Projet NPNRU de la Gauthière à Clermont-Ferrand (63) : coup d’envoi pour le relogement des locataires de la résidence des Trioux

Le projet NPRNU de La Gauthière prévoyant la démolition de 40 logements gérés par CDC Habitat, le bailleur a lancé en 2020 la démarche de relogement auprès des locataires concernés. Un travail qui s’appuie sur un diagnostic social réalisé par un bureau d’études spécialisé juste avant le second confinement.

Lundi 5 octobre 2020, 18h00, Espace Nelson Mandela dans le quartier de la Gauthière à Clermont-Ferrand. Une trentaine de locataires de la Résidence des Trioux sont réunis, à l’invitation de la ville et de CDC Habitat. La salle est grande, les personnes installées à bonne distance sociale, et le deuxième confinement n’a pas encore été annoncé. A l’ordre du jour : le lancement du NPNRU, ou plutôt de la phase qui les concerne directement. « On a joué de chance car à quelques semaines près, on n’aurait pas pu tenir cette réunion », explique Karine Chapat, directrice d’agence de CDC Habitat. « Or, il était important que l’on puisse leur présenter le projet dans sa globalité et que l’on recueille leurs premières réactions ».

Si le bailleur tenait particulièrement à ce moment d’échange, c’est que les personnes présentes ce soir-là sont toutes concernées par les démolitions prévues dans le cadre du projet de renouvellement urbain du quartier. Parmi les 229 logements que CDC Habitat gère dans le quartier, le NPNRU prévoit en effet d’en démolir 40 aux 2, 4, 6 et 8 rue des Trioux afin de casser la linéarité des barres. « Ce réaménagement doit permettre de repenser la circulation dans le quartier et de créer des espaces publics pour renforcer le lien social », reprend Karine Chapat. « Mais pour les locataires, c’est leur quotidien que l’on vient bouleverser, surtout ceux qui habitent là depuis de nombreuses années ».

Des rencontres individuelles pour préparer le relogement

Présente à la réunion ce soir-là, Emmanuelle Neuville du bureau d’études Enquête de Sens a eu l’occasion depuis de rencontrer tous les locataires concernés par cette opération, afin de préparer les prochaines étapes et notamment leur relogement. « Nous avons été missionnés pour réaliser un diagnostic social préalable à la phase de relogement. Nous sommes allés rencontrer l’ensemble des locataires chez eux courant octobre pour discuter avec eux, voir comment ils appréhendaient leur futur déménagement, s’ils avaient des envies particulières, s’ils préféraient rester dans le quartier ou au contraire en changer ».

De ces rencontres, il ressort qu’environ deux tiers des locataires voient d’un œil plutôt favorable le déménagement et se déclarent prêts à quitter le quartier ou même à devenir propriétaires pour certains d’entre eux. Pour le tiers restant, l’inquiétude se fait davantage ressentir. « Ce sont des gens qui ont une forte ancienneté d’occupation, qui sont parfois seuls ou qui ne maîtrisent pas bien le français. Ils ont tous leurs repères dans ce quartier, savent où sont les commerces, où trouver un médecin… Envisager un déménagement est plus compliqué pour eux ».

Un calendrier ambitieux

Anticipant cette possibilité, CDC Habitat n’avait pas remis en location certains logements de son patrimoine pour les ménages souhaitant rester dans le quartier. Les autres bénéficieront pour leur part d’un accompagnement sur-mesure et de propositions de relogement tenant compte de leur lieu de travail ou de l’école des enfants. « Pour certains, c’est également l’occasion de passer sur un patrimoine plus récent et dans des conditions plus confortables », précise Karine Chapat. « Bien sûr, cela peut se traduire par une évolution de loyer mais tout est fait en fonction de la taille de la famille et de ses ressources financières ».

Le début de la démolition étant prévue pour 2022, l’année prochaine sera entièrement dédiée au relogement des 35 ménages concernés. Un planning serré mais qui devrait bénéficier de la bonne volonté de locataires désireux de quitter des logements devenus pour certains trop petits. « Le confinement aura joué l’effet d’un révélateur de la taille des appartements pour beaucoup de gens », conclut Emmanuelle Neuville. « Des familles avec 3 ou 4 enfants ont naturellement envie d’avoir plus d’espace. Le relogement leur offre cette opportunité : cela ne veut pas dire que tout va se faire facilement, mais l’état d’esprit global est propice ».