit accompagnants. Certains ont des difficultés d’expression, d’autres des difficultés motrices, des problèmes cognitifs, de mémoire… Autonomes et indépendants, ils partagent quotidiennement de nombreuses activités grâce à un GEM, un groupe d’entraide mutuelle[3].

« Le but premier de ce lieu de vie, c’est que chacun ne reste pas dans son logement. Le séjour et la cuisine sont des lieux de retrouvailles permanents, comme dans une maison. »  

François-Xavier Reneaume

Comment avez-vous initié et réalisé ce projet ?

François-Xavier Reneaume : Au départ, nous connaissions peu de choses sur les sujets du handicap. Nous nous sommes donc beaucoup appuyés sur l’expérience de l’association Simon de Cyrène. Cette expérience nous a démontré l’importance de constituer un groupe de réflexion avant même de démarrer le projet immobilier. Le principe de ce groupe est d’associer des personnes en situation de handicap mais aussi des personnes valides et autonomes, non concernées par le handicap dans leur environnement proche qu’il soit familial ou amical. L’enjeu de départ était donc de mieux se connaître et de passer du temps ensemble. L’aventure a commencé comme cela en partageant un après-midi convivial en louant un local pour l’occasion. Au début, nous n’étions pas très sûrs de la démarche. Mais très rapidement, ce groupe s’est agrandi pour devenir progressivement le GEM, le groupe d’Entraide Mutuelle, à l’origine du projet des Maisons Partagées de la Civelière.

Pierrick Tigeot : La Civelière est une ancienne pouponnière dont nous souhaitions conserver les bâtiments. Malheureusement, reconsidérer l’existant et le transformer coûte très cher, sans apporter de réponse satisfaisante. Nous les avons donc presque tous détruits, excepté un petit château classé au patrimoine historique, sur lequel nous avons greffé de nouveaux bâtiments dans l’objectif d’avoir un projet architectural cohérent et qualitatif.

FXD : Il était très important pour Simon de Cyrène de ne pas fonder un établissement médico-social classique avec des matériaux bas de gamme. Nous voulions du bois, des belles matières… La Civelière allait devenir le lieu de vie de personnes qui ont suffisamment souffert, et nous voulions leur donner le meilleur en termes de qualité de vie.

Sauf qu’il y avait un budget à respecter. C’est pourquoi nous avons recherché des mécènes, qui nous ont permis d’aménager les ouvertures en aluminium plutôt qu’en PVC, des rampes et des cuisines en bois. J’avoue que cela n’a pas simplifié le chantier pour CDC Habitat. Nous avons beaucoup travaillé ensemble pour respecter le budget fixé au départ, les contraintes techniques et la beauté du lieu.

FXD Il était important pour l’association Simon de Cyrène de proposer une architecture de qualité avec de belles prestations et des matériaux haut de gamme. Nous voulions du bois, des menuiseries alu… Nous ne voulions pas stigmatiser l’architecture à l’instar d’établissement médico sociaux que l’on peut connaître par ailleurs. Les personnes accueillies, qui ont suffisamment souffert, méritent le meilleur en terme de cadre de vie.  Cette exigence de qualité a un coût. C’est pourquoi nous avons recherché des mécènes pour nous apporter un soutien financier. Ce cahier des charges n’était pas simple mais a bien été intégré par CDC Habitat à qui nous avons confié le projet de construction. Nous avons beaucoup travaillé ensemble pour répondre à toutes les exigences tout en respectant les contraintes financières et techniques et la bonne intégration dans un cadre paysager arboré.

« La Civelière se trouve à proximité des transports en commun qui permettent aussi aux personnes en fauteuil de filer vers le centre ville, et elles y vont ! » 

Pierrick Tigeot 

Thierry Le Dauphin : En tant qu’opérateur en charge de la construction, nous avons eu à cœur de participer à ce projet et de le rendre possible malgré sa complexité et ses fortes attentes. CDC Habitat a l’habitude d’accompagner des associations pour mener à bien leur projet immobilier. Cela représente un investissement certain, financier certes mais avant tout humain. Nos équipes ont été très mobilisées et sont adaptées dans cette conduite de projet peu commune avec beaucoup de concertation. Cela a été un travail très enrichissant.

Nous avions effectivement toujours cette épée de Damoclès du bilan économique de l’opération, avec des choix techniques et des enveloppes financières à respecter. Mais nous avons réussi à nous adapter et à être créatifs pour intégrer un certain nombre de besoins et de souhaits de l’association, car notre objectif était commun : réussir ce projet d’habitat inclusif. 

FXR : Le bâtiment et les espaces intérieurs doivent respecter strictement les règles d’accessibilité handicapée. C’est une obligation. En parallèle, nous avions une certaine liberté sur la façon d’organiser les espaces et le mobilier en fonction des usages attendus et du niveau de handicap des personnes. Cette conception personnalisée a été enrichie par la présence dans le Groupe GEM d’une personne en situation d’handicap (appelée Compagnon). Cet homme a pu en effet partager son expérience de professionnel du bâtiment, profession qu’il exerçait avant son accident et la survenue de son handicap.

Par exemple, chaque maison possède une salle commune avec une cuisine et son plan de travail qui doit convenir aux personnes debout et en fauteuil. Nous avons donc réalisé des plans de travail différenciés. Certains peuvent ouvrir les portes, d’autres ne peuvent pas se servir de leurs mains : pour eux, les portes communes ont été automatisées. De la même manière, certains logements sont très adaptés et d’autres proposent des équipements moins lourds. 

TLD : Les espaces sont bien dimensionnés. La lumière naturelle rend les déplacements agréables. Chaque maison comprend plusieurs logements et se démarque par le traitement de ses propres espaces communs. Mais il est possible de circuler entre les maisons de manière très aisée par des circulations internes très bien pensées. Nous avons également été attentifs dès le départ à l’utilisation de certains systèmes domotisés qui peuvent être assez complexes. Il a fallu au départ accompagner les résidents pour leur utilisation. Certains ont eu besoin d’un peu de temps pour se les approprier.

PYT : En fait, c’était une aventure un peu folle ! C’était un peu compliqué au début, et puis chacun a fait appel à des amis et nous nous sommes rapidement retrouvés une trentaine, chacun avec ses compétences et sa bonne volonté. Il y a eu une forte dynamique et tout le monde était dans l’envie de réussir, les enjeux étaient trop importants. Le résultat est là, les lieux et les matériaux sont beaux, c’est précieux pour l’ambiance. D’ailleurs, ce groupe continue d’agir parce que c’est enrichissant et finalement très concret et utile.

« Développer un tel projet nécessite d’être plus créatif que pour un bâtiment classique
car les contraintes sont bien plus importantes. »

Thierry Le Dauphin

Quelle est la vie au quotidien pour les résidents ?

FXR : Les personnes en situation de handicap sont bien intégrées et ont des activités partagées avec l’ensemble des résidents. Elles ont des loisirs : sport, musique, arts/peinture. Certaines d’entre elles exercent une activité professionnelle. Elles vivaient auparavant au sein de centres médico sociaux où les possibilités de vivre en plus grande autonomie étaient restreintes en raison des services d’accompagnement et d’assistance très présents.

Cela ne se passe pas ainsi à la Civelière. Au sein des maisons partagées, tout est pensé pour que ces personnes fassent elles-mêmes sans difficulté majeure. La semaine dernière, je déjeunais avec eux et tout d’un coup, j’ai vu une assiette voler parce que celui qui mettait le couvert ne maîtrisait pas ses mains. Chacun fait comme il peut avec ses moyens. Et quand il ne peut vraiment pas, nous l’aidons. 

Chaque maison a son responsable de maison, une personne valide dont le rôle est très important. Ici, ce sont trois femmes, qui coordonnent ainsi la vie des maisons et les responsabilités de chacun des résidents. Elles ajustent les besoins de prise en charge, elles sont très sollicitées, et elles sont soutenues et aidées par les assistants et les services civiques. Certains vivent sur place, d’autres à l’extérieur. C’est d’ailleurs assez amusant car ce sont les habitants handicapés qui donnent l’impulsion et forment les assistants, puisque de nouveaux arrivent tous les six mois, notamment dans le cadre du service civique.

PYT : Au début du projet, des riverains ont menacé de faire un recours, ça s’est joué de peu. Ils nous demandaient de ne pas utiliser un passage, ils pensaient qu’il y aurait un trafic intense. C’est une ville paisible. Et puis la première chose que Jean-Luc Boulvert, le directeur, a instaurée, c’est de ne pas fermer les barrières pour que les gens du quartier puissent traverser le parc qui est assez joli. Certains se sont arrêtés prendre un café, maintenant ils viennent rendre régulièrement des services…

PYT : Lors de la conception du projet, des riverains ont menacé de faire un recours pour éviter que le projet ne sorte de terre. Ils craignaient en effet une augmentation du trafic et la condamnation du passage qu’ils utilisaient régulièrement. La première chose que Jean-Luc Boulvert, le directeur, a instaurée, c’est de ne pas fermer les barrières pour que les habitants du quartier puissent continuer à traverser le parc qui est assez joli. A cette occasion, certains se sont arrêtés prendre un café, maintenant ils viennent rendre régulièrement des services…

Comment est-il possible d’intégrer une maison partagée ?

PYT : Le projet est destiné aux personnes cérébrolésées, des personnes qui vivent avec un handicap survenu à la suite d’un accident de la route par exemple ou suite à une rupture vasculaire cérébrale. Ces personnes ne sont pas nées avec ce handicap et ont connu une vie « normale ». Soudainement, leur vie a pris un autre tournant. Les maisons partagées sont là pour les accueillir, les rendre autonomes et les rassurer, elles et leur famille.

FXR : Dans un premier temps, une commission spéciale examine les dossiers sur la base de multiples critères très pointus. Il y a ensuite une période d’essai d’une semaine qui, si elle est concluante, est prolongée d’une période d’adaptation de trois semaines. Enfin, si cela s’est bien passé, la personne intègre la maison. Il faut bien prendre conscience qu’il s’agit d’une vie communautaire, avec des femmes, des hommes, de 20 à 45 ans en moyenne et que chacun a son handicap et son caractère. Ce système fonctionne finalement très bien, puisque nul n’est encore parti !

Malheureusement, beaucoup de demandes ne sont pas satisfaites. Nous envisageons de construire une autre maison…

FXR : Il faut également préciser que l’état d’esprit de l’association et de ces lieux partagés, c’est la bienveillance. C’est assez remarquable. À nous d’en être les gardiens, de nous assurer que cette bienveillance continue…

PYT: Cela fait maintenant dix ans que je participe à ce projet. Et je vois des petits miracles au quotidien. Cela pourrait être explosif, monotone, désespérant. Évidemment, il faut souvent soutenir les habitants. Mais ils ont ce sentiment d’appartenance à une petite collectivité, il y a vraiment beaucoup d’énergie positive et de bienveillance.

La Civelière, c’est…

  • 24 logements pour des personnes en situation de handicap
  • 17 logements pour les personnes qui les accompagnent : assistants et responsables d’appartements
  • Répartis en trois maisons ou appartements de 13 ou 15 logements chacun
  • Chaque maisonnée possède une grande pièce commune avec salon, cuisine et coin repas

Ces pièces communes ouvrent sur une terrasse de plein pied et sur le parc.

Le loyer, la nourriture et le salaire du responsable de la maison sont à la charge des résidents. Ils peuvent les couvrir grâce à leurs allocations sociales et à la prestation de compensation du handicap (PCH) qu’ils sont tenus de mutualiser.


[1] L’association Simon de Cyrène crée et anime des maisons partagées entre personnes valides et personnes en situation de handicap suite à un accident grave. Dans ces lieux de vie communautaires, chacun dispose de son studio afin de pouvoir vivre chez soi sans être seul.  

[2] L’association Thétis accompagne et soutient financièrement les projets innovants qui permettront l’intégration des enfants et adolescents souffrant d’atteintes à leur intégrité physique ou mentale ou de handicap.

[3] Les groupes d’entraide mutuelles (GEM) sont des associations portées par et pour des usagers en santé mentale ; ils reposent sur le principe de pair-aidance. Souvent implantés au cœur de la ville, ils permettent de se retrouver, de s’entraider, d’organiser des activités visant au développement personnel, de passer des moments conviviaux, de créer des liens et de lutter contre l’isolement.

Quatre bailleurs opérant sur le territoire de Plaine Commune, dont CDC Habitat, ont choisi de mener une expérimentation collective autour d’un pack « emploi/logement » à destination des jeunes. Isabelle Cosyns, responsable du service du Développement Social et Urbain de CDC Habitat, revient sur l’importance du lien emploi/logement.

Pourquoi est-il important d’aborder en même temps les questions d’emploi et de logement ?

On dit souvent que pour avoir un logement il faut un emploi, et que pour avoir un emploi il faut un logement. Derrière l’image un peu facile d’un cercle « vicieux », il y a une réalité indéniable : il est plus simple de trouver un logement quand on a un salaire régulier pour payer son loyer. C’est d’ailleurs pour cela que de nombreux bailleurs comme CDC Habitat mènent régulièrement des actions sur le terrain en faveur du retour vers l’emploi des locataires qui s’en sont éloignés, quel que soit leur âge. C’est une manière de traiter de façon durable la question de l’insertion de ces publics et de les remettre dans une dynamique positive.

En quoi ce lien emploi/logement est-il encore plus fort pour les jeunes ?

Quand on regarde le vécu des jeunes, la question du logement est encore plus prégnante. Parce qu’ils vivent le plus souvent chez leurs parents et que, sans emploi, il est difficile pour eux de se projeter vers une plus grande autonomie. Surtout, trouver un emploi n’est pas toujours suffisant pour quitter le domicile familial aujourd’hui, d’autant plus en Île-de-France où les loyers restent élevés et où l’on peut rapidement se trouver très loin de son lieu de travail. Sans oublier les tensions sur le marché du travail qui font que beaucoup de jeunes préfèrent ne pas partir immédiatement, parce qu’ils ne sont pas sûrs de garder leur job – et globalement parce qu’ils ont peur de l’avenir. On voit même des couples avec enfants en bas âge rester comme ça chez les parents de l’un ou de l’autre.

C’est pour cela que vous avez choisi de travailler autour de la décohabitation des jeunes ?

Oui. C’est pour nous à la fois une manière de lutter contre la suroccupation dans notre parc et de fluidifier les parcours résidentiels. Nous avons commencé à travailler en 2019 avec l’USH et Plaine Commune Habitat, puis du fait de la pandémie, l’expérimentation s’est prolongée et a désormais été élargie cette année à deux autres bailleurs – Sequens et ICF Habitat La Sablière. C’est un territoire où il y a beaucoup de familles et de jeunes qui vivent sous le seuil de pauvreté, dans des appartements suroccupés. Les projets ANRU et NPNRU s’y succèdent depuis plusieurs années et l’essentiel du parc est utilisé pour le relogement des locataires dont les immeubles vont être démolis – ce qui laisse peu de possibilités pour les jeunes de décohabiter.

Comment fonctionne cette expérimentation ?

Il va y avoir 4 sessions dans l’année, chacune animée par un bailleur différent, et réunissant environ une quinzaine de jeunes – environ 3 ou 4 identifiés par chaque bailleur par session. Nous nous concentrons sur les jeunes diplômés, avec un niveau allant de Bac+2 à Bac+5, qui ne trouvent pas d’emploi ou alors seulement des postes sous-qualifiés pour leur niveau d’étude. C’est extrêmement décourageant de ne trouver que des petits jobs ou pas de job du tout, alors qu’ils ont suivi des études qui ont parfois demandé de réels sacrifices financiers à leurs parents. Nous avons travaillé avec les conseillères en économie sociale et familiale et les chargés de gestion locative pour identifier des jeunes dans ces situations, afin de leur proposer un accompagnement plus poussé dans leur recherche d’emploi. Nous leur offrons une remise à niveau complète, avec ateliers collectifs et coaching individuel renforcé : l’idée est de leur donner les bons outils, de remotiver ceux qui en auraient besoin, mais aussi de faire le lien avec des entreprises partenaires dans le cadre par exemple de « job dating » ou avec d’autres dispositifs d’aide à l’emploi.

Et pour le volet logement ?

Une fois leur projet professionnel abouti, avec l’obtention d’un CDI si possible, ces jeunes vont automatiquement rentrer en processus de recherche de logement chez nous. L’idée est de continuer à les accompagner pendant plusieurs mois, jusqu’à la décohabitation mais aussi pendant leurs premiers pas en autonomie – afin d’éviter les ruptures de parcours. De la même manière, sur la soixantaine de jeunes qui vont être accompagnés sur cette première année, un quart est en Master et en recherche d’alternance : là aussi, l’idée est de les aider à se loger près de l’entreprise où ils vont effectuer leurs stages. Le fait que nous soyons présents dans toute la France nous permet d’ailleurs de leur proposer un éventail de solutions plus large et même de lever un frein psychologique : partir de chez soi et pourquoi pas quitter sa ville ou l’Île-de-France devient une option. C’est une manière d’ouvrir le champ des possibles.

Olivier Klein (au centre), ministre délégué chargé de la Ville et du Logement

CDC Habitat lutte activement contre la précarité énergétique et est fortement engagée dans une démarche d’entretien de son parc de logements. Ainsi, en 2020, 8 700 logements ont été réhabilités sur l’ensemble du territoire, améliorant ainsi le confort et le cadre de vie de nos locataires.

Un accompagnement sur-mesure pour chaque rénovation

Ces travaux d’envergure, où les phases d’interventions s’enchaînent pendant des mois, rendent le quotidien de nos locataires compliqué. Nous en sommes conscients et nous faisons au mieux pour limiter les nuisances et désagréments. Nous mettons un point d’honneur à informer et à accompagner nos locataires concernés par de lourds travaux de réhabilitation souvent réalisés en milieu occupé.

Nous intervenons systématiquement de manière concertée avec nos parties prenantes, locataires et collectivités notamment. Dès le début, nous intégrons les résidents au projet à travers une enquête préalable aux travaux, pour recueillir leurs attentes et leurs demandes concernant la rénovation de leur résidence et ajuster si nécessaire notre programme de travaux. Viennent ensuite les réunions publiques et d’information, menées conjointement avec nos partenaires, élus locaux et équipes travaux. Ce temps d’échanges, indispensable lors d’interventions d’envergure, marque le lancement des travaux, elles ont pour but de présenter la future équipe en charge des travaux, le programme de réhabilitation, le financement ainsi que le calendrier. Ces réunions sont généralement organisées au pied de la résidence, mais dû au contexte sanitaire, CDC Habitat s’est adapté  : ces réunions sont dorénavant menées en distanciel

Etre au plus proche de nos locataires

Un projet d’envergure qui nécessite une communication adaptée pour informer les locataires de l’avancement des travaux et des actualités de la résidence. Ainsi, chaque étape s’accompagne d’une communication active : information préalable au début des travaux, affichage dans les halls, informations régulières dans les boîtes-aux-lettres des locataires et dans l’espace personnel en ligne, cahier de suivi et même, blog dédié pour certaines opérations. Par ailleurs, les collaborateurs de la proximité sont présents chaque jour pour répondre à toutes les questions et toutes les demandes des locataires. Lorsque les travaux sont finalisés, CDC Habitat par le biais d’enquête de satisfaction, souhaite connaître le retour de ses locataires sur le déroulement du chantier, leurs impressions sur le rendu de la réhabilitation, etc. Des résultats qui permettent à CDC Habitat de s’améliorer constamment et ainsi satisfaire ses locataires.