Accès aux droits : renforcer la proximité dans les quartiers

Accéder à ses droits peut parfois s’apparenter à un parcours du combattant en France. Selon une enquête publiée par le Défenseur des droits en 2025, 61 % des personnes interrogées déclarent rencontrer parfois ou souvent des difficultés dans leurs démarches administratives. Parce que ces obstacles peuvent fragiliser des situations déjà précaires, CDC Habitat Île-de-France a choisi de faire de l’accès aux droits un des leviers de son accompagnement social dans les quartiers prioritaires.
« Une aide non perçue peut déséquilibrer un budget, accentuer une difficulté ponctuelle ou accroître le risque d’impayé », explique Isabelle Lecot, responsable développement social urbain chez CDC Habitat Île-de-France. « C’est pour cette raison que nous nous appuyons sur des acteurs locaux de proximité comme les Pimms Médiation, capables d’accompagner les habitants au plus près de leurs besoins ».
Des acteurs de terrain pour « aller vers » les habitants
En Île-de-France, cela fait déjà plusieurs années que CDC Habitat travaille avec ces structures, notamment dans le Val-d’Oise, les Yvelines, et plus récemment, en Seine-Saint-Denis. Leur force réside dans leur capacité à intervenir sur un large éventail de problématiques du quotidien : démarches administratives, inclusion numérique, accompagnement budgétaire ou encore précarité énergétique.
Et surtout, leur action repose largement sur une logique d’« aller vers », grâce à des permanences, des interventions en pied d’immeuble, du porte-à-porte ou des temps collectifs. « Cette approche profondément humaine et cette capacité à aller vers les locataires sont précieuses au quotidien », reprend Isabelle Lecot. « Chaque intervention d’un médiateur, chaque porte qui s’ouvre, chaque dialogue qui s’instaure, c’est potentiellement un locataire stabilisé, un impayé évité, une difficulté anticipée ».
Dans ces cas, l’accès aux droits n’est plus une finalité en soi, mais une occasion d’élargir l’accompagnement et d’orienter le locataire vers les interlocuteurs adaptés. Il devient alors un outil de prévention, au service du maintien dans le logement et de la stabilité des parcours résidentiels.
Une coopération renforcée à Noisy-le-Grand
À Noisy-le-Grand, CDC Habitat a récemment signé une convention avec le Pimms Médiation local (voir témoignage), financée avec l’Abattement de la Taxe Foncière sur les Propriétés Bâties (ATFPB), afin de renforcer cette coopération de terrain. Déjà bien implanté sur le territoire, le Pimms avait réalisé en 2025 plus de 1 000 accompagnements auprès de locataires CDC Habitat, notamment sur les résidences du Prado et du Palacio, toutes deux situées en QPV.
« Le Pimms accompagnait déjà nos locataires au quotidien, il était donc logique de lui apporter notre soutien financier », ajoute Isabelle Lecot. « C’est important d’avoir à nos côtés un acteur capable de faire le dernier kilomètre entre les habitants et les acteurs publics. »
Les deux partenaires souhaitent renforcer cette présence régulière, en développant notamment les « petits déjeuners de l’accès aux droits », un moment convivial organisé chaque mois à la Maison pour Tous Ricardo Bofill, au Palacio. Un relais particulièrement utile alors que la résidence est engagée dans un important programme de transformation et de réhabilitation.
TEMOIGNAGE
« Nous répondons à des besoins mal pourvus sur le territoire »
Elodie Dénécheau est directrice des deux Pimms Médiation de Noisy-le-Grand et de Sevran, appelés à fusionner en PIMMS Seine-Saint-Denis.
Comment intervenez-vous dans les QPV ?
Nous intervenons principalement sur l’accès aux droits, l’accompagnement budgétaire, l’inclusion numérique et la lutte contre la précarité énergétique. Nous sommes également labellisés France Services, une politique publique qui s’inscrit naturellement dans notre activité. Cela nous permet d’accompagner officiellement les habitants dans leurs démarches auprès des principaux opérateurs publics. Notre spécificité est d’aller vers les habitants, dans nos locaux mais également dans les centres sociaux, en pied d’immeuble, en porte-à-porte et parfois à domicile.
Sur quels sujets travaillez-vous avec CDC Habitat ?
Nous nous sommes fixés comme objectif central l’accès et le maintien des droits car c’est souvent une porte d’entrée vers d’autres problématiques. Une personne peut venir pour une démarche administrative et avoir également besoin d’un accompagnement sur son budget, le numérique ou l’énergie. C’est aussi l’occasion de recréer du lien entre le locataire et le bailleur en prévenant certaines difficultés, notamment les impayés. Le porte-à-porte est particulièrement efficace pour ça : une question sur l’énergie ou le logement peut conduire à faire un point plus global et à détecter des droits qui ne sont pas ouverts.
On parle beaucoup de l’augmentation de la précarité et du décrochage de certains publics. Est-ce quelque chose que vous constatez au quotidien ?
Nous observons une augmentation de plus de 30 % de la fréquentation de nos permanences au premier semestre 2026. Les démarches sont de plus en plus complexes, les renouvellements de titres de séjour se sont durcis et de nombreux habitants ne savent plus vers qui se tourner. C’est là que nous intervenons. Le bouche-à-oreille joue beaucoup, mais nous développons aussi de plus en plus d’actions préventives afin de toucher de nouveaux publics. C’est essentiel : lors de nos actions, nous constatons qu’environ trois personnes sur quatre présentent au moins un droit qui pourrait être ouvert.

Le métier de conseillère sociale chez CDC Habitat Île-de-France

Écouter, accompagner et trouver des solutions : telles sont les missions de Bolo Wele, conseillère sociale chez CDC Habitat. Un métier de terrain qui contribue chaque jour à améliorer le parcours résidentiel des locataires.
Accompagner les locataires dans les moments clés de leur vie
Difficultés financières, impayés, perte d’autonomie, problèmes de santé, logement devenu inadapté ou encore situations d’insalubrité : les sujets qu’elle traite sont variés. « Nous intervenons pour trouver des solutions adaptées et permettre aux locataires de rester dans un logement qui correspond à leurs besoins. »
Parmi ses principales missions figurent :
- l’accompagnement des situations d’impayés ;
- les demandes de mutation et de relogement ;
- la mobilisation d’aides financières ;
- le suivi des situations d’insalubrité ;
- la participation aux commissions d’attribution de logements.
Spécialiste du logement, elle travaille en complémentarité avec les assistants sociaux, qui interviennent sur des problématiques plus globales.
Pour accompagner au mieux les locataires, Bolo Wele collabore quotidiennement avec les équipes de gestion locative, les services techniques, les équipes contentieux, les gardiens, les mairies et les partenaires sociaux.
« Nous sommes souvent à la croisée de plusieurs services. Chacun apporte son expertise pour trouver les meilleures solutions possibles. »