La qualité de l’air intérieur : un enjeu de santé dans le logement

La qualité de l’air intérieur est un enjeu important de santé publique. Les polluants apportés de l’extérieur ou les substances émises par les matériaux de construction, d’ameublement ou de décoration entraînent en effet des risques : allergie, irritation des voies respiratoires, asthme, voire cancer… Conscient de ce défi, CDC Habitat Grand Ouest innove en couplant à la certification NF HQE, qui garantit les performances énergétiques, environnementales, de santé et de confort du bâtiment, un label Qualité de l’Air Intérieur.

Expérimenté sur la résidence Ô Jardin à Saint-Cyr sur Loire commune de l’agglomération de Tours, ce label est une première sur la Région Centre-Val de Loire”, se réjouit Christine Aubert, directrice Centre-Val de Loire à la direction du Développement et de la Maîtrise d’Ouvrage de CDC Habitat Grand Ouest.

Une prise en compte à toutes les étapes de la construction

Concrètement, il s’agit de mettre en place un management de la qualité de l’air à toutes les étapes de réalisation du projet. Un assistant à maîtrise d’ouvrage intervient à chaque phase, de la conception à l’exploitation, afin d’accompagner cette démarche d’effectuer des contrôles sur site, et de coordonner et sensibiliser les différents interlocuteurs du projet, dont les futurs utilisateurs.

En phase de conception, une attention très particulière est notamment portée sur les produits de construction utilisés. “Il s’agit d’avoir des matériaux étiquetés A+, c’est-à-dire à très faible émission de composés organiques volatils (COV)”, détaille Christine Aubert. A contrario, les matériaux étiquetés C, à fortes émissions, sont bannis. Un défi pour les entreprises associées au projet, car il n’est pas toujours aisé d’avoir accès à des matériaux A+ bio-sourcés avec un impact environnemental très faible. “C’est donc là un vrai engagement de CDC Habitat pour ouvrir la voie et pousser vers cette démarche d’amélioration de la qualité de l’air intérieur pour offrir à nos locataires des logements sains”, souligne Christine Aubert. Les filtres pour les ventilations mécaniques contrôlées (VMC) seront également soigneusement choisis.

En phase de réalisation, le chantier est suivi pour évaluer sa propreté, réduire les poussières émises, protéger les réseaux de ventilation et mettre en place des procédures de nettoyage adaptées.

A la réception du projet, des mesures des polluants dans l’air seront également faites, après un nettoyage des logements lui-même adapté.

La livraison de ce programme est prévue pour 2023.

« Les occupants, premiers acteurs de la qualité d’air » 

3 questions à Xavier Pelleter, Directeur Associé chez Solab Ingénierie et Environnement

En quoi a consisté votre travail avec CDC Habitat Grand Ouest sur ce projet ? 

SOLAB est intervenu dès la phase concours avec CDC Habitat, l’architecte et l’équipe de maîtrise d’œuvre, non seulement sur le sujet de la qualité d’air, mais aussi sur l’ensemble des aspects environnementaux, énergétiques, techniques et acoustiques. Nous avons intégré le management de la qualité d’air le plus en amont possible : tous les intervenants ont ainsi pu prendre en compte les exigences, pour garantir dès le départ les moyens nécessaires.

Qu’avez-vous préconisé ? 

Ce sujet est aujourd’hui incontournable. Nous passons 80% de notre temps dans les bâtiments. Nous avons donc mené une démarche de management de conception, en traitant tous les aspects : configuration des locaux et positionnement des entrées d’air, choix des matériaux, efficacité de la ventilation, réduction des risques ou mise en évidence des bénéfices de l’environnement proche, limitations des émissions de polluants par des matériaux adaptés, prévention contre le radon*. Un plan de qualité d’air intérieur, intégrant également une dimension de mesure et de suivi, a aussi été lancé.

*Le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle qui représente le tiers de l’exposition moyenne de la population française aux rayonnements ionisants. Il est présent partout à la surface de la planète à des concentrations variables selon les régions. Sa concentration est généralement faible dans l’air extérieur mais peut-être parfois élevée dans les bâtiments et de manière plus générale dans les lieux fermés en contact avec le sol. (source : IRSN- Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire)

Quels sont, pour vous, les leviers pour que ce type de projet fonctionne sur du logement ?

La qualité d’air doit être une préoccupation de tous les occupants, car ceux-ci en sont les premiers acteurs. La démarche doit donc être partagée avec eux pour leur apporter une vraie sensibilisation sur l’impact de leur comportement sur l’air qu’ils respirent. CDC Habitat s’engage ainsi à communiquer aux locataires des 58 logements les bonnes pratiques à adopter pour conserver une qualité de l’air intérieur optimale durant toute leur occupation du logement.