CDC Habitat se saisit de la question de la résilience du patrimoine face au changement climatique

CDC Habitat a imaginé un Diagnostic de Performance Résilience (DPR) afin de mesurer l’exposition de son patrimoine aux aléas climatiques. Une première expérimentation est actuellement menée dans le Grand Ouest afin d’identifier les éventuelles vulnérabilités de plusieurs sites et de mettre en place des actions préventives adaptées.

L’adaptation du patrimoine aux changements climatiques est un des enjeux majeurs des bailleurs et plus globalement de la société pour les années à venir. Cette certitude, CDC Habitat n’a pas attendu les différentes catastrophes météorologiques qui ont émaillé l’été un peu partout dans le Monde et notamment en Europe pour la faire sienne, et a lancé en 2020 le DPR, le Diagnostic de Performance Résilience. « Aujourd’hui, le changement climatique est avéré et c’est une donnée avec laquelle nous devons composer, afin de voir de quelle manière notre activité va être impactée, notamment notre patrimoine, et comment nous pouvons agir à notre niveau », expliquait alors Thierry Deberle, responsable stratégie énergétique et environnementale à la direction du patrimoine de CDC Habitat.

Première expérimentation dans le Grand Ouest

Le DPR est un outil imaginé en partenariat avec Resallience et MRN (Mission Risques Naturels) afin d’évaluer la résilience du parc, en mesurant notamment l’exposition du patrimoine à d’éventuels risques climatiques (inondations, tempêtes, sécheresses, mouvements de terrains…) actuels et à venir, pour ensuite mettre en place des plans d’actions adaptés. L’objectif affiché par le Groupe dans un premier temps est de réaliser une cartographie complète des risques liés à son patrimoine à l’horizon 2050, afin d’identifier les sites les plus vulnérables et flécher les priorités d’intervention.

Les risques étant très différents d’une région à l’autre, la réussite de cet outil repose avant tout sur la manière dont il sera utilisé localement, et c’est avec cette exigence à l’esprit que CDC Habitat Grand Ouest a lancé en 2021 une première expérimentation sur 10 résidences. « Nous avons sélectionné des sites au Havre et à Tours ayant une criticité très haute sur des risques très différents », explique Christophe Ains, directeur du patrimoine de CDC Habitat Grand Ouest. « Les sites du Havre sont en façade mer avec des risques de tempête et d’inondations, tandis qu’à Tours ce sont les mouvements de terrain, la sécheresse et la hausse des températures qui seront notamment étudiés ».

Un outil précieux d’aide à la décision

Loin de se concentrer uniquement sur le patrimoine ancien ou les bâtiments affichant une mauvaise étiquette énergétique, CDC Habitat a fait le choix de se pencher sur un échantillon représentatif de son patrimoine pour cette première vague de diagnostic. Mené pendant l’été grâce au concours d’un bureau d’études spécialisé, cet audit un peu spécial se concentre non pas uniquement sur le bâtiment en lui-même mais aussi sur tout ce qui l’entoure. « Le DPR vise à regarder d’abord l’environnement immédiat du bâtiment, les contraintes météorologiques, la manière dont celles-ci pourraient évoluer au fil des années et l’impact que ces changements pourront avoir sur la construction », souligne Didier Gendronneau, responsable patrimoine au sein du pôle développement durable et innovation technique de CDC Habitat Grand Ouest. « L’idée est d’avoir une vision suffisamment complète pour pouvoir faire les choix nécessaires par la suite ».

CDC Habitat est le premier bailleur français à porter aussi loin la réflexion autour des conséquences du changement climatique sur son activité. Une fois les premiers DPR reçus et analysés, la démarche sera déployée à plus grande échelle afin d’auditer l’essentiel du parc dans les prochaines années. « Nous sommes en train de recevoir les premiers résultats des travaux menés cet été, ce qui va nous permettre de nous approprier plus concrètement ce diagnostic », conclut Christophe Ains. « Nous sommes persuadés qu’il peut s’agir d’un précieux outil d’aide à la décision dans la programmation des travaux de réhabilitation… et pourquoi pas demain dans la construction neuve ».